Techno-sport. Hado, le nouveau sport en réalité augmentée en quête d'adhésion au Maroc
Inspiré de l’univers du gaming, le Hado mêle activité physique intense et immersion technologique. Ce techno-sport innovant séduit une nouvelle génération de joueurs et fait ses premiers pas au Maroc. Une première équipe a représenté le Royaume à la Coupe du monde récemment organisée en Chine, du 23 au 25 mai à Shanghai.
Après avoir signé un contrat de représentation avec Meleap, maison mère japonaise du Hado, le jeune Saâd Ennaciri dispose de l’autorisation de déployer, promouvoir et structurer cette discipline sur le territoire marocain.
Peu connu du grand public, le Hado est un sport japonais né en 2014, mêlant activité physique et réalité augmentée. Inspiré du célèbre “Hadouken” de Street Fighter, il incarne l’esprit de la culture gaming.
La première équipe marocaine pratiquant le Hado a été sélectionnée pour participer à la Coupe du monde de Hado, qui s’est tenue à Shanghai (Chine) du 23 au 25 mai.
Dans un échange avec Médias24, Saâd Ennaciri, représentant officiel de Meleap au Maroc, revient sur la nature de cette discipline innovante ainsi que sur l’expérience vécue lors de la Coupe du monde en Chine.
Comment se déroule un match de Hado ? Une partie oppose deux équipes de trois joueurs sur un terrain de 60 m². Chaque joueur est équipé d’un casque de réalité augmentée et d’un bracelet connecté, nous explique Saâd Ennaciri. L’objectif : marquer un maximum de points en lançant des boules d’énergie virtuelles sur les adversaires, tout en esquivant leurs attaques et en mettant en place des stratégies défensives et offensives. Chaque match ne dure que 80 secondes, mais son intensité est telle qu’il sollicite fortement les capacités physiques et mentales des joueurs.

Ce sport se distingue par sa nature hybride, à la croisée du sport traditionnel et de l’e-sport, souligne notre interlocuteur. Contrairement aux sports classiques, il ne repose pas uniquement sur l’endurance ou des gestes répétés : il exige stratégie, coordination et grande réactivité mentale. À l’inverse de l’e-sport, où les joueurs restent statiques, le Hado mobilise le corps dans un environnement réel. Il combine l’adrénaline et la logique du jeu vidéo avec un véritable effort physique. Ce mélange fait du Hado un techno-sport complet, réunissant mouvement, technologie, stratégie et esprit d’équipe.
Concernant la qualification à la Coupe du monde, Saâd Ennaciri précise que l’équipe marocaine a été sélectionnée à l’issue d’un tournoi organisé durant le mois de ramadan, en partenariat avec l’association Tibu Africa. L’équipe gagnante a ainsi représenté le Maroc, faisant du Royaume le premier pays africain et arabe à participer à cette compétition internationale.
Lors de cette édition, l’équipe marocaine a remporté des matchs contre des équipes plus expérimentées, notamment la France et Hong Kong (Chine), et a obtenu un match nul face à la Nouvelle-Zélande.
Un sport encore en phase de lancement au Maroc
L’introduction du Hado au Maroc découle du parcours personnel de Saâd Ennaciri, à la fois athlète et professionnel de la rééducation sportive, animé par une passion pour les innovations dans le sport. "Mon ambition était d’introduire cette discipline au Maroc pour positionner notre pays parmi les pionniers en Afrique et dans le monde arabe, dans le domaine du techno-sport".
Avec deux années d’existence, le Hado est encore en phase de lancement au Maroc. Sa notoriété croît progressivement grâce à divers événements organisés à travers le pays : tournois universitaires à l’ENSA Marrakech, à l’UM6P et à l’Institut supérieur sportif de Fès, animations scolaires, ou encore festivals à l'instar de Shotakom. Ces initiatives ont permis de faire découvrir le Hado à un jeune public passionné de technologie.
Le sport séduit aussi les familles. De nombreux parents encouragent leurs enfants à pratiquer le Hado, qui offre une alternative aux écrans tout en favorisant une activité physique et sociale. "Nous avons des parents très engagés, car le Hado permet aux enfants de se déconnecter tout en bougeant et en interagissant avec les autres ", souligne Saâd Ennaciri.
À ce jour, deux terrains de Hado sont opérationnels au Maroc : l’un au VGK Village (entre Rabat et Casablanca) et l’autre à Fès. Ils proposent des initiations, des sessions d’entraînement et des tournois réguliers. Les personnes intéressées peuvent contacter le groupe via les réseaux sociaux ou se rendre directement sur place.
Par ailleurs, une ligue nationale est en préparation. "Nous structurons progressivement une communauté de joueurs en vue de créer une véritable ligue nationale à moyen terme".
Dans le contexte de la nouvelle politique nationale de promotion du gaming et de l’e-sport, Saâd Ennaciri estime que le Hado s’inscrit pleinement dans cette dynamique. "Nous saluons les efforts du Maroc pour structurer ce secteur, et pensons que le Hado y a toute sa place".
Il exprime également le souhait de voir cette discipline reconnue comme un sport techno-éducatif, soutenu par les institutions. Cela nécessiterait des infrastructures adaptées, des entraîneurs formés et une intégration dans les programmes d’activités sportives. "Le Maroc a l’opportunité de devenir un acteur de référence en Afrique et dans le monde arabe dans ce domaine", ajoute-t-il.
À court et moyen terme, l’objectif est d’intégrer le Hado dans le système éducatif et sportif national, à l’image de pays comme le Japon, la Chine ou la Corée, où il est déjà pratiqué dans les écoles et les clubs.
Sur le plan international, l’équipe ambitionne de continuer à représenter le Maroc lors des compétitions mondiales. Mais au-delà des performances sportives, le projet vise à proposer aux jeunes Marocains une pratique innovante alliant technologie, bien-être et socialisation.
"Nous voulons offrir aux jeunes une activité qui les connecte à la technologie tout en favorisant une approche active, saine et collective. La technologie fait partie intégrante de notre quotidien, alors autant l’utiliser pour encourager le développement physique, mental et social", conclut Saâd Ennaciri.
À découvrir
à lire aussi

