Le premier train made in Morocco “sortira des chaînes avant 2030” (Cluster Morocco Train Industry)
En marge de la 3e édition du Sommet de l’industrie du rail, le directeur général adjoint de l’ONCF et président du cluster Morocco Train Industry dont la vocation est de créer un écosystème ferroviaire, a évoqué les prochaines étapes avant la production de trains destinés à l’ONCF, puis à l’export. Selon Mohamed Smouni, il faudra attendre 2030 pour commencer à fournir le marché local et 2035 pour devenir à terme un exportateur de rang mondial.
Consacrée à l’industrie ferroviaire, la 3e édition du "Rail Industry Summit", qui se tient du 10 au 11 décembre à l’Office des foires et des expositions de Casablanca (OFEC), a réuni pas moins de 600 participants, dont 200 entreprises issues de 15 pays. Ce rendez-vous sectoriel annuel se veut en effet la cheville ouvrière du projet de création d'un écosystème ferroviaire qui sera chargé, dans un premier temps, de fournir des trains à l’ONCF avant de les exporter.
"La première étape de l’écosystème ferroviaire sera de se substituer aux importations"
Lors d'un entretien en aparté avec Médias24, Mohamed Smouni, président du cluster Morocco Train Industry (MIT) et directeur général adjoint (DGA) de l’ONCF, a confirmé que l’ambition du Maroc de construire des trains au lieu de les importer et devenir un exportateur de rang mondial était plus que jamais d’actualité.
Et de préciser que le momentum actuel était idéal pour le lancement d'un écosystème ferroviaire au Maroc en vue de fabriquer des trains pour le marché local à l'image de ce qui a été accompli dans l'automobile.
Ainsi, la cible de départ est non seulement de satisfaire tous les besoins en matériels roulants de l'ONCF, qui doit renouveler son parc ferroviaire pour faire face au trafic croissant, mais aussi ceux des différents plans de développement régionaux (PDR) qui prévoient d’équiper en tramways plusieurs grandes villes du Royaume.
Le nom du ou des constructeurs sélectionnés sera dévoilé dans les prochaines semaines ou en début d'année
Pour cela, l’ONCF a lancé un grand appel d’offres international destiné à sélectionner un ou plusieurs constructeurs de trains dont l'usine de production localisée au Maroc devra avoir un taux d’intégration démarrant à 30% et qui dépassera à terme les 70%.
Sachant que l’étude des candidats à l'appel d'offres vient de s'achever, le DGA de l'ONCF nous révèle que le nom du ou des gagnants sera dévoilé dans un délai compris entre fin décembre et fin février 2025 au plus tard.
Pour ce qui est de la localisation de l’usine – à Kénitra, Tanger, Fès ou Casablanca –, le choix devra être tranché avec le ou les constructeurs sélectionnés.
"Le premier train made in Morocco sortira des chaînes avant 2030"
Devant notre insistance pour connaître la date de mise en service de l’usine de production, Mohamed Smouni avance que si les premiers trains seront au début entièrement fabriqués à l’étranger, il faudra attendre 3 à 4 années avant le montage total sur place de trains made in Morocco.
Le premier train marocain destiné au parc de l'ONCF, sera un train automoteur sans locomotive car réversible avec 4 à 6 voitures qui devrait sortir des chaînes locales de montage au courant de l'année 2029.
"L'écosystème prévoit également de produire des TGV"
"L'usine en question commencera par produire des trains express régionaux (TER), puis des trains métropolitains de proximité avant de passer quelques années plus tard au montage des TGV qui requièrent plus de temps d'adaptation des ressources humaines au regard de l’expertise nécessaire à leur technologie très avancée", explique Mohamed Smouni en précisant que l’écosystème prévoit de construire tous les types de matériels roulants.
À ceux qui seraient tentés de qualifier d’utopique la volonté du Maroc de fabriquer des TGV, le DGA tient à rappeler les violentes critiques soulevées par le projet de ligne à grande vitesse (LGV) qui s’est avéré être au final une réussite commerciale, alors qu’il était qualifié à l’époque d'éléphant blanc par ses détracteurs.
Tout en affirmant que l’écosystème sera modeste au départ, destiné à l’équipement de l’ONCF, Smouni affirme que le Maroc a toutes les chances de jouer à terme "dans la cour des grands" grâce à sa compétitivité sur les volets maintenance et exploitation, démontrée en 2018, après l'inauguration de la LGV la moins chère au monde.
Un optimisme qui s’expliquerait aussi par l’actualité des changements climatiques et la nécessaire décarbonation qui en découle et entraîne d’ores et déjà une très forte demande mondiale du ferroviaire moins polluant que le secteur routier ou aérien.
"Tout porte à croire en effet que le transport par rail des passagers et des marchandises va être amené à jouer, dans les années à venir, un rôle crucial", estime le président du cluster Morocco Train Industry (MTI) en se basant l'explosion actuelle de la demande.
Et de conclure que l’expérience accumulée par le Maroc lors des 20 dernières années pour créer les performants écosystèmes automobile et aéronautique permettra de raccourcir les délais pour devenir d’ici 2035 un grand exportateur de matériels roulants, capable de faire sa place parmi la dizaine de grands fournisseurs ferroviaires de la planète…
à lire aussi
Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.
Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.
Article : Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?
Sanctions confirmées en appel pour les supporters sénégalais : recours possibles, libérations, grâce ou transfèrement, quelles suites ?
Article : OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette
Le groupe OCP se tourne vers les marchés internationaux des capitaux avec une émission structurée en hybride. En recourant à un instrument à mi-chemin entre dette et quasi-fonds propres, le groupe cherche à mobiliser des ressources sans dégrader son profil d’endettement, ni accentuer la pression sur la signature souveraine. Décryptage.
Article : Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.
Article : Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas
Le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a reçu, le mardi 14 avril 2026 au palais royal de Rabat, Mohamed Yessef, décoré du Wissam Al Arch (Grand Officier), avant de nommer El Yazid Er-Radi au poste de secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas.