Barrages : 6,57 milliards de m³ d’eau stockés au 11 juin 2025 (Nizar Baraka)
Au 11 juin 2025, le taux de remplissage des barrages s'élève à 39,23%, contre 31,12% à la même période de l'an passé, soit une amélioration de 8,09 points. C'est ce qu'a déclaré Nizar Baraka, ministre de l'Équipement et de l'eau, lors d'un événement organisé par Médias24 ce 12 juin.
Au 11 juin 2025, les réserves disponibles au niveau des retenues des barrages sont de l’ordre de 6,57 milliards de m³ (MMm³), a annoncé le ministre lors de cette nouvelle édition des Grands Rendez-Vous de Médias24.
Les apports hydriques en amélioration par rapport à l'an passé
Dans le détail, le bassin de Sebou affiche les apports les plus élevés, de l'ordre de 1,33 MMm³, enregistrés entre le 1ᵉʳ septembre 2024 et le 11 juin 2025, a fait savoir Nizar Baraka lors de l'événement de Médias24 dédié aux défis de l'eau.
Ces apports restent toutefois en deçà de la normale enregistrée durant la même période. L’écart s’élève à -67,9%. Par rapport à l’an passé, les apports de ce bassin se sont améliorés de 14%.
Le bassin de Sebou est suivi de celui de l’Oum Er-Rbia, dont les apports s’élèvent à 747,2 millions de m³ (Mm³) sur la même période. Il est en amélioration de près de 16% par rapport à l’an passé. Ces apports restent toutefois faibles par rapport à la normale enregistrée durant la même période. L’écart s’élève à -74,2%.
En troisième position, l’on retrouve le bassin de la Moulouya avec des apports s’élevant à 532,6 Mm³ (+85,9% par rapport à l’an passé et -46% par rapport à la normale), puis celui du Loukkos avec des apports de 483,6 Mm³ (-28,3% par rapport à l’an passé et -65,2% par rapport à la normale durant la même période).
Le bassin du Tensift a enregistré les apports les plus faibles jusqu'au 11 juin 2025, s’élevant à 86,7 Mm3, en baisse de 75% par rapport à la normale durant la même période et de 12,3% par rapport à l’an passé.
Il s’agit donc du bassin le plus impacté par la succession des années de sécheresse. Les précipitations enregistrées en début d’année n’ont pas été suffisantes pour améliorer sa situation hydrique.
En termes de taux de remplissage, le bassin du Bouregreg-Chaouia affiche un taux de 64,8%, soit le plus élevé du Royaume. Il est suivi de celui du Loukkos (59,51%). Le bassin de Sebou affiche un taux de remplissage de 52,26%, contre 41,57% pour la Moulouya et 51,03% pour le bassin du Tensift. Le taux de remplissage du bassin de Souss-Massa s’élève quant à lui à 20,83%.
Malgré la baisse des réserves, les besoins en eau potable sont satisfaits
Lors de sa présentation, Nizar Baraka a par ailleurs souligné que la période allant de 2018 à 2024 a été marquée par une succession d’années sèches, avec des taux de déficit annuels estimés à 54% (2019), 71% (2020), 59% (2021), 85% (2022), 66% (2023) et 71% (2024) par rapport à la moyenne annuelle des apports en eau.
En effet, les apports en eau sont passés de 10,8 MMm³ en 2017-2018 à 3,8 MMm³ en 2019-2020, puis à 3,37 MMm³ en 2023-2024.
Le remplissage des barrages a également emprunté une tendance baissière, passant de 8,9 en 2017-2018 à 4,4 MMm³ en 2023-2024.
Ces ressources étaient réparties entre l’irrigation et la fourniture de l’eau potable. La part relative à l’eau potable est restée stable depuis 2017-2018, autour de 743 Mm³ (2017-2018) et de 910 Mm³ en 2023-2024. La part de l’irrigation a commencé à baisser depuis 2018-2019, passant de 3,176 MMm³ à environ 1 MMm³ en 2023-2024.
Toutefois, "malgré la diminution des réserves en eau des barrages, les besoins en eau potable sont satisfaits", a déclaré le ministre de l'Eau, et ce à travers :
– le recours au dessalement de l'eau de mer, notamment à Agadir, Al Hoceima, Casablanca-Sud, Settat, El Jadida et Safi, en plus d’autres villes et centres des provinces du Sud dont principalement Laâyoune et Tarfaya, Boujdour et Guerguarat ;
– la mise en service de l’interconnexion du barrage de Garde Sebou au barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah ;
– le renforcement de l’approvisionnement en eau par les eaux souterraines ;
– la priorisation de l'eau potable en fonction de la réserve d'eau disponible et la détermination des programmes des fournitures de l’eau d’irrigation en coordination avec le ministère de l’Agriculture.
4 stations de dessalement en cours de construction et 9 autres programmées
En ce qui concerne le dessalement de l’eau de mer, 17 projets de stations existent déjà dans plusieurs régions du pays, avec une capacité de production annuelle de 320,3 Mm³.
Quatre projets sont en cours de réalisation, avec une capacité totale de 532 Mm³/an. Il s’agit de :
– La station de Casablanca, qui fournira l’eau potable et l'eau d’irrigation, avec une capacité totale de 300 Mm³/an. La première tranche de cette station est prévue pour être finalisée en 2026, avec une capacité initiale de 200 Mm³/an.
– La station de Dakhla, dont l’eau sera dédiée à l'approvisionnement en eau potable et à l’irrigation, avec une capacité de production de 37 Mm³/an.
– L’extension de la station de Jorf Lasfar, qui fournira de l’eau pour l’industrie ainsi que de l’eau potable. Cette station sera dotée d'une capacité supplémentaire de 60 Mm³, dont 25 Mm³ seront dédiés à l’eau potable.
– L’extension de la station de Safi (industrie et eau potable). Une capacité supplémentaire de 135 Mm³ sera ainsi ajoutée à cette station, dont 100 Mm³ dédiés à l’eau potable.
Neuf stations sont par ailleurs programmées, ainsi que l’extension de quatre stations existantes à Agadir, Tarfaya, Safi et El Jadida.




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