CAN 2025. Sur le papier, le Maroc hérite d’un groupe a priori abordable
En phase de groupes de la Coupe d’Afrique des nations 2025, les Lions de l’Atlas affronteront les Comores, le Mali et enfin la Zambie dans la poule A. Un groupe à première vue abordable, même si la prudence reste de mise face à trois nations qui ont terminé en tête de leurs groupes lors des éliminatoires.
Le groupe A de la Coupe d’Afrique des nations 2025 sera à la portée du pays hôte, le Maroc. Mais il proposera tout de même une adversité intéressante à Rabat, avec les Comores pour le match d’ouverture (dimanche 21 décembre), le Mali (vendredi 26 décembre) et la Zambie (lundi 29 décembre).
Le concurrent le plus difficile, le Mali, est sorti au tirage au sort des mains de l’international ivoirien Serge Aurier, invité par la Confédération africaine de football (CAF) pour participer au tirage au sort, qui s’est tenu au Théâtre Mohammed V à Rabat, lundi 27 janvier. S’ils ont l’habitude de se croiser dans les compétitions de jeunes, la dernière confrontation entre les deux sélections A date du 5 septembre 2017, pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 2018 (0-0).
Quelques jours plus tôt, le Maroc avait étrillé les Aigles (6-0) lors du match aller. Un score qui n’est pas sans rappeler la mémorable demi-finale de la CAN 2004 qui s’est soldée par un succès éclatant du Onze national (4-0). Bref, le Mali est un adversaire qui réussit historiquement au Maroc, mais que ce dernier n’a pas affronté depuis huit ans.
En revanche, la Zambie et les Comores sont des équipes bien connues de l’EN qui a croisé leur route à plusieurs reprises lors des cinq dernières années. "On s’attendait de toute façon à un groupe difficile. Nous devons respecter nos prochains adversaires. Mais on croit en nos chances à domicile avec le soutien de notre public. Il nous reste près d’un an pour nous préparer avec l’ambition de décrocher le titre”, a réagi Walid Regragui sur Arryadia.
On s’attendait de toute façon à un groupe difficile. Nous devons respecter nos prochains adversaires
Dans les couloirs du Théâtre Mohammed V à Rabat, le Onze national faisait, sans surprise, partie des équipes à éviter en priorité. “Il faut accepter ce tirage. Le Maroc est la meilleure équipe d’Afrique qui va jouer à domicile dans un stade plein à craquer. On essaiera de se présenter dans les meilleures conditions”, assure Stefano Cusin, le sélectionneur des Comores.
Le Maroc devra au moins en faire autant. Car si les hommes de Walid Regragui ont échappé au groupe de la mort, qui est à première vue celui du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Gabon et du Mozambique, ils ont tout de même hérité de trois des sept nations qui ont fini en tête de leurs groupes à la fin des éliminatoires.
Le Mali a dominé sa poule en terminant premier avec 14 points (4 victoires et 2 nuls). Les Aigles ont ainsi pris 3 longueurs d’avance sur le Mozambique, deuxième qualifié. Quart-de-finalistes de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire il y a un an, éliminés par le pays hôte et futur vainqueur de la compétition, les Maliens sont passés d’Éric Chelle, qui a rebondi sur le banc du Nigéria, à Tom Saintfiet.
L’ex-sélectionneur de la Gambie et plus récemment des Philippines, a un CV long comme le bras, mais peu de résultats. Il a tout de même réussi sa première mission pour son retour sur le continent africain : se qualifier pour la CAN 2025. Hamara Traoré (Real Sociedad) et ses coéquipiers ont fait preuve d’une grande efficacité offensive avec 10 buts inscrits, tout en étant solides en défense, n’encaissant qu’un seul but.
