Le Maroc a fait du continent africain une pierre angulaire de sa politique étrangère (Nasser Bourita)
Intervenant le jeudi 20 février à l’ouverture du 2e Forum des présidents des commissions des Affaires étrangères des parlements africains, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a exposé les fondements de la politique africaine du Maroc.
Grâce à la vision éclairée du Roi Mohammed VI, le Maroc a fait du continent africain une pierre angulaire de sa politique étrangère, a affirmé le ministre en ouverture de ce forum organisé à Rabat autour du thème "Vers la mise en place de fondements durables pour la stabilité et la sécurité en Afrique".
"Le Maroc est profondément convaincu d’une vision globale fondée sur la promotion de la paix, de la sécurité et du développement, le respect de l’intégrité territoriale des pays et des principes de bon voisinage, la non-ingérence dans leurs affaires internes et sur l’appel à ne pas abriter des groupes terroristes et séparatistes menaçant la stabilité de l’Afrique", a-t-il souligné.
Et d’ajouter que le Royaume, sous le leadership éclairé du Roi, a toujours fait part de sa ferme conviction de la corrélation entre les éléments du nexus sécurité, paix et développement, et que l'approche purement sécuritaire, bien qu’elle soit obligatoire, est insuffisante à elle seule pour faire face aux défis complexes du continent, d’où la nécessité d'une vision globale intégrant les dimensions sociale et économique afin de garantir une paix et une prospérité durables.
Cette ferme conviction du Maroc illustre "l’optimisme africain" caractérisant l’engagement africain global du Royaume, a-t-il précisé, soulignant que le Roi Mohammed VI croit profondément en l’Afrique.
Le Maroc, qui fait confiance au potentiel de l’Afrique, y voit des opportunités "là où d’autres ne perçoivent que des problèmes
A cet égard, M. Bourita a souligné que le Maroc, qui fait confiance au potentiel de l’Afrique, y voit des opportunités "là où d’autres ne perçoivent que des problèmes", ajoutant que le Royaume privilégie les solutions durables, même si elles sont difficiles et longues à mettre en œuvre. "L'engagement du Maroc envers l'Afrique est un engagement pour le bien-être du continent et non pas de simples slogans creux", a poursuivi M. Bourita.
"Dans ses discours, Sa Majesté le Roi insiste constamment sur l’audace, l’esprit d’initiative et le sens élevé de responsabilité", a relevé le ministre, affirmant que relever les défis internes et externes est tributaire "de notre capacité à conjuguer esprit d'initiative et flexibilité ".
Il a cité, à cet effet, plusieurs exemples d’initiatives lancées par le Royaume à l’égard du continent africain, expliquant qu’en réponse au défi de l’aide au développement, le Roi avait décidé, en 2000, de l’annulation de la dette des pays africains les moins avancés et de la suppression totale des droits de douane sur leurs produits.
M. Bourita a rappelé également la tenue en 2016, sur initiative du Souverain, du Sommet africain de l’action et la création de trois commissions dédiées au climat, ainsi que l’initiative "Triple A" visant à faire face au défi de la sécurité alimentaire, devenue aujourd’hui une référence en la matière.
Afin de relever le défi du développement global, le ministre a mis en avant l'importance de l'Initiative Atlantique visant à faciliter l'accès des pays du Sahel à l'Océan Atlantique, évoquant aussi l’initiative royale visant à faire face au défi de la sécurité énergétique, à travers le lancement par le Roi et le Président nigérien du projet du gazoduc Nigeria-Maroc.
La politique africaine du Maroc place l’être humain au cœur de l’action africaine
Il a mis en évidence l’un des principaux fondements de la politique africaine du Maroc, plaçant l’être humain au cœur de l’action africaine, affirmant que les visites royales effectuées par le Roi dans divers pays du continent ont été une occasion de se rapprocher des populations, des dirigeants et des élites politiques, économiques, intellectuelles et culturelles, ainsi que de la réalité concrète de ces pays, des aspirations de leur jeunesse et des attentes de leurs divers acteurs.
M. Bourita a relevé l’importance capitale accordée par le Maroc à la dimension humanitaire dans sa coopération avec les pays africains frères, assurant qu'il s'agit d'une coopération qui donne constamment la priorité à l’exécution de projets tangibles bénéfiques aux populations, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, du développement et de l’habitat.
Selon lui, l’engagement africain du Royaume est une illustration de sa forte appartenance au continent, du fait que la politique africaine du Maroc n’est pas une simple politique de voisinage. "L’Afrique n’est pas uniquement un voisinage du Royaume, mais plutôt une terre d’identité et d’appartenance géographique et historique", a-t-il dit.
"En plaçant l’Afrique au cœur de la vision de sa politique étrangère, le Maroc se trouve ainsi dans sa position naturelle", a noté M. Bourita, ajoutant que tout ce qui concerne l’Afrique touche directement le Maroc. "Notre stabilité est directement liée à celle de notre continent et notre développement dépend de celui de l’Afrique", a-t-il affirmé.
Par ailleurs, M. Bourita a souligné l’importance majeure de ce Forum, dans la mesure où il s'agit d'une "illustration concrète de la prise de conscience que nous avons atteinte, nous Africains, quant à l’impératif de conjuguer les efforts et d’œuvrer côte à côte pour l’édification d’un avenir prospère pour les générations actuelles et futures de notre continent".
L’importance de cet événement, a-t-il fait observer, découle, en outre, des grandes mutations que connait le monde actuellement, caractérisées par l’enchevêtrement et la complexité des intérêts et la multitude des acteurs sur la scène internationale, notant que la "diplomatie traditionnelle" n’est plus capable, à elle seule, de garantir l’atteinte des objectifs escomptés. Il a jugé nécessaire de réfléchir à de nouveaux mécanismes à même d'accompagner les développements accélérés.
C’est dans cette optique qu’intervient le rôle des parlements sur la scène des événements internationaux, a-t-il poursuivi, relevant que les institutions législatives, outre leurs fonctions traditionnelles d’exercice de contrôle sur l’action du gouvernement, sont plus que jamais appelées à assumer de nouvelles missions en tant que force de proposition et laboratoire d’idées et d’initiatives à même d'apporter des contributions constructives.
Et de conclure que la 2ᵉ édition du Forum parlementaire des présidents de commissions des Affaires étrangères des parlements africains est une source d’optimisme, faisant observer que, suite à la première édition de ce Forum, organisée en 2023 à Rabat, celle de 2025 vient consolider le processus d’institutionnalisation de cet événement d'envergure, de manière à assurer sa durabilité et à l'ériger en cadre officiel de l'effort collectif visant à consacrer une identité africaine claire et ambitieuse en termes d'objectifs, et à consolider les choix stratégiques du continent.
(Avec MAP)
à lire aussi
Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.
Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.
Article : Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?
Sanctions confirmées en appel pour les supporters sénégalais : recours possibles, libérations, grâce ou transfèrement, quelles suites ?
Article : OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette
Le groupe OCP se tourne vers les marchés internationaux des capitaux avec une émission structurée en hybride. En recourant à un instrument à mi-chemin entre dette et quasi-fonds propres, le groupe cherche à mobiliser des ressources sans dégrader son profil d’endettement, ni accentuer la pression sur la signature souveraine. Décryptage.
Article : Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.
Article : Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas
Le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a reçu, le mardi 14 avril 2026 au palais royal de Rabat, Mohamed Yessef, décoré du Wissam Al Arch (Grand Officier), avant de nommer El Yazid Er-Radi au poste de secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas.