Affaire “Escobar du Sahara” : des fonctionnaires communaux à la barre
Dans l'affaire "Escobar du Sahara", des fonctionnaires de la commune d'Oujda sont accusés d'avoir aidé Abdenbi Bioui à spolier des biens immobiliers de son ex-conjointe. Ils ont été interrogés ce jeudi par le juge Ali Torchi.
La chambre criminelle de la cour d'appel de Casablanca poursuit l'interrogatoire des accusés dans l'affaire dite "Escobar du Sahara". Ce jeudi 23 janvier, le juge Ali Torchi n'avait pas encore entamé les questions relatives au trafic international de drogue, principal volet de ce procès ouvert en mai 2024. Le magistrat souhaite d'abord élucider les accusations de spoliation immobilière visant Abdenbi Bioui.
Les faits remontent à 2013. L'ancien président de la région de l'Oriental est accusé de s'être approprié deux biens de son ex-conjointe via des procurations fallacieuses, avec des complicités au sein des services de légalisation de la commune d'Oujda.
Des fonctionnaires de la commune sont ainsi suspectés d'avoir aidé Bioui en légalisant frauduleusement lesdites procurations. Ces documents ont fait l'objet d'une expertise de la police judiciaire qui a confirmé la falsification de signatures attribuées à la victime.
"C'est une faute professionnelle. Il n'y a jamais eu de volonté de falsification". Entendu par le juge, Tayeb T. réfute les accusations de "faux" qui le visent. Au moment des faits, il était responsable du registre où les opérations ont été numérotées et consignées. Mais il résume son rôle à l'enregistrement des données qui lui ont été transmises par des collègues. "Je ne suis pas chargé des vérifications. C'est la fonction de l'agent vérificateur", insiste l'intéressé.
S'il assure qu'une dame s'est présentée personnellement pour enregistrer les procurations, Tayeb T. estime que c'était à l'agent vérificateur de s'assurer préalablement de son identité et de sa signature.
L'agent vérificateur, c'est Soulaimane K., et il a également été interrogé lors de l'audience. Il affirme avoir accueilli l'ex-conjointe de Bioui en personne, tout en vérifiant méticuleusement son identité et les raisons de sa venue.
Comme son collègue, Soulaimane K. nie toute implication dans la falsification des procurations et tout lien avec Abdenbi Bioui qu'il ne connaît pas personnellement, selon ses dires. "Ma probité ne souffre d'aucun doute. Quel intérêt aurais-je à falsifier pour le compte de Bioui ?", clame-t-il devant le juge Ali Torchi.
Dans ce volet de l'affaire, le président tente encore d'élucider une inconnue : les deux procurations ont des traces dans les registres, mais les documents eux-mêmes sont introuvables dans les archives de la commune.
Au moment où nous mettions cet article en ligne, le président avait levé l'audience pour une heure…
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