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GITEX Africa Morocco : l’ADD dresse un premier bilan de la 3e édition

L’événement, qui s’est tenu à Marrakech, a rassemblé plus de 1.500 exposants et des participants issus de 130 pays. Il a mis en lumière la diversité des acteurs engagés dans la transformation digitale du continent. Dans cet entretien, Mohammed Drissi Melyani, directeur général de l’Agence de développement du digital (ADD) revient sur les principaux enseignements de cette édition : visibilité accrue pour les start-up, premières retombées concrètes, volonté de coopération régionale et priorités pour renforcer l’inclusion numérique à l’échelle nationale.

GITEX Africa Morocco : l’ADD dresse un premier bilan de la 3e édition
Le DG de l’ADD, Mohammed Drissi Melyani, lors de la conférence de presse de présentation de la 3ème édition du Gitex Africa Morocco. Ph : Médias24
A.M.J.
Le 16 avril 2025 à 17h55 | Modifié 16 avril 2025 à 18h28

Médias24 : Quel bilan faites-vous de cette édition du GITEX Africa Morocco?

Mohammed Drissi Melyani : Cette 3e édition du GITEX Africa constitue une avancée majeure dans la consolidation du Maroc comme plateforme numérique continentale. Durant trois jours, nous avons accueilli plus de 1.500 exposants et des participants issus de 130 pays, avec une diversité remarquable d’acteurs publics et privés, de start-up, de ministères, d’universités et d’investisseurs. Cette édition a démontré que l’Afrique est prête à se rassembler autour de dynamiques concrètes pour faire du digital un levier de développement partagé.

Bien sûr, le rayonnement de cette édition dépasse les frontières nationales. Les premiers retours sont unanimement positifs, qu’il s’agisse de la qualité de l’organisation, des débats, des connexions établies ou des projets lancés. Nous publierons prochainement un bilan détaillé de cette édition, avec des données précises sur les retombées économiques, les coopérations nouées et les perspectives ouvertes. Mais à ce stade, tous les indicateurs confirment que c’est une édition réussie, qui consacre le GITEX Africa Morocco comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs du digital en Afrique.

- Vous avez décrit le GITEX comme une "vitrine pour les talents africains". Quelles retombées tangibles avez-vous constatées pour les porteurs de projets et les start-up marocaines ou africaines ?

- Le GITEX Africa Morocco n’est pas seulement un salon d’exposition. C’est un moment stratégique de mise en lumière des talents émergents du continent. Pour les start-up, la participation à cet événement est souvent un tremplin vers des financements, des partenariats ou des opportunités de croissance à l’international. Cette année, plusieurs dizaines de jeunes entreprises marocaines et africaines ont pu bénéficier d’une visibilité inédite auprès d’investisseurs, d’accélérateurs et de donneurs d’ordres publics.

Les effets se sont très vite fait sentir. Des partenariats ont été initiés dès les premières heures, des lettres d’intention signées, et des projets de déploiement dans d’autres pays enclenchés. Le programme Morocco 200, lancé par le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration en collaboration avec l’ADD, a permis à de nombreuses start-up marocaines de bénéficier d’un accompagnement spécifique. Ce dernier a pour objectif de renforcer leur positionnement et leur rayonnement régional. Cela confirme que lorsque les écosystèmes sont mis en relation dans un cadre propice, les résultats suivent.

- Comment l’ADD capitalise-t-elle sur l’écosystème réuni pendant ces trois jours ?

- L’approche de l’ADD est de faire du GITEX un levier d’impact bien au-delà de l’événement lui-même. Il s’agit pour nous d’identifier les dynamiques créées, de les structurer, et surtout de les prolonger dans le temps. Pour cela, nous avons mis en place un dispositif de suivi post-événement, afin de donner suite aux rencontres et de favoriser la concrétisation des projets présentés ou annoncés pendant le salon.

Nous intégrons également les enseignements de cette édition dans nos plans d’action. Les tendances observées, les besoins exprimés par les entreprises, les signaux envoyés par les partenaires internationaux sont autant d’éléments qui nourrissent notre action. L’objectif est de renforcer la structuration de notre écosystème à l’échelle nationale, tout en facilitant les passerelles avec les autres pays du continent.

- L’un des enjeux évoqués est l’unification des volontés africaines. Pensez-vous que cette édition a réellement permis de poser les bases d’une gouvernance numérique africaine partagée ?

- Ce qui ressort de cette édition, c’est une volonté affirmée de faire émerger des formes de coordination entre les pays africains sur les grands chantiers du numérique. Plusieurs ministres et responsables d’agences étatiques ont exprimé leur intérêt pour créer un cadre de travail commun dans des domaines aussi concrets que la digitalisation des services publics ou le renforcement des compétences locales.