Article : Criquets pèlerins aux portes du Souss : quel risque pour l'agriculture ?
Ils sont jaunes, parfois rosâtres, et inquiètent les agriculteurs du Souss. Des criquets pèlerins ont été observés à proximité des champs agricoles de Chtouka Aït Baha. Voici ce qu'il faut savoir sur la situation.

Article : En 2025, le déficit commercial retire 3,8 points à la croissance
Au-delà de la sécheresse, la croissance au Maroc est aussi affaiblie par une fuite importante de la demande vers les importations. En 2024, le solde extérieur a retiré 2,5 points à la croissance. En 2025, selon nos calculs, cette perte atteint 3,8 points. Une partie de l’effort d’investissement et de consommation se transforme ainsi en production étrangère, plutôt qu’en valeur ajoutée locale.

Article : Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché
Avec plus de 11% du MASI et une contribution de +656 points de base depuis le début de l’année, les minières prennent une place centrale dans les mouvements de la Bourse de Casablanca.

Article : SkyStriker : le drone “précis, silencieux et mortel” rejoint l’arsenal des FAR
Précis, silencieux et dopé à l'intelligence artificielle, ce nouveau vecteur de frappe à bas coût renforce considérablement la résilience et la réactivité du dispositif de défense marocain.

Article : GST Rabat-Salé-Kénitra : un budget de 1,8 milliard de DH en 2026, le CHU Ibn Sina au cœur des investissements
Un budget 2026 estimé à plus de 1,8 milliard de DH traduisant l’ampleur des investissements engagés dans la région Rabat-Salé-Kénitra, un démarrage progressif du CHU Ibn Sina prévu en deux phases avec une montée en charge, et une feuille de route sanitaire qui vise à réduire les disparités territoriales et à renforcer l’offre de soins.

Article : Transport urbain : Rabat investit plus de 400 millions de DH dans 126 nouveaux bus
Rabat Région Mobilité a attribué un marché de plus de 403 millions de DH pour l’acquisition de 126 nouveaux autobus destinés au transport urbain et périurbain de la capitale. Le groupement composé de Tractafric Véhicules Industriels et Yutong Bus a été retenu pour fournir des bus équipés de systèmes modernes.
