Terrorisme. Du loup solitaire aux cellules familiales : nouvelles révélations sur la cellule de Had Soualem
Le démantèlement de la "cellule terroriste des trois frères" à Had Soualem, dimanche dernier, révèle l'émergence d'un nouveau schéma de radicalisation, celui du "recrutement familial". Détails.
Du loup solitaire au recrutement intrafamilial. La lutte contre le terrorisme au Maroc prend une tournure inquiétante, avec l’émergence de ce vecteur de radicalisation de plus en plus fréquent. C’est ce que révèle l’enquête, en cours, au sujet de la cellule terroriste démantelée récemment à Had Soualem,
Les détails de cette enquête ont été exposés lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 30 janvier par le Bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ, relevant de la DGST). Son directeur général, Cherkaoui Habboub, a présenté des éléments autour de cette opération de grande envergure.
Les faits remontent au 26 janvier : le BCIJ, grâce à des renseignements précis fournis par les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a réussi à déjouer un complot terroriste majeur . "Ce complot était en phase avancée de préparation pour des attaques terroristes imminentes, incluant l’utilisation de matériaux explosifs", a expliqué Cherkaoui Habboub.
Les membres de la cellule avaient "filmé plusieurs cibles potentielles, esquissé des plans pour accéder à ces cibles et prévu des itinéraires de repli après l'exécution de leurs attaques", ajoute le directeur du BCIJ.
Selon les enquêteurs, les quatre membres de la cellule, dont trois frères, avaient prêté allégeance à Daech et avaient déjà enregistré une déclaration pour revendiquer leurs futures attaques.
Le phénomène de recrutement familial
Ce qui distingue cette cellule, surnommée "la cellule des trois frères", est avant tout son mode de recrutement. "La gravité de cette cellule ne réside pas uniquement dans la préparation des attentats, mais aussi dans l'influence familiale comme vecteur de radicalisation", a affirmé le directeur du BCIJ.
Le chef présumé de la cellule, l'aîné des trois frères, a utilisé son autorité morale pour entraîner les membres de sa propre famille dans ce projet meurtrier.
Cette dynamique de radicalisation familiale met en lumière une évolution inquiétante des schémas traditionnels de recrutement. Là où les cellules terroristes se composaient autrefois de jeunes isolés, dits "loups solitaires", de plus en plus de recrues viennent désormais de foyers entiers.

Agés de 26 à 35 ans, les membres de la cellule étaient tous issus de milieux modestes, avec des niveaux d’éducation relativement faibles, deux d’entre eux étant mariés et pères de famille. Un profil classique pour ce type de dossiers.
"Sur le plan social, deux d'entre eux sont mariés et ont des enfants, tandis que leurs situations professionnelles sont similaires, exerçant des métiers modestes et intermittents, à l'exception d'un membre qui a cessé récemment toute activité rémunérée", décrit le patron du BCIJ.
Une cellule connectée aux réseaux internationaux
En outre, l’enquête a mis en évidence des liens directs avec Daech, notamment à travers les canaux numériques. "Les membres de cette cellule ont entretenu des relations avec un leader de Daech dans la région du Sahel, qui leur envoyait des contenus extrémistes", a précisé Cherkaoui Habboub.
Les enquêteurs ont également révélé que les membres de la cellule envisageaient de rejoindre les camps de Daech après avoir mené à bien leurs funestes plans. Une fois leurs attentats perpétrés, ces présumés extrémistes projetaient de s'enfuir vers la région du Sahel, un bastion de l’organisation terroriste.
"Cela démontre que les organisations terroristes dans cette région cherchent activement à attirer des combattants et leurs familles en leur offrant des conditions d'hébergement et de vie favorables", poursuit le directeur du BCIJ.
Des cibles et des objectifs bien définis
Les attentats projetés par cette cellule visaient des cibles stratégiques telles que des installations de sécurité, des supermarchés, ainsi que des lieux publics fréquentés par des civils et des étrangers.

"Ils avaient même pris des photos de ces lieux pour mieux préparer leurs attaques", a ajouté Cherkaoui Habboub, soulignant la précision avec laquelle ces individus avaient planifié leurs actions terroristes qui étaient imminentes.
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