Santé : comment ont évolué les ressources humaines et les places pédagogique entre 2019 et 2025 (infographies)
Entre 2019 et 2025, le secteur de la santé a connu une nette progression en matière de ressources humaines. Recrutements, ouverture de nouvelles facultés et hausse des places de formation ont permis de renforcer les effectifs. Malgré ces avancées, un déficit persistant et des disparités régionales subsistent.
"Dans le domaine des ressources humaines, le principal problème reste celui du déficit, avant même d’aborder les questions de gouvernance, de gestion ou de secteur privé", a souligné le ministre de la Santé dans la soirée du 1ᵉʳ octobre en commission parlementaire des secteurs sociaux.
"Même avec la meilleure organisation possible, le nombre de médecins ne peut pas augmenter d’un coup. Certaines spécialités, comme l’anesthésie ou la radiologie, sont particulièrement touchées", a précisé Amine Tahraoui.
"Il n’existe donc pas de solution immédiate pour accroître leurs effectifs. La réponse réside dans une vision à long terme, fondée sur la création de nouveaux instituts et facultés de médecine, ainsi que l’élargissement de l’offre de formation".
Le ministre a présenté, à l'occasion, les chiffres de l'évolution des ressources humaines et des places pédagogiques depuis 2019.
Places pédagogiques : une évolution de 142% entre 2019 et 2025
En 2019, le nombre de places pédagogiques destinées aux médecins du public s’élevait à 2.650. En 2025, ce chiffre est passé à 6.400, soit une évolution de 142%.
Quatre nouvelles facultés de médecine ont été ouvertes, à savoir celles de Laâyoune, Guelmim, Béni Mellal et Drâa-Tafilalet.
"Certaines ont démarré dans un environnement incomplet, mais les enseignants qui ont accepté d’y exercer savent ce qu’ils font, et que ces conditions ne constituent pas un frein majeur à la qualité de la formation".
"À Laâyoune, par exemple, un projet de CHU est en cours. La faculté de médecine de la ville collabore déjà avec ce centre hospitalier pour l’alimenter en personnel médical".
"Les premiers lauréats, prévus entre 2026 et 2028, renforceront les compétences disponibles et prépareront le terrain de stage. Dans une région qui ne comptait auparavant qu’un CHR, on arrivera ainsi à disposer d’un CHU, d’une faculté de médecine et d’une base médicale locale".
"L’objectif est que 60% à 70% des médecins formés dans cette faculté restent dans leur région d’origine, évitant ainsi les déplacements lointains pour se former".
Aux ISPITS, le nombre de places pédagogiques a évolué de 247%
Du côté des instituts de formation en soins infirmiers (ISPITS), la progression est également notable.
Le nombre de places pédagogiques y est passé de 2.735 en 2019 à 9.500 en 2025, soit une évolution de 247%, multipliant par quatre l’effectif initial.
Près de 60.000 professionnels de santé dans le secteur public en 2025
En ce qui concerne les recrutements, le ministère de la Santé a ouvert, en 2025, 6.500 postes budgétaires supplémentaires. "Dans le projet de loi de finances (PLF) 2026, nous avons demandé à aller encore au-delà", a annoncé Amine Tahraoui.
"Le nombre total de personnels de santé est ainsi passé d'environ 45.000 en 2019 à 59.202 en 2024, soit une augmentation de 26%".
"Cette évolution accompagne le développement des infrastructures, puisque plus d’hôpitaux et de centres de santé nécessitent davantage de médecins et d’infirmiers".
"Toutefois, certaines zones continuent de fonctionner avec des effectifs réduits, et cette situation dure jusqu’à présent".
"Les 6.500 nouveaux recrutements sont orientés en priorité vers les régions en manque, sur la base des besoins remontés par les autorités locales, l’objectif étant d’ouvrir des postes pour accompagner chaque nouveau projet sanitaire".
Néanmoins, "certains projets accusent du retard faute de ressources humaines suffisantes. Parfois, même pour un simple centre de santé, il reste difficile de mobiliser le personnel nécessaire. Le ministère s’efforce donc de recenser, de manière globale, les besoins du secteur, afin de répondre à la fois au déficit en infrastructures et au déficit en ressources humaines".
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