Viandes rouges : les prix restent élevés malgré l'amélioration de l'offre
À la suite de l’appel du Roi Mohammed VI à s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha cette année, l’offre en viandes ovine et bovine s’est renforcée, entraînant un recul des prix au marché de gros. Pourtant, cette tendance ne semble pas se refléter sur le marché de détail. Chez les bouchers, les tarifs restent relativement élevés et atteignent parfois 100 DH/kg, soulevant des interrogations sur les marges appliquées et les mécanismes de formation des prix.
Les prix pratiqués chez les bouchers restant relativement élevés, pouvant atteindre 100 à 120 DH/kg dans certains quartiers. Une situation qui interroge sur les marges pratiquées.
Les prix au marché de gros
Selon les chiffres publiés ce mercredi 19 mars par Casa Prestations, les prix de la viande ovine au marché de gros de Casablanca varient entre 60 et 97 DH/kg, contre 60-90 DH/kg la semaine précédente.
Le cheptel initialement destiné à l'abattage pour Aïd al-Adha continue donc d'être réorienté vers les abattoirs. C'est une offre supplémentaire qui vient renforcer le marché et compléter le cheptel importé.
La viande bovine, quant à elle, est restée stable avec un prix de gros oscillant entre 65 et 90 DH/kg. Un opérateur du secteur explique que la viande bovine locale est achetée à près de 80 DH/kg au marché de gros avant d'être revendue entre 90 et 100 DH/kg au consommateur final. "Cela dépend de plusieurs critères, notamment des quartiers et du chiffre d'affaires réalisé par le boucher", précise-t-il.
"En ce qui concerne la viande bovine importée, son prix au marché de gros se situe entre 65 et 70 DH/kg, ce qui en fait une option plus abordable pour les consommateurs", ajoute notre interlocuteur.
Du côté de la viande ovine locale, "les prix oscillent entre 85 et 95 DH/kg au marché de gros, ce qui peut porter le prix final au-delà de 100 DH/kg pour le consommateur", ajoute notre source, soulignant que "les ovins importés restent globalement plus abordables". Bien que les prix soient élevés, ils restent en deçà de ceux pratiqués avant la décision royale, et qui atteignaient jusqu'à 120 DH/kg.
Des marges injustifiées sur le marché de détail
Malgré ces baisses, les prix affichés chez les bouchers restent élevés, pouvant atteindre 100 DH selon les quartiers. Une tendance qui suscite des interrogations sur les marges appliquées par les professionnels du secteur et les modalités de fixation des prix.
Certains bouchers justifient ces prix par les coûts de fonctionnement, les charges fixes et la variabilité de la demande. Toutefois, d'autres observateurs estiment que de telles marges sont excessives et qu'une meilleure régulation des prix s'impose pour garantir un accès équitable à la viande rouge.
Dans un contexte où le pouvoir d'achat des Marocains est sous pression, l'écart entre les prix du marché de gros et ceux du marché de détail pousse à se poser des questions. Selon nos informations, il s’explique en grande partie par une augmentation des marges pratiquée par les chevillards et les détaillants afin de compenser la baisse de leur clientèle.
Dans un article précédent, des sources bien informées avaient également pointé un système oligopolistique et résistant. "La distribution de la viande est dominée par un petit nombre d’opérateurs possédant les capacités financières et logistiques pour acheter localement ou importer et stocker en grandes quantités. Ces derniers visent donc principalement à rentabiliser leurs opérations", nous avaient-elles confié.
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