Hélène Laporte : “Nous nous félicitons que la France se soit enfin engagée dans la voie d’une reconnaissance du caractère pleinement marocain du Sahara”
INTERVIEW. Hélène Laporte, députée du Rassemblement national, est la nouvelle présidente du groupe d’amitié France-Maroc à l’Assemblée nationale. En exclusivité pour Médias24, elle exprime la position de son parti sur la question du Sahara et décline quelques axes de coopération avec ses homologues à la Chambre des représentants.
La présidence de ce groupe d'amitié a fait l'objet d'une âpre bataille à l'Assemblée nationale. Mais c'est finalement le Rassemblement national, première force politique en France, qui est arrivé à s'en emparer en la personne d'Hélène Laporte qui est par ailleurs vice-présidente du RN.
Plus encore, sur les 124 députés du RN, une vingtaine ont choisi d'être membres de ce groupe d'amitié qui compte au total 59 élus.
"Très honorée d’avoir été nommée présidente du groupe d’amitié France-Maroc à l’Assemblée nationale et de participer au renforcement de nos liens avec les membres de la Chambre des représentants marocaine", avait réagi la jeune députée de la deuxième circonscription du Lot-et-Garonne sur son compte X le jour de son élection.
🇫🇷🇲🇦 Très honorée d’avoir été nommée Présidente du groupe d’amitié France-Maroc à l’Assemblée nationale et de participer au renforcement de nos liens avec les membres de la Chambre des Représentants marocaine. pic.twitter.com/sGO5Bj3Vb2
— Hélène Laporte (@HeleneLaporteRN) January 29, 2025
En réponse aux questions de Médias24, Hélène Laporte ne mâche pas ses mots en exprimant la position "constante" de sa formation politique sur le Sahara. Elle s'est également exprimée sur l'avenir des relations entre les deux pays et sur le rôle du Royaume dans la paix et la stabilité de la région.
Médias24 : Pourquoi avoir choisi la présidence de ce groupe d'amitié, et pourquoi est-il si convoité... au point de recourir à la méthode du tourniquet ?
Hélène Laporte : Ce groupe d’amitié est effectivement traditionnellement l’un des plus importants de l’Assemblée nationale, ce qui ne s’est pas démenti pour cette législature puisqu’une soixantaine de députés l’ont déjà rejoint. Cela s’explique bien sûr par le lien très fort qu’entretient la France avec le Maroc, héritage d’une riche histoire commune. Ayant conscience du caractère privilégié de cette relation binationale et désireuse de travailler sur les sujets qui s’y rapportent, je me suis proposée pour la présidence de ce groupe. Je suis certaine que le travail que nous y mènerons contribuera à renforcer ce lien et je m’en réjouis.
— Avez-vous déjà établi des contacts avec la partie marocaine ?
- Ma nomination est toute nouvelle, mais naturellement, je suis en train d’établir un contact tant avec mon homologue de la Chambre des représentants marocaine, M. Anane, qu’avec l’ambassade du Maroc en France.
Je suis convaincue que nos deux nations sauront construire une solution pérenne en matière migratoire, dans le respect de leurs souverainetés respectives et du droit international
— Y a-t-il un plan d'action entre les deux groupes, et quels en seraient les axes ?
- Du côté français, le groupe est en train de se former et doit au préalable se réunir et constituer son bureau. C’est alors que nous pourrons définir un programme, en lien avec nos homologues marocains.
Les axes de travail seront évidemment nombreux : liens migratoires, commerce, industrie, agriculture, fonctionnement institutionnel.
— La question du Sahara étant très sensible pour le Maroc et les Marocains, quelle est la position de votre parti ?
- Le Rassemblement national a soutenu de façon constante la souveraineté marocaine du territoire correspondant à l’ancien Sahara espagnol, aujourd’hui couramment désigné sous le nom de Sahara occidental, comme l’a rappelé Marine Le Pen au moment de la récente visite d’État du président de la République.
Nous saluons le rôle accompli par le Royaume du Maroc pour stabiliser et sécuriser la région et estimons qu’il est le seul acteur légitime pour parvenir à sa pacification complète. C’est pourquoi nous nous félicitons que la France se soit enfin engagée dans la voie d’une reconnaissance du caractère pleinement marocain de ce territoire.
Le Rassemblement national a soutenu de façon constante la souveraineté marocaine du territoire correspondant à l’ancien Sahara espagnol
– La thématique de l'immigration étant au cœur du discours du RN, cela ne risquerait-il pas, en quelque sorte, d'être source de divergences avec le Maroc ?
- Je ne le pense pas du tout. Au contraire, le Maroc, dans le cadre des liens diplomatiques étroits qu’il entretient avec la France, a récemment montré sa volonté de coopérer avec nous sur les problématiques relatives à l’immigration, en particulier irrégulière – je pense notamment au cas des mineurs isolés.
À la lumière du nombre de Marocains vivant en France ou de Français vivant au Maroc, l’enjeu migratoire est bien sûr d’une importance majeure dans la relation que nous entretenons avec le Maroc.
🇫🇷🇲🇦 Échanges très constructifs ce matin avec Son Excellence Samira Sitaïl, Ambassadeur du #Maroc en France dans le cadre du groupe d’amitié parlementaire France-Maroc que je préside. pic.twitter.com/SD3OepjnS2
— Hélène Laporte (@HeleneLaporteRN) February 3, 2025
Dans ces conditions, il est d’autant plus capital de cultiver entre nos deux pays un partenariat sincère, permettant de répondre au mieux aux défis évidents que cette situation pose. Je suis convaincue que nos deux nations sauront construire une solution pérenne en matière migratoire, dans le respect de leurs souverainetés respectives et du droit international.
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