Voici l'essentiel du point de presse de Nasser Bourita et de son homologue français Jean-Noël Barrot
Actualisation de la carte du Maroc, renforcement de la présence consulaire et culturelle de la France au Sahara marocain, engagement stratégique... Le point de presse qui a suivi les échanges entre les deux chefs de la diplomatie, marocain et français, a été l'occasion de réaffirmer une refondation significative du partenariat entre le Maroc et la France.
Lors d’un point de presse à l’issue de ses échanges avec son homologue marocain Nasser Bourita, le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné "l’engagement de la France dans une nouvelle phase de partenariat stratégique avec le Maroc".
À l'occasion de la visite d’Etat qu’effectue actuellement le président de la République française dans le Royaume, le Roi Mohammed VI et Emmanuel Macron ont posé les fondements d'une "véritable refