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ECONOMIE

Délais de paiement : recul du crédit interentreprises, mais des retards toujours importants dans le privé

Les délais de paiement sont globalement en amélioration, selon le dernier rapport de l'Observatoire des délais de paiement. Focus sur les délais dans le secteur privé. À la fin de cet article, veuillez trouver notre chatbot qui vous aidera à explorer le rapport.

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Analyse des données officielles de l’ODP
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Le 25 juillet 2025 à 12h00 | Modifié 25 juillet 2025 à 12h17

Les délais de paiement ont enregistré une amélioration qui s’explique principalement par l’application de la loi 69-21 à partir du 1ᵉʳ juillet 2023, selon le dernier rapport de l'observatoire des délais de paiement.

Le délai moyen dans le public en 2024 est de :

  • 18 jours, en ce qui concerne la commande publique de l’État et des collectivités territoriales
  • 31,7 jours, s’agissant des établissements et entreprises publics.

Dans le secteur privé, les délais restent élevés malgré une certaine amélioration. Les indicateurs présentés sont à fin 2023:

  • Les délais clients se sont établis à 125 JCA (jour calendaire ajusté). Cela reflète le nombre de jours que les entreprises devraient attendre en moyenne pour récupérer leurs créances commerciales,
  • Les délais fournisseurs ont atteint 85 JA (jour ajusté). Cela reflète la moyenne de jours de facilités obtenues

Le sujet des délais de paiements est donc plus un sujet du secteur privé. Nous allons donc faire le focus sur cet aspect, d'autant plus que le rapport comporte l'analyse de la CGEM.

Dans cette analyse, le patronat, au-delà des délais, apporte aussi un éclairage sur l'évolution du stock des crédits interentreprises. Et comme nous le révélions dans un précédent article, ce stock est en baisse.

Le volume du crédit interentreprises a reculé à 315 MMDH en 2023, contre 351 milliards en 2022 et 373 MMDH en 2021

Il représente désormais 27% du PIB, en baisse par rapport à la moyenne récente de 30%.

Sur ces 315 MMDH, 50% ont été réglés dans les délais. Plus d’un tiers des encours continuent ainsi à être réglés avec plus de deux mois de décalage.

110 MMDH, soit 35% du crédit interentreprises recensé en 2023, sont toujours concernés par des retards de paiement supérieurs à 90 jours.

Des écarts marqués selon la taille des entreprises

Il faut noter qu’il y a des fortes disparités selon la taille des entreprises. Les grandes entreprises concentrent à elles seules 56% du crédit interentreprises, soit 176 MMDH.

Les PME en représentent un tiers, avec 102 MMDH, tandis que les TPE, pourtant très nombreuses, n’en détiennent que 11%, soit 36 MMDH.

Les grandes entreprises assurent la majorité des règlements dans les délais, mais elles sont également à l’origine de plus de la moitié des retards au-delà de 90 jours.

Les PME, quant à elles, participent à hauteur de 30% aux paiements ponctuels, mais elles génèrent 45% des retards critiques.

Les TPE, elles, n’assurent que 11% des paiements à temps, et restent structurellement désavantagées. Elles se retrouvent en bout de chaîne, avec peu de pouvoir de négociation, et subissent de plein fouet les décalages de trésorerie.

Ainsi, les retards supérieurs à trois mois concernent 14% des encours issus des TPE, 13% de ceux des PME, et 45% des volumes des grandes entreprises.

Casablanca, Fès et les régions du Sud à l’opposé

À Casablanca-Settat, le crédit interentreprises atteint 213,8 MMDH, soit plus des deux tiers du volume national. Sur ce total, 70,9 MMDH sont réglés dans les délais, ce qui représente un taux de respect de 33%.

En revanche, 78,75 MMDH accusent un retard de plus de 90 jours, soit 37% de l’encours régional.

À Fès-Meknès, le volume du crédit atteint 11,6 MMDH, dont seulement 5,29 MMDH sont payés à temps (soit 46%), tandis que 3,27 MMDH (28%) accusent un retard de plus de trois mois.

À l’opposé, certaines régions comme Laâyoune-Sakia El Hamra affichent un taux de conformité élevé, avec 71% de paiements dans les délais pour un volume total modeste de 0,6 MMDH.

À Dakhla-Oued Eddahab, ce taux grimpe même à 85%, mais pour un montant quasi symbolique de 0,24 MMDH.

Des retards qui fragilisent les entreprises

Ces déséquilibres ont des répercussions directes sur la santé financière des entreprises. En 2023, le nombre de défaillances d’entreprises a atteint 14.245, contre 12.397 un an plus tôt, soit une progression de 15 %. Cette évolution prolonge une tendance entamée depuis 2010.

En 2009, le nombre de défaillances recensées était de 2.451. Il a augmenté de façon régulière pour franchir le cap des 5.000 en 2014, dépasser les 8.000 entre 2017 et 2019, puis atteindre 10.556 en 2021.

Les retards de paiement concentrés sur les grandes entreprises et certains secteurs

L’analyse du montant total des factures dont les délais de paiement sont dépassés met en lumière des disparités marquées selon les secteurs, la taille des entreprises et leur nature juridique.

D’un point de vue sectoriel, quatre secteurs concentrent plus des trois quarts du volume total des retards.

En tête, la production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné représente 24,6% du montant total des factures échues, soit 14.090 MDH, pour seulement 42 entreprises.

Ce secteur enregistre aussi 22,8% du total des amendes, ce qui en fait un contributeur majeur aux pénalités liées aux retards.

Viennent ensuite :

>> les industries extractives, avec 12.424 MDH (21,7% du total), pour 69 entreprises seulement ;

>> l’industrie manufacturière, qui représente 16,5% du total des factures en retard, répartis sur 1.259 entreprises ;

>> le commerce, avec 8.357 MDH (14,6%), répartis sur plus de 3.100 entités ;

À l’inverse, d’autres secteurs comme l’hébergement-restauration, les activités financières, ou les services administratifs, pèsent moins de 2% chacun dans le montant global des retards.

Mais au-delà des secteurs, ce sont les entreprises de grande taille qui concentrent l’essentiel des dépassements. Les entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 500 MDH, bien qu’elles ne représentent que 6,1% des effectifs, sont responsables de 70,9% du montant total des factures échues, soit 40.560 MDH.

Elles supportent également près de 6% du total des amendes infligées.

À l’autre extrémité, les entreprises de moins de 50 MDH de chiffre d’affaires, soit 65,4% des entités analysées, ne représentent que 9,6% du total des montants hors délais, soit 5.505 MDH, et 11,3 % des amendes. Autrement dit, la grande majorité des retards en volume sont le fait d’un petit nombre de grands acteurs.

Cette tendance se retrouve aussi selon la nature juridique. Les entreprises privées concentrent plus de la moitié (50,8%) des montants déclarés hors délais, soit 29.094 MDH sur un total de 57.217 MDH.

 

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