DeepSeek, le chatbot chinois qui bouscule l'IA mondiale
En un temps record, la start-up chinoise DeepSeek s’est imposée comme un rival sérieux à OpenAI et Google grâce à un modèle d’IA performant et peu coûteux. Son ascension fulgurante, qui a secoué Wall Street et fait chuter les actions de Nvidia, pose de nouvelles questions sur l’avenir du marché de l’intelligence artificielle.
Fondée en 2023 à Hangzhou, la start-up chinoise DeepSeek s'est imposée comme un concurrent redoutable aux géants de l'intelligence artificielle générative tels que ChatGPT (OpenAI) et Gemini (Google). Grâce à son modèle d'IA performant et peu coûteux, elle a récemment pris la tête des téléchargements sur l'App Store, surpassant OpenAI.
DeepSeek a été fondée par Liang Wengfeng, un ingénieur diplômé de l’Université du Zhejiang, qui s'est rapidement passionné pour l’intelligence artificielle. Convaincu de son potentiel, il a d'abord appliqué l'IA à différents domaines avant de lancer DeepSeek. Dès 2021, il a discrètement commencé à acheter des processeurs Nvidia pour un "projet parallèle", qui deviendra son chatbot révolutionnaire.
Ses partenaires le décrivent comme un "geek" doté d'une "capacité d’apprentissage terrifiante" plutôt qu’un chef d’entreprise traditionnel.
Une montée en puissance spectaculaire
DeepSeek a fait sensation en développant le modèle DeepSeek-R1, qui rivalise avec les meilleures IA américaines à une fraction de leur coût. Son dernier modèle, DeepSeek-V3, aurait nécessité moins de 6 millions de dollars en puissance de calcul, une prouesse dans un secteur où les investissements se chiffrent habituellement en milliards. Cette efficacité économique a semé la panique à Wall Street, entraînant une chute des actions de Nvidia et AMD.
L'entreprise Nvidia a vu son cours boursier chuter de 17%, tandis qu'AMD a perdu plus de 6% de sa valeur. Ces baisses s'expliquent par le fait que DeepSeek a réussi à concurrencer OpenAI et Meta en utilisant un nombre limité de puces Nvidia H800, remettant en cause la pertinence des investissements colossaux des entreprises américaines dans l’IA.
Le succès de DeepSeek ne passe pas inaperçu. Des experts de la Silicon Valley saluent la qualité et l’efficacité de ses modèles. Même Sam Altman, CEO d’OpenAI, a reconnu sur X que "DeepSeek-R1 est un modèle impressionnant, particulièrement pour ce qu’il est capable de proposer à ce prix. Nous proposerons évidemment de meilleurs modèles, mais c’est stimulant d’avoir un nouveau concurrent".
La réaction des marchés financiers à l’ascension de DeepSeek met en évidence une problématique clé du secteur de l’IA : le modèle économique des entreprises américaines repose sur des investissements massifs dans des infrastructures coûteuses. Or, DeepSeek démontre qu’il est possible d’atteindre un niveau de performance similaire, avec une approche beaucoup plus économique.
Cette situation remet en question la dépendance des acteurs occidentaux aux puces Nvidia, alors même que les restrictions américaines visaient à limiter la montée en puissance de la Chine en IA. DeepSeek a suscité l’intérêt pour sa capacité apparente à contourner les restrictions américaines sur l’exportation de puces avancées vers la Chine.
En quelques mois, DeepSeek est passé d’un projet confidentiel à un acteur clé du paysage mondial de l’intelligence artificielle. En combinant innovation technologique et rentabilité, la start-up chinoise bouleverse un marché dominé par les États-Unis et redéfinit les règles du jeu dans la course à l’IA.
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