Déficit global de 11,7 MMDH à fin avril 2025 : l’IS et l’IR dopent les recettes, les dépenses courantes et d’investissement en effacent les gains
DATA. À fin avril 2025, les finances publiques du Royaume affichent des tendances contrastées : envolée des recettes fiscales, hausse significative des dépenses ordinaires, maintien d’un solde ordinaire positif mais en repli, et aggravation du déficit budgétaire global. Détails.
L’analyse de la situation mensuelle des finances publiques à fin avril 2025, publiée par la Trésorerie générale du Royaume (TGR), met en lumière des dynamiques budgétaires contrastées.
Les recettes ordinaires du budget général atteignent 144,1 MMDH, en hausse de 19% par rapport à la même période de 2024. Cette performance s’explique principalement par la progression de 22,3% des recettes fiscales, qui s’établissent à 128,7 MMDH.
Les impôts directs augmentent de 35,5%, tirés par l’impôt sur les sociétés (+38,5%, à 38,9 MMDH) et l’impôt sur le revenu (+32%, à 27,5 MMDH), ce dernier bénéficiant encore de l’effet de l’opération de régularisation volontaire (3,8 MMDH). De même, les impôts indirects progressent de 12,1%, grâce à la hausse de la TVA (11,5%) et de la taxe intérieure de consommation (TIC) sur les produits énergétiques (15,4%).
En revanche, les recettes non fiscales reculent légèrement de 2,5%, à 15,4 MMDH, du fait du repli des recettes en atténuation de la dette et des fonds de concours, malgré la hausse notable des versements des monopoles, notamment de Bank Al-Maghrib.
Par ailleurs, les dépenses ordinaires s’élèvent à 134,5 MMDH à fin avril, en hausse de 28,5%. Les dépenses du personnel progressent de 12,4% à 58,3 MMDH, tandis que celles relatives aux biens et services enregistrent une hausse marquée de 67,4% (53,4 MMDH).
Les charges en intérêts de la dette atteignent 15,2 MMDH (+15,8%), avec une hausse sur la dette intérieure (23,9%) et une légère baisse sur la dette extérieure. Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux doublent presque, atteignant 7,5 MMDH (+101,4%).
Malgré la bonne tenue des recettes, le solde ordinaire se réduit : il reste positif, à 9,7 MMDH, contre 16,5 MMDH à la même période en 2024.
L’investissement public continue de progresser, avec 37,6 MMDH de dépenses émises à fin avril, soit une hausse de 17,6%. Les comptes spéciaux du Trésor (CST) dégagent un solde positif de 15,4 MMDH, en hausse par rapport à l’année précédente, tandis que les SEGMA affichent un excédent de 876 MDH.
Ainsi, le déficit global du Trésor s’établit à 11,7 MMDH à fin avril 2025, contre 1,2 MMDH un an plus tôt.
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