Glovo Startup Lab : un tremplin vers l’international pour les startups marocaines
À l’occasion du Gitex Africa, Médias24 a reçu Adnane Lachheb, responsable du programme Tech Catalyst chez Glovo, et Nassiba Benabdelhafid, fondatrice de Logistiqa, l’une des startups bénéficiaires du programme Glovo Startup Lab. Retour sur une initiative d’accompagnement ambitieuse qui mise sur le mentorat, l’impact et l’ouverture à l’international.
Médias24 a reçu sur son plateau M24 Live Studio au Gitex Africa Adnane Lachheb, responsable du programme Tech Catalyst chez Glovo, ainsi que Nassiba Benabdelhafid, CEO de Logistiqa, l’une des startups bénéficiaires du programme Glovo Startup Lab. Interview croisée.
- Médias24. Qu'est-ce que le programme Glovo Startup Lab et quels sont ses principaux objectifs ?
Adnane Lachheb. Le Glovo Startup Lab est un programme de mentorat lancé lors du Gitex 2024. Pour Glovo, c'était une manière de partager notre savoir-faire, notre expertise et de contribuer à l’essor de l’écosystème entrepreneurial marocain.
L’objectif était de sélectionner des startups marocaines, de les inviter à notre siège à Barcelone afin qu’elles rencontrent d'autres startups issues des pays où nous opérons, et qu’elles découvrent l’écosystème local barcelonais, ville d’origine de Glovo. Le cœur du programme, c’est le partage de notre playbook : nos stratégies, notre approche, nos échecs, nos bonnes pratiques. Le premier pilote a eu lieu en septembre dernier.
- Quelles ressources et quels soutiens spécifiques Glovo fournit-il aux startups sélectionnées ?
Adnane Lachheb. Durant le programme, nous avons organisé des sessions de mentorat avec des experts de Glovo, chacun spécialisé dans un domaine spécifique. Les startups choisissaient les thématiques qui les intéressaient, et nous mettions en place les sessions adaptées.
Par exemple, le CTO de Glovo a animé des séances axées sur le produit, d’autres portaient sur l’expansion à l’international, ou encore sur la stratégie d’entrée sur de nouveaux marchés.
Un volet important concernait également l’impact. Nous avons collaboré avec Impact Hub Barcelona pour accompagner les startups sur cette dimension, afin qu’elles intègrent pleinement la notion d’impact dans leur modèle et puissent ainsi mieux convaincre les investisseurs.
- Comment les startups sont-elles sélectionnées ? Est-ce qu'il y a des critères ?
Adnane Lachheb. Dans le cadre du partenariat signé lors du Gitex 2024, nous avons défini des critères généraux : le business model, le secteur d’activité et la maturité de la startup. Chaque partenaire local a été invité à proposer trois startups répondant à ces critères. Logistiqa, fondée par Nassiba Benabdelhafid, a ainsi pu bénéficier du programme.
- Comment ce programme contribue-t-il à l'écosystème technologique au Maroc ? Et dans les autres pays ?
Adnane Lachheb. L’idée est de transmettre notre expérience, d’inspirer et d’encourager les startups à franchir le pas de l’internationalisation. En les connectant avec des startups étrangères confrontées à des défis similaires mais qui y répondent différemment, on crée une dynamique d’émulation. C’est un vrai mentorat, un partage d’inspiration, qui pousse les startups à se projeter et à accélérer leur développement.
- Y a-t-il une éventuelle expansion qui est prévue ? Allez-vous étendre le programme à d'autres régions ou peut-être même à d'autres secteurs ?
Adnane Lachheb. Absolument. Nous préparons une nouvelle édition en septembre prochain. D'autres startups marocaines pourront se rendre à Barcelone pour y participer.
Glovo, entreprise espagnole bien implantée au Maroc et au Portugal, vient de signer un partenariat avec le ministère marocain de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration. L’idée est de capitaliser sur la dynamique créée par la Coupe du monde 2030 pour fédérer les acteurs de l’écosystème méditerranéen.
Nous envisageons d’organiser à Casablanca un événement d’envergure rassemblant des acteurs du Maroc, du Portugal et de l’Espagne. Ce sera l’occasion de stimuler les échanges de bonnes pratiques et d’attirer des investisseurs.
Retour d'expérience avec une des startups bénéficiaires
- Mme Nassiba Benabdelhafid, vous êtes fondatrice de Logistiqa. Pouvez-vous nous présenter votre startup ?
Nassiba Benabdelhafid. Logistiqa est une solution cloud pensée pour les très petites entreprises. Elle leur permet d’optimiser leur supply chain et leur logistique de manière simple. Elle intègre la gestion des ventes, des achats et des stocks, et favorise ainsi leur digitalisation.
Notre cible est proche de celle de Glovo : les petites structures, notamment dans le retail. Nous travaillons sur l’optimisation des flux, la réduction des coûts et l’amélioration de la qualité de service.
- Quelles ont été les leçons les plus précieuses tirées par votre startup pendant le programme ?
Nassiba Benabdelhafid. Le programme a réuni des startups de plusieurs pays : Kazakhstan, Kirghizistan, Ukraine… La première leçon a été de constater que, malgré la distance géographique, nous partageons les mêmes défis. Cela a permis de créer des synergies, et même de nouer des partenariats, y compris avec des startups du Kirghizistan ou du Kazakhstan.
La richesse de l’expérience Glovo, à travers leurs réussites mais aussi leurs erreurs, a été très formatrice. Nous avons pu échanger avec des experts impliqués dans leurs opérations et leur stratégie.
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Les sessions de mentorat ont-elles eu un impact concret sur le développement de Logistiqa ?
Nassiba Benabdelhafid. Absolument. Nous sommes une entreprise à impact : nous accompagnons les coopératives, les petites entreprises, dans leur transition digitale. Le fait d’échanger avec des personnes qui partagent cette vision nous a énormément apporté. Elles ont partagé, de manière ouverte et généreuse, des clés concrètes. C’est ce dont les startups ont besoin : un savoir transmis sans filtre.
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Le programme vous a-t-il permis de développer votre réseau ? Quels impacts en avez-vous observés ?
Nassiba Benabdelhafid. Oui, clairement. Avec Glovo, nous travaillons actuellement à un partenariat qui vise à créer des synergies entre nos services. Mais le réseautage s’est aussi fait entre startups. Nous explorons des pistes de collaboration technologique et nous avons beaucoup appris en découvrant les écosystèmes d’autres pays. Cela a été une vraie valeur ajoutée.
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