Minerais stratégiques : ouverture de la 1re édition du Congrès international des mines du Maroc
Inaugurée par la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, la première édition du Congrès international des mines du Maroc a débuté mardi 3 décembre à Marrakech. Cet événement a réuni d'importantes délégations de plusieurs pays africains, en présence du ministre de l’Énergie et des mines du Niger, en plus des principaux acteurs du secteur minier opérant au Maroc.
Autour du thème "Le Maroc en tant que plaque tournante globale pour une industrie minière durable au service de la transition énergétique", la première édition du Congrès international des mines du Maroc (IMC Morocco 2024), organisé par la Fédération d’industrie minérale du Maroc (FDIM), s’est ouverte le mardi 3 décembre 2024.
Pendant trois jours, les principaux acteurs miniers opérant au Maroc seront réunis à Marrakech pour penser les défis et les opportunités du secteur et à l'importance d'une résilience pour promouvoir la souveraineté industrielle et la transition énergétique du pays.
Mohammed Cherrat, président de la FDIM, a souligné, en ouverture de ce congrès, trois axes prioritaires au programme de ce conclave :
- Mettre en lumière le rôle central de l'industrie minière au Maroc et dans la région et plus particulièrement l’importance des ressources naturelles qui peuvent accompagner le développement industriel dans le cadre de la transition énergétique;
- Confirmer la place du Maroc comme un big player stratégique et compétitif pour les investisseurs, qu'ils soient locaux ou étrangers;
- Favoriser les synergies entre les investisseurs déjà présents dans le domaine minier, les opérateurs locaux et les porteurs de projets.
Leila Benali : "Le Maroc, corridor unique OTC entre l’Afrique et l’Europe"
Lors de son allocution, Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable, a rappelé l’importance stratégique du secteur minier pour la réussite de la transition énergétique et a appelé les différents acteurs à collaborer et innover pour relever les défis sociaux, de gouvernance et environnementaux du secteur.
"La gouvernance du secteur est essentielle si nous voulons arriver encore une fois à extraire, exploiter, transporter, exporter et monétiser les ressources du sous-sol de manière durable. Il faut absolument mettre en place les bonnes pratiques malgré les divergences d’intérêts", a déclaré la ministre de la Transition énergétique.
Pour assurer la durabilité du secteur, la ministre insiste sur la nécessité d’une transparence totale concernant les permis et les licences, un contrôle strict des activités et des sanctions appliquées de manière systématique en cas de non-respect de la réglementation. L’État doit sanctionner quand il le faut, insiste Mme Benali.
La ministre de la Transition énergétique a également souligné la nécessité de quintupler les investissements dans les réseaux électriques au Maroc. Elle a rappelé que les pays à revenu intermédiaire, comme le Maroc, sont contraints d'accroître leur consommation de ressources naturelles pour soutenir leur croissance économique et sociale, même en dehors du contexte de la transition énergétique.
Le Maroc, présenté comme "hub minier", dispose selon la ministre de la Transition Energétique non seulement des ressources mais également d'une position géographique stratégique, des atouts réglementaires, des atouts institutionnels, essentiels pour une durabilité prise au sérieux qui permet la production d’électrons, de molécules, de minerais, de métaux, de produits compétitifs bas carbone ou zéro carbone.
"Aujourd’hui, tous les produits, électrons, molécules, minerais et métaux qui sont produits au Maroc, originés au pays, qui transitent par le Royaume ou qui y sont certifiés sont complètement verts et durables. C'est dans ce contexte que j'ai introduit, en début de mon allocution, la notion de premium. Nous espérons qu’il y aura un modèle économique qui va surgir pour récompenser cette durabilité. On ne peut pas uniquement sanctionner, il faut aussi donner des incitations", a expliqué Leila Benali.
Avec l’Afrique qui abrite plus de 20% des ressources en minerais et métaux stratégiques à la transition énergétique, la ministre de la MTED a souligné l'importance de travailler pour positionner rapidement le Maroc comme un corridor unique OTC (Origine, Transit, Certification) entre l'Afrique, l'Europe, le bassin Atlantique et le monde entier. Une ambition qui sera portée par une coopération renforcée avec nos partenaires africains.
La ministre de la Transition énergétique a rappelé qu'une révision majeure de la loi 33.13 est en cours. Les nouvelles dispositions législatives devraient être présentées au Parlement d'ici quelques mois.
Vers un écosystème de batteries électriques intégré et compétitif
Disposant d'importantes réserves de phosphates et de cobalt, le Maroc est bien positionné pour devenir un acteur majeur dans la fabrication des batteries électriques. Il est l'un des trois pays africains à posséder plus de deux des éléments clés pour cette industrie. Cependant, jusqu'en 2024, la cartographie minière marocaine présentait des lacunes en matière de lithium, de terres rares et de graphite, éléments essentiels pour la transition énergétique.
Pour Jay Yang, président de COBCO, filiale gigafactory du chinois CNGR et Al Mada, le Maroc est un pays d'une importance stratégique majeure, tant du point de vue de la demande que des aspects géographiques et géopolitiques. Alors que le monde évolue vers une régionalisation de plus en plus marquée, le Maroc joue actuellement un rôle important dans la chaîne d'approvisionnement du phosphate. Compte tenu de la longueur actuelle des chaînes d'approvisionnement pour les véhicules électriques (environ 800 kilomètres), le Maroc pourrait devenir un acteur clé dans la production de batteries.
Durant les dernières années, une nouvelle dynamique de prospection des minerais critiques a mis en évidence pour la première fois le lithium au Maroc ainsi que d’autres projets de métaux critiques. Récemment, Lithium Africa a annoncé le lancement imminent de ses travaux d'exploration pour identifier de nouvelles ressources en ce précieux minerai.
Lors de cet événement, Mustapha Chaib, directeur du Pôle Exploration, a souligné que l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) a essayé de minimiser les risques associés aux projets que promeut l'office. S'agissant du site de Bir El Mami, il a précisé que le spodumène, un minerai de lithium, a été découvert et qu'il ne s'agit donc pas d'une exploration du lithium en sous-produit. Par ailleurs, l'ONHYM mène actuellement des travaux de reconnaissance de terres rares en partenariat avec Managem et a également établi un cadre de collaboration avancé avec l'OCP.
Pour sa part, Naoual Zine, directrice de Reminex, filiale R&D de Managem, s’est exprimée sur l’importance d’une infrastructure partagée et optimisée en faveur de l’industrie qui permettra d’assurer une maîtrise complète des projets, de la R&D à la réalisation, et ce pour maximiser les économies d'échelle, réduire la consommation énergétique et l'empreinte carbone. Lors de son intervention, elle a annoncé que le projet de mine de cuivre de Tizert, actuellement en cours de développement, devrait être achevé d'ici juin 2025 pour un investissement total de 440 millions de dollars.
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