Tourisme. L'Espagne, un marché prometteur qui génère trop peu de nuitées
À l’occasion de sa participation au salon FITUR qui se tient à Madrid du 22 au 26 janvier, l’ONMT a étudié le marché espagnol, ses performances et ses potentialités. L’analyse des chiffres des arrivées et des nuitées montre que les touristes ibériques ont une durée moyenne de séjour très faible de 0,6 jour, qui limite les retombées économiques. Explications.
"Si le Maroc a accueilli 1,498 million de touristes espagnols en 2024, pour un volume estimé à 900.000 nuitées en se basant sur leurs performances à fin octobre 2024 (1,260 million d’arrivées pour 761.988 nuitées), leur durée moyenne de séjour n’a été que de 0,6 jour (900.000/1.498000) dans les établissements hôteliers touristiques classés (EHTC)", déplorent un dirigeant de la Confédération nationale du tourisme (CNT) présent à Madrid ainsi que le spécialiste des flux touristiques, Zoubir Bouhoute.
"Le seul marché émetteur qui réalise plus d’arrivées que de nuitées"
Bien que le deuxième marché d’arrivées européennes du Maroc soit présenté par l’étude de l’ONMT comme très prometteur, les chiffres montrent que la destination marocaine n’aura capté que 7,8% du total des voyageurs ibériques à l’étranger, et seulement 0,51% de leurs nuitées en 2023.
"C'est en effet le seul marché émetteur qui réalise plus d'arrivées que de nuitées à cause d’une durée moyenne de séjour extrêmement basse", précise Zoubir Bouhoute en rappelant que celle de l’ensemble des touristes étrangers séjournant au Maroc était de 2,3 jours. Il souligne en outre que les 19,2 millions de touristes espagnols ayant voyagé à l’étranger en 2023 y ont séjourné pendant 7,9 jours.
"Un produit encore inadapté et un important manque à gagner"
Une contre-performance qui s’expliquerait par la proximité des deux pays qui encourage les séjours courts, mais aussi par la nécessité d’adapter la destination aux attentes des voyageurs ibériques.
En consultant les activités plébiscitées dans l’étude de l’ONMT (nature, équitation, séjour à la ferme, etc.) et les nouvelles tendances de voyages qui privilégient les expériences immersives et communautaires dans les pays visités, notre interlocuteur estime que les visiteurs issus en majorité des bassins d’Andalousie, de Catalogne et de Madrid, qui restent moins d’une journée au Maroc, ne sont pas satisfaits par les produits proposés.
Une problématique à l’origine d’un important manque à gagner, sachant que les touristes espagnols qui ont voyagé à l’étranger en 2023 ont dépensé en moyenne 120 euros par jour et 988 euros par voyage.
Renforcer la programmation du Maroc et augmenter la durée moyenne de séjour
Qualifiant cette situation de paradoxale, alors que le Maroc constitue la destination africaine préférée des Espagnols et la première à être visitée à l’étranger (hors Europe), un dirigeant de la CNT, présent au salon de Madrid, estime que la participation massive d’une délégation marocaine d’opérateurs au FITUR permettra de lever les freins aux nuitées.

Pour régler le décalage entre arrivées et nuitées, notre source mise sur les ateliers BtoB et BtoC qui permettront de renforcer la programmation du Maroc. Le Royaume reste la 6ᵉ destination préférée des touristes ibériques après la France, le Portugal, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne.
"Toutes les régions marocaines les plus attractives, comme Marrakech, Casablanca, Agadir, Fès ou Tanger, sont représentées à Madrid pour mieux exploiter le potentiel économique du marché espagnol, qui représente une cible stratégique à fort pouvoir d’achat à développer ", conclut le dirigeant en suggérant des produits diversifiés, avec des circuits intégrés et des itinéraires attractifs.
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