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ECONOMIE

Assises des services. Le point avec Hicham Saadli, président de la Fédération du commerce et services

Grand contributeur dans l'économie nationale et représentant plus de 50% du PIB du Maroc, le secteur des services fait face à de nombreux défis dont la principale est sa professionnalisation. Des défis que la Fédération du commerce et services (FCS) de la CGEM place aujourd'hui au cœur de la 1ère édition des Assises des services prévue le 18 décembre. Entretien avec son président, Hicham Saadli.

Assises des services. Le point avec Hicham Saadli, président de la Fédération du commerce et services
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Le 16 décembre 2024 à 14h00 | Modifié 16 décembre 2024 à 19h05

La Fédération du Commerce et Services de la CGEM organise la première édition des Assises des services, le 18 décembre sur le thème "Quelle place des services dans la stratégie de développement économique et social ?".

Cet événement constituera une occasion unique de réunir experts, décideurs politiques et économiques et acteurs clés du secteur pour débattre des enjeux stratégiques et des perspectives de croissance des services au Maroc. Entretien avec Hicham Saadli, président de la Fédération du commerce et services (FCS). 

 

Assises des services. Le point avec Hicham Saadli, président de la Fédération du commerce et services

Médias24. Les premières Assises des services sont prévues le 18 décembre. Pour un focus sur ce secteur, quels sont les services que nous comptons aujourd'hui au Maroc ? Et quel est le poids économique de ce secteur avec une répartition géographique dans le pays ?

Hicham Saadli. Effectivement, la 1ère édition des Assises des services se tiendra le 18 décembre à Casablanca sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui nous honore et qui confirme l’importance des services en tant que secteur vital et grand contributeur dans l’économie nationale. Un secteur qui mérite de bénéficier de stratégies dédiées à l’instar des autres secteurs productifs.

Selon les chiffres dont nous disposons, le secteur des services représente plus de 50% du PIB national. Les services au Maroc, comme c'est défini par le HCP, sont larges, diversifiés et englobent des secteurs comme le commerce, le transport et la logistique, le tourisme, les services financiers, les activités professionnelles et techniques, les services aux entreprises …. Et une dernière catégorie définie comme services administratifs et autres divers services.

Dans le monde rural, les métiers de service ne sont pas catégorisés,

Les services dont il est question lors des Assises du 18 décembre, et qui intéressent la population d’entreprises se trouvent un peu partout dans les différentes classes définies par le HCP. Ces entreprises de services sont majoritairement de petite et moyenne tailles, et qui viennent en support aux autres secteurs productifs tout au long de leur quotidien et leur développement.

Ces assises ont ainsi pour objectif de faire ressortir ces différents métiers de services qui gravitent autour des secteurs productifs, pour voir quelles sont les contraintes auxquels ils font face mais aussi les opportunités qui se présentent afin de les encadrer, de les structurer et d’en faire un levier de développement et de création d’emplois.

Pour ce qui est de la distribution géographique, elle concerne plutôt le milieu urbain. Dans le monde rural, les métiers de services ne sont pas catégorisés, voire parfois non reconnus comme métier à part entière et donc non recensés.

- Le secteur connaît de nombreux défis, notamment en termes de développement. Nous citons les conditions restrictives d’accès aux marchés publics et des réglementations dans le secteur privé, ou encore les besoins technologiques croissants auxquels les entreprises du secteur des services doivent répondre afin de satisfaire les exigences de compétitivité. Quelle est la nature de ces défis ? Comment les surmonter ?

Nous travaillons depuis longtemps à la Fédération du commerce et services comme à la CGEM d’une manière plus large, sur ces contraintes qui entravent la croissance et parfois la survie des petites et moyennes entreprises, notamment dans le secteur des services. Vous en avez cité un exemple qui est celui de l’accès aux marchés publics. Il s’agit effectivement d’une difficulté bien identifiée et sur laquelle nous allons travailler au sein de l’Observatoire marocain de la commande publique.

