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ECONOMIE

Le premier train made in Morocco “sortira des chaînes avant 2030” (Cluster Morocco Train Industry)

En marge de la 3e édition du Sommet de l’industrie du rail, le directeur général adjoint de l’ONCF et président du cluster Morocco Train Industry dont la vocation est de créer un écosystème ferroviaire, a évoqué les prochaines étapes avant la production de trains destinés à l’ONCF, puis à l’export. Selon Mohamed Smouni, il faudra attendre 2030 pour commencer à fournir le marché local et 2035 pour devenir à terme un exportateur de rang mondial.

Le premier train made in Morocco “sortira des chaînes avant 2030” (Cluster Morocco Train Industry)
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Le 10 décembre 2024 à 18h29 | Modifié 11 décembre 2024 à 9h57

Consacrée à l’industrie ferroviaire, la 3e édition du "Rail Industry Summit", qui se tient du 10 au 11 décembre à l’Office des foires et des expositions de Casablanca (OFEC), a réuni pas moins de 600 participants, dont 200 entreprises issues de 15 pays. Ce rendez-vous sectoriel annuel se veut en effet la cheville ouvrière du projet de création d'un écosystème ferroviaire qui sera chargé, dans un premier temps, de fournir des trains à l’ONCF avant de les exporter.

"La première étape de l’écosystème ferroviaire sera de se substituer aux importations"

Lors d'un entretien en aparté avec Médias24, Mohamed Smouni, président du cluster Morocco Train Industry (MIT) et directeur général adjoint (DGA) de l’ONCF, a confirmé que l’ambition du Maroc de construire des trains au lieu de les importer et devenir un exportateur de rang mondial était plus que jamais d’actualité.

Et de préciser que le momentum actuel était idéal pour le lancement d'un écosystème ferroviaire au Maroc en vue de fabriquer des trains pour le marché local à l'image de ce qui a été accompli dans l'automobile.

Ainsi, la cible de départ est non seulement de satisfaire tous les besoins en matériels roulants de l'ONCF, qui doit renouveler son parc ferroviaire pour faire face au trafic croissant, mais aussi ceux des différents plans de développement régionaux (PDR) qui prévoient d’équiper en tramways plusieurs grandes villes du Royaume.

Le nom du ou des constructeurs sélectionnés sera dévoilé dans les prochaines semaines ou en début d'année 

Pour cela, l’ONCF a lancé un grand appel d’offres international destiné à sélectionner un ou plusieurs constructeurs de trains dont l'usine de production localisée au Maroc devra avoir un taux d’intégration démarrant à 30% et qui dépassera à terme les 70%.

Sachant que l’étude des candidats à l'appel d'offres vient de s'achever, le DGA de l'ONCF nous révèle que le nom du ou des gagnants sera dévoilé dans un délai compris entre fin décembre et fin février 2025 au plus tard.

Pour ce qui est de la localisation de l’usine – à Kénitra, Tanger, Fès ou Casablanca –, le choix devra être tranché avec le ou les constructeurs sélectionnés.

"Le premier train made in Morocco sortira des chaînes avant 2030"

Devant notre insistance pour connaître la date de mise en service de l’usine de production, Mohamed Smouni avance que si les premiers trains seront au début entièrement fabriqués à l’étranger, il faudra attendre 3 à 4 années avant le montage total sur place de trains made in Morocco.

Le premier train marocain destiné au parc de l'ONCF, sera un train automoteur sans locomotive car réversible avec 4 à 6 voitures qui devrait sortir des chaînes locales de montage au courant de l'année 2029.

"L'écosystème prévoit également de produire des TGV"

"L'usine en question commencera par produire des trains express régionaux (TER), puis des trains métropolitains de proximité avant de passer quelques années plus tard au montage des TGV qui requièrent plus de temps d'adaptation des ressources humaines au regard de l’expertise nécessaire à leur technologie très avancée", explique Mohamed Smouni en précisant que l’écosystème prévoit de construire tous les types de matériels roulants.

À ceux qui seraient tentés de qualifier d’utopique la volonté du Maroc de fabriquer des TGV, le DGA tient à rappeler les violentes critiques soulevées par le projet de ligne à grande vitesse (LGV) qui s’est avéré être au final une réussite commerciale, alors qu’il était qualifié à l’époque d'éléphant blanc par ses détracteurs.

Tout en affirmant que l’écosystème sera modeste au départ, destiné à l’équipement de l’ONCF, Smouni affirme que le Maroc a toutes les chances de jouer à terme "dans la cour des grands" grâce à sa compétitivité sur les volets maintenance et exploitation,  démontrée en 2018, après l'inauguration de la LGV la moins chère au monde.

Un optimisme qui s’expliquerait aussi par l’actualité des changements climatiques et la nécessaire décarbonation qui en découle et entraîne d’ores et déjà une très forte demande mondiale du ferroviaire moins polluant que le secteur routier ou aérien.

"Tout porte à croire en effet que le transport par rail des passagers et des marchandises va être amené à jouer, dans les années à venir, un rôle crucial", estime le président du cluster Morocco Train Industry (MTI) en se basant l'explosion actuelle de la demande.

Et de conclure que l’expérience accumulée par le Maroc lors des 20 dernières années pour créer les performants écosystèmes automobile et aéronautique permettra de raccourcir les délais pour devenir d’ici 2035 un grand exportateur de matériels roulants, capable de faire sa place parmi la dizaine de grands fournisseurs ferroviaires de la planète…

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Le 10 décembre 2024 à 18h29

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