Ce sont des avancées significatives, car elles traduisent un changement de posture, l’idée d’un numérique africain plus intégré commence à s’ancrer, et le Maroc a joué un rôle actif dans cette dynamique, en proposant des espaces de dialogue ouverts et en mettant en avant des expériences concrètes et transférables.

- Quels sont les freins identifiés aujourd’hui à l’émergence d’une économie numérique au Maroc ? Et comment l’ADD agit-elle pour les lever ?

- L’émergence d’une économie numérique au Maroc est une dynamique bien enclenchée, et tous les acteurs sont aujourd’hui mobilisés, ministères, établissements publics, collectivités, mais aussi entreprises et universités. Le digital est désormais inscrit au cœur des stratégies de transformation, et ce changement d’état d’esprit est déjà visible sur le terrain.

Et dans cette dynamique, l’ADD joue un rôle de catalyseur, et sous l’égide de notre ministère de tutelle nous accompagnons les administrations dans la mise en œuvre de leurs projets numériques, soutenons la digitalisation des TPME à travers des outils, et renforçons les écosystèmes territoriaux d’innovation. L’essentiel, aujourd’hui, est de maintenir cette mobilisation collective et de poursuivre l’accélération engagée.

- "Faire des technologies un levier de justice sociale", dites-vous... Comment l’ADD traduit-elle cette ambition sur le terrain, notamment dans le monde rural ?

Cette ambition repose d’abord sur une conviction, le numérique ne doit pas aggraver les inégalités existantes, il doit au contraire contribuer à les réduire. Dans le monde rural, nous avons travaillé avec plusieurs partenaires pour créer les conditions d’une inclusion réelle, et cela passe par la digitalisation des coopératives, le développement des compétences pour l’utilisation de plateformes de commercialisation à distance, et la mise à disposition de services en ligne adaptés aux réalités locales.

Ce sont des actions concrètes, à fort impact, qui répondent à des besoins immédiats tout en inscrivant ces territoires dans une dynamique de long terme, et l’ADD se positionne ainsi comme un acteur de terrain, engagé dans la construction d’un numérique utile, inclusif et équitable.

- Le numérique reste perçu comme un sujet élitiste par une partie de la population. Comment rendre cette transformation inclusive, et éviter une fracture numérique sociale ou territoriale ?

- Il est vrai que, pour une partie de la population, le digital peut apparaître comme inaccessible ou réservé à une élite. Afin de lutter contre cette perception, il faut travailler sur trois niveaux : l’accessibilité, la formation et la médiation, et l’ADD agit en ce sens à travers des programmes d’acculturation de base aux compétences numériques, en particulier pour les jeunes, les femmes et les personnes en recherche d’emploi.

Nous accompagnons aussi les collectivités locales pour qu’elles intègrent une logique d’inclusion dans leurs projets numériques, et cela inclut le soutien de l’accès  aux espaces publics numériques et l’adaptation des services à différents profils d’utilisateurs. Enfin, la mise en place de l’ensemble de nos projets s’inscrit dans une approche participative, inclusive et durable.

- Quelles seront les priorités stratégiques de l’ADD pour le reste de cette année ?

- La digitalisation des services publics figure parmi les priorités de la feuille de route de l’ADD. Elle s’inscrit dans une logique de modernisation de l’administration et d’amélioration de la relation entre l’État et le citoyen, et cela implique une simplification des procédures, une interopérabilité entre les plateformes et une accessibilité renforcée. Nous travaillons sous l’égide de notre ministère de tutelle, en étroite coordination avec l’ensemble des ministères et des établissements publics pour accélérer ce chantier.

En parallèle, nous plaçons un accent fort sur l’appui aux TPME. Ce tissu entrepreneurial représente l’essentiel de notre économie, mais reste encore insuffisamment digitalisé. L’ADD, sous l’égide de son ministère de tutelle  mettra à disposition des dispositifs concrets pour accompagner cette transition, à travers le conseil, la mise en relation et la mobilisation de facilités nécessaires.

Enfin, nous poursuivrons nos efforts pour structurer un écosystème national favorable à l’innovation, en consolidant les plateformes existantes, en renforçant les capacités des structures d’appui à l’entrepreneuriat numérique, et en facilitant la circulation de l’expertise à l’échelle territoriale. Notre feuille de route reste guidée par un principe simple, celui de faire du numérique un levier de développement  socio-économique de notre pays.

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A.M.J.
Le 16 avril 2025 à 17h55

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