Can 2025. Le Maroc l’emporte au Gabon (5-1), malgré des lacunes en transition
L’équipe nationale a surclassé le Gabon (5-1) à Franceville, vendredi 15 novembre, lors de la 5ᵉ journée des éliminatoires de la CAN 2025. Si Brahim Diaz a signé un doublé, avant que Youssef En-Nesyri et Ismael Saibari n’alourdissent le score, c’est le but égalisateur de Jamal Harkass qui a réveillé un collectif fébrile en phase de transition.
L’explosion de joie du sélectionneur national Walid Regragui, accompagné de l’ensemble de son banc, sur le magnifique but inscrit par Ismael Saibari dans les arrêts de jeu face au Gabon contraste avec l’inquiétude qui se lisait sur son visage lors du premier quart d’heure de la rencontre.
عــالــمــي يا صـيـبـاري🤯🤯🤯
A world-class 𝐆𝐎𝐀𝐀𝐋𝐋 from Ismail Saibari#DimaMaghrib 🇲🇦 | #AFCONQ2025 pic.twitter.com/GSZu2tw490
— Équipe du Maroc (@EnMaroc) November 15, 2024
Car avant de battre largement les Panthères à Franceville (5-1), le vendredi 15 novembre, lors de la 5e journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2025, les Lions de l’Atlas ont rapidement été menés sur un modèle de contre, conclu par Denis Bouanga (4’).
Le ballon enroulé de l’ailier du Los Angeles FC n’a laissé aucune chance à Yassine Bounou, qui s’était pourtant étendu de tout son long (17’). Une ouverture du score logique au vu de l’entame fébrile des Marocains. La soirée commençait mal pour les hommes de Walid Regragui.
Mais heureusement, au quart d’heure de jeu, Jamal Harkass s’est élevé au-dessus de la défense gabonaise, pour placer une tête à la réception d’un coup franc parfaitement botté par Achraf Hakimi. Une égalisation qui a coupé l’herbe sous les pieds des Panthères. Elle a également eu le mérite de réveiller les Lions de l’Atlas.
Quelques minutes plus tard, Brahim Diaz signa un doublé en trois minutes. Tel un renard des surfaces, il a été le plus prompt pour reprendre deux ballons au second poteau à la suite deux corners (20’ et 23’). A ce moment du match, l’équipe nationale affichait une meilleure maîtrise de la rencontre.
Même si juste avant le retour des vestiaires, les Gabonais ont mis à contribution par deux fois Yassine Bounou. D’abord par l’intermédiaire de Guelor Kanga sur une frappe des 30m (43’). Puis sur un tir puissant de Pierre Emerick Aubameyang (45’+3). Aux antipodes de la première mi-temps qui fut plaisante et intense, le second acte fut beaucoup moins passionnant.
L’intervention des entraîneurs dans les vestiaires a clairement mis un frein aux velléités offensives des joueurs, tant il y avait des boulevards en défense, de part et d’autre lors des 45 premières minutes. Les deux équipes ont resserré les lignes et sont parues mieux équilibrées qu’en début de match. Il a fallu attendre l’entrée de Ismail Saibari pour que Youssef En-Neysiri inscrive le 4e but du match, son deuxième de la compétition, sur un centre à ras de terre. Mais le meilleur était encore à venir.
Le premier but avec les A du milieu offensif du PSV Eindhoven restera gravé dans les mémoires. Positionné au niveau du poteau de corner, il s’est débarrassé de son adversaire d’un sublime dribble plein de dextérité, avant de s’enfoncer dans la surface de réparation et de mystifier d’un tir puissant Loyce Mbaba.

Un repli défensif qui laisse à désirer
Le score au tableau d’affichage ne doit pas occulter les dix premières minutes qui ont confirmé les lacunes que traîne l’équipe nationale depuis la dernière CAN : pertes de balles dangereuses, pressing désordonné et repli défensif insuffisant des attaquants. Les conditions météorologiques n’ont joué aucun rôle dans les difficultés rencontrées par les hommes de Walid Regragui, car elles étaient idéales dans le Sud-est du Gabon. C’est plutôt le manque d’effort à la perte du ballon qui a causé des tourments aux Lions de l’Atlas.
Pourtant, les intentions de départ étaient louables. Aligné dans un système en 4-3-3 (4-1-4-1 en phase défensive) qui se déformait au gré des mouvements et permutations des attaquants, le Onze national a d’emblée décidé de prendre à la gorge son adversaire, en le pressant très haut. Une stratégie qui n’a pas porté ses fruits.

Car avant l’égalisation que Jamal Harkass, l’EN a encore une fois laissé trop d'espace entre ses lignes aux attaquants Gabonais et a perdu des ballons très dangereux dans sa propre moitié de terrain. Partis, pieds au plancher, les Gabonais ont rapidement mis en danger la défense marocaine, suite à une mésentente entre Achraf Hakimi et Jamal Harkass qui aboutit à un tir de Denis Bouanga au-dessus des cages de Yassine Bounou (3’).
Mais au-delà des approximations techniques, c’est le manque de compacité du bloc équipe qui interroge. Au même titre que le repli en dilettante des joueurs offensifs. En atteste le but encaissé par Yassine Bounou. Au départ de l’action, il y avait six Marocains dans le camp adverse.
L’objectif était de récupérer rapidement le ballon assez haut pour exploiter la désorganisation de la défense adverse. Or, le pressing a été inopérant. Pis, Abdessamad Ezzalzouli et Brahim Diaz ont accusé dès le début de l’action un retard qu’ils n’ont jamais réussi à combler.

Aspiré par l’appel de Jim Allevinah, Noussair Mazraoui a laissé un grand espace dans son dos. Une opportunité que n’a pas manqué d’exploiter Anthony Oyono qui a échappé à la vigilance de Abdessamad Ezzalzouli. Mais si l’arrière droit du Gabon a eu le temps de servir Guelor Kanga dans l’axe, c’est aussi en raison d’un marquage approximatif de Brahim Diaz.
Le Madrilène n’est pas revenu à temps pour empêcher le milieu de terrain gabonais de basculer le jeu vers la gauche, où Denis Bouanga a décoché un tir imparable, qui a failli être contré par Brahim Diaz, si ce dernier y avait mis un peu plus de conviction. En somme, c’est une équipe en confiance qui s’est imposée face au Gabon avec des certitudes, mais aussi de petites failles qu’il faudra gommer au plus vite. Car désormais, les prochains adversaires des Lions de l’Atlas n'hésiteront pas à en tirer avantage.
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