Nous avons besoin de professionnaliser et de structurer les métiers des services

Mais ce n’est pas le seul défi des entreprises du secteur des services. Nous avons besoin de professionnaliser et de structurer les métiers des services afin qu’ils aident les secteurs productifs à préserver toute la valeur ajoutée créée dans le cadre des stratégies sectorielles mises en place.

C’est là une opportunité de création d’emplois pour une population qui opère aujourd’hui d’une manière informelle et non professionnelle. Je pense à ce jardinier ou à cet agent d’hygiène et de sécurité, ou encore, plus spécifiquement, à ces diplômés qui ne trouvent pas de débouchés sur le marché de l’emploi par manque de demande dans leur discipline de formation et qui ont besoin peut être d’une autre qualification pour migrer vers des métiers de services plus demandés localement ou à l’international.

Pour toutes ces raisons, nous avons jugé opportun de lancer la première édition des Assises des services en ce moment car l’économie marocaine en a plus que jamais besoin pour accompagner tous les chantiers de transformation et de développement en cours dans notre pays. D’abord pour relever le niveau de qualification et d’exécution des métiers des services existants, mais aussi pour préparer le cadre adéquat pour tous les nouveaux métiers de services qui verront le jour avec les évolutions technologiques et les enjeux à l'horizon 2030 et au-delà.

- Les Assises sont généralement organisées pour émettre des recommandations. Est-ce dans ce cadre que s'inscrit la première édition des Assises des services ?

C’est une première édition et par conséquent nous n’allons pas débattre de problématiques spécifiques liées aux métiers des services.

Concrétisation d’accords sur les axes de travail dans les semaines et mois à venir

 

Cependant, nous nous sommes fixés comme objectifs pour cette première édition de nous doter de structures cohérentes pour piloter ce vaste chantier. Nous avons aussi entamé, lors de la préparation de ces assises, des discussions avec les différents ministères concernés pour la concrétisation d’accords sur les axes de travail dans les semaines et mois à venir afin de sortir avec des plans d’action concrets pour dérouler la feuille de route tracée.

Je tiens à souligner la qualité de l’écoute et de la collaboration des ministères consultés que je remercie vivement pour leur soutien... Nous partageons la même vision pour ce secteur et travaillerons ensemble pour en faire un puissant levier de développement.

- Quelles stratégies mettre en place pour soutenir davantage les TPME du secteur des services au Maroc afin d’accroître leur compétitivité et de favoriser la création d’emplois ?

Nous avons besoin dans un premier temps de recenser les métiers dont on parle quand on évoque les services. Certains secteurs de services ont déjà trouvé leur chemin à travers des stratégies de développement qui sont en cours d’élaboration ou de mise en œuvre. Je peux citer par exemple le secteur du tourisme, ou les métiers de l’offshoring, ou encore le transport.

A travers ces assises, nous ciblons tous les autres métiers qui n’ont pas bénéficié de stratégies spécifiques et que nous considérons comme nécessaires, voire vitales pour notre économie afin qu’elle relève les défis futurs.

D’emblée, on peut identifier des besoins de formation, de reconversion, de digitalisation …. Et surtout de support financier pour ce tissu d’entreprises de petite et moyenne tailles.

Notre démarche se veut participative et inclusive dans le sens où nous comptons réunir toutes les forces vives du secteur des services représentées au sein de la CGEM, qu’elles soient un secteur déjà structuré ou en besoin de stratégie spécifique, ce qui nous permettra de créer de nouvelles synergies et de bénéficier et mutualiser les expériences des différents métiers des services représentés par des fédérations sectorielles de la CGEM.

C’est l’objet du travail que nous allons entreprendre juste après les Assises, une fois le cadre structurel défini et les axes de la feuille de route tracés.

- Quelles stratégies globales à adopter pour renforcer l’intégration des services aux secteurs productifs et ainsi stimuler la croissance économique ?

Les métiers des services sont déjà intégrés dans les secteurs productifs qui en ont besoin.

Ce que nous sommes en train de viser, c’est comment professionnaliser d’abord ces métiers, pour ensuite les rendre performants pour soutenir la valeur ajoutée créée par les secteurs productifs dans le cadre de leur développement.

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Le 16 décembre 2024 à 14h00

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