Le manager belge densifie son milieu de terrain en optant le plus souvent pour une combinaison en 4-2-3-1. Au milieu de terrain, il peut compter sur la puissance de Mohamed Camara (Al-Sadd) et la finesse technique d’Yves Bissouma (Tottenham FC). Mais confronté à une pénurie d’avant-centre de haut niveau, le Mali, qui n’a converti en but que 11,9 % de ses tirs lors des éliminatoires, se heurte à un plafond de verre depuis plusieurs années.
Sans oublier que l’une des plus talentueuses équipes en Afrique pêche aussi par manque d’expérience (25 ans de moyenne d’âge).
De son côté, la Zambie s’est extirpée d’un groupe G particulièrement compétitif, devançant d’un point la Côte d’Ivoire, tenante du titre. Les champions d’Afrique 2012 ont remporté quatre de leurs six matchs, terminant en tête du groupe avec un point d’avance sur les Ivoiriens.
L’équipe nationale croisera un adversaire dont elle a eu du mal à se défaire, il y a un an en Côte d’Ivoire, lors du 3ᵉ match de la phase de groupes. Un succès étriqué qui portait la signature de Hakim Ziyech (1-0) face à une équipe qui n’était pas simple à manœuvrer. Elle ne l’est toujours pas.
Le sélectionneur zambien Avram Grant a réussi à créer un collectif mêlant joueurs évoluant sur et hors du continent. L’ancien manager du Chelsea FC sort rarement de son schéma préférentiel en 4-3-3. Une stratégie censée favoriser un jeu de transition rapide vers l’avant, dans lequel s’épanouit le latéral Lubambo Musonda (FC Magdeburg). Le hic, c’est que la défense des Chipolopolos n’est vraiment pas un modèle du genre, perdant un peu plus d’un duel défensif sur deux.
Enfin, les Comores ont validé leur billet pour la phase finale en terminant en tête de leur groupe avec 12 points, devançant la Tunisie. Les Comoriens avaient d’ailleurs battu les Aigles de Carthage (1-0) lors de la 3ᵉ journée des éliminatoires. Une victoire décisive qui a permis aux hommes de Stefano Cusin de conforter leur place de leaders dans un groupe très disputé.
On croit en nos chances à domicile avec le soutien de notre public. Il nous reste près d’un an pour nous préparer avec l’ambition de décrocher le titre
Pour les hommes de Walid Regragui, tout l’enjeu du match d’ouverture sera de ne pas prendre à la légère les Cœlacanthes. Ils avaient certes été battus (2-0) par le Maroc pendant la CAN 2021, mais à l’époque, ils avaient aussi créé la surprise en disposant du Ghana 3-2, terminant ainsi à la troisième place de leur groupe.
Éliminés en huitième par le Cameroun, les Comoriens seront animés par un sentiment de revanche, après avoir manqué la dernière édition de la CAN. En comptant dans ses rangs Warmed Omari (Olympique Lyonnais), Myziane Maolida (Al Khouloud Club) mais aussi l’ailier troyen Rafiki Saïd, Stefano Cusin dispose d’assez bons joueurs pour tenter de créer la surprise.
Pour sa part, le sélectionneur national ne sait que trop bien la difficulté inhérente à une Coupe d’Afrique des nations, qui plus est à domicile. Un évènement où les premiers tours ne sont pas toujours révélateurs de la suite. Car il y a quasiment un an, les Lions de l’Atlas étaient sortis premiers et plutôt avec aisance de leur groupe lors de la CAN 2023, sans passer les huitièmes de finale, défaits par l’Afrique du Sud (2-0).
Une chose est sûre, avec la possibilité de se qualifier parmi les quatre meilleurs troisièmes, le Maroc ne doit pas craindre un faux pas à ce stade de la compétition. En se projetant un peu, si le Onze national termine premier, il jouera contre le 3ᵉ du groupe C, D ou E. Et contre le deuxième du groupe C s’il termine deuxième. Voilà la voie à suivre pour espérer être au rendez-vous de la finale, le 18 janvier à Rabat. Peut-être un jour de fête nationale.
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