Opposition : le point de non-retour entre l’USFP et le PPS ?
L’échec de la présentation d’une motion de censure continue d’attiser la polémique entre les composantes de l’opposition. Après les vifs échanges de fin mai dernier entre l’USFP et le PJD, on assiste à une violente escalade entre les socialistes et le PPS, toujours autour du même sujet.
Le 15 mai dernier, l’opposition enterrait pour de bon une initiative de présentation commune d’une motion de censure contre le gouvernement Akhannouch à la Chambre des représentants. L’Union socialiste des forces populaires (USFP), à la tête de cette initiative, a annoncé qu’elle n’était plus partie prenante. Du coup, il était devenu impossible de réunir les signatures de 20% des députés, soit celles de 79 élus sur 395. Le MP, le PPS et le PJD n’en totalisent que 59. L'USFP en compte 35.
Quelques jours plus tard, Abdelilah Benkirane convoque une conférence de presse à Rabat pour accabler l’USFP et l’accuser d’avoir scellé un accord avec le RNI.
Le PPS, qui avait joué le rôle de médiateur entre les composantes de l’opposition, s’abstint de tout commentaire officiel, regrettant toutefois que le projet de motion de censure ait avorté. Mais voilà qu’un nouveau "départ de feu" est signalé, cette fois-ci entre l’USFP et le PPS, et au sommet même des deux formations politiques alliées de longue date.
Pour Driss Lachguar, l'opposition, c'est du passé
Un échange d'une violence verbale inouïe a lieu actuellement entre les deux formations de gauche. Le 25 juin, Driss Lachguar est l'invité de l’émission Avec Ramdani sur 2M et, pendant de longues minutes (à partir de la 14ᵉ minute), il attaque le PPS, son allié de toujours, concernant l’échec du projet de motion de censure. Un projet qui a été sur la table durant dix-huit mois, précise-t-il.
Le chef de file des socialistes a accusé le PPS de "flirter avec certaines parties au sein de la majorité" et lui a reproché ses "liens louches avec le PJD".
"La réelle volonté a été de nous déposséder de cette initiative", a accusé Driss Lachguar, pour qui la place du PPS est au sein de la gauche et non aux côtés du PJD. Il va encore plus loin en décrétant la fin de l’opposition et de toute éventuelle future collaboration entre les deux formations.
"Nous n’allons pas participer aux élections pour revenir dans l’opposition", a tranché le premier secrétaire de l’USFP, scellant ainsi la rupture avec un allié traditionnel. Autrement dit, il ne saurait y avoir à moyen terme de coordination entre les deux partis à l’occasion des prochaines échéances électorales, sachant que le PPS et l’USFP avaient commencé par poser les bases d’une action commune, qui s'est finalement avérée sans lendemain.
"S’il nous cherche, il nous trouvera"
La réponse du PPS et de son secrétaire général n’a pas tardé. Le dimanche 6 juillet, Nabil Benabdallah présidait une nouvelle réunion du comité central de son parti. S’adressant directement à Driss Lachguar (minute 16:10), il a sévèrement critiqué l’attitude de ce dernier. "S’il nous cherche, il nous trouvera et me trouvera moi en particulier", a déclaré Nabil Benabdallah au sujet des dernières sorties du chef de file de l’USFP.
"Nous espérions une accalmie et une possible reprise de nos relations, mais Driss Lachguar est allé trop loin, et nous ne pouvions garder le silence", commente un membre de la direction du PPS dans une déclaration à Médias24.
"Vous avez vu comment notre parti a fourni tous les efforts possibles pour rapprocher les points de vue [de l’opposition, ndlr] et faire aboutir la motion de censure. Sur le principe, nous avions estimé que l’initiative était plus importante que celui qui la consignerait en son nom. Malheureusement, elle a été avortée pour des raisons futiles, pour des calculs secondaires et de forme. Et peut-être pour d’autres considérations où nous ne sommes pas partie prenante", lit-on dans le communiqué final du comité central du PPS.
"Cet échec a donné une piètre image de notre scène politique et renseigne aussi sur la maturité de certaines composantes de l’opposition", lit-on dans le même communiqué qui porte la griffe de Nabil Benabdallah.
Conclusion : l’USFP et le PJD ont rompu les ponts depuis longtemps, l’USFP et le PPS viennent de se déclarer une guerre sans merci, le MP cherche des alliances en dehors du Parlement. Cela donne une opposition aux rangs dispersés (c’est un euphémisme). Au bonheur de la majorité qui bénéficie déjà d’une supériorité numérique écrasante. Au bonheur du gouvernement, cela va de soi.
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