Escobar du Sahara : devant la cour, les premiers mots de Saïd Naciri
Le procès "Escobar du Sahara" braque ses projecteurs sur Saïd Naciri. L'ancien président du Wydad, figure centrale de cette affaire tentaculaire, a comparu ce vendredi, livrant ses premiers mots avant le renvoi de l'audience.
C'était l'un des moments les plus attendus du procès dit "Escobar du Sahara". À la chambre criminelle de Casablanca, le juge Ali Torchi vient d'entamer, ce vendredi 11 avril, l'interrogatoire de Saïd Naciri, ancien président du Wydad, ex-parlementaire PAM et, surtout, l'un des principaux accusés dans cette importante affaire de trafic de drogue.
"Je remercie la cour de m'avoir exposé cette liste d'accusations. J'essaierai d'aider la justice pour accéder à la vérité. Je demanderai juste à la cour de m'accorder le temps suffisant pour m'exprimer". Ce sont là les premiers mots de Saïd Naciri, confronté dès sa comparution à une interminable liste de chefs de poursuite.
De l'escroquerie à la falsification de chèques, en passant par la subornation de témoins, le trafic d'influence et le commerce de stupéfiants, l'accusé devra répondre d'une dizaine de crimes et délits, étayés dans des milliers de pages de l'enquête menée préalablement par la BNPJ.
"Ce sont ses accusations, mais je dispose d'éléments qui les réfutent", explique Saïd Naciri, blouson en cuir marron foncé, bras croisés derrière le dos, tête légèrement baissée.
Invité par le président à commenter les chefs de poursuite, l'intéressé glisse déjà ce qui s'apparente à des éléments de défense. "Sur la falsification, je veux dire que, jusqu'à l'heure actuelle, aucun élément ni déclaration ne vient confirmer les éléments qu'on me reproche…", lance-t-il brièvement avant d'être interrompu par le juge.
"Dans ce dossier, il y a de nombreuses faussetés, probablement introduites par connivence ou fabrication", conclut finalement le mis en cause.
La dernière phrase d'une scène qui aura duré moins de cinq minutes, avant que le président Ali Torchi ne décide le renvoi de l'affaire au 18 avril. Suffisant pour captiver l'attention dans cette salle 8 de la cour d'appel, notamment des journalistes venus en nombre spécifiquement pour Saïd Naciri. "Médiatiquement, c'est le protagoniste le plus important de l'affaire", nous déclare ce chroniqueur judiciaire, qui ne s'attendait pas à une comparution ce vendredi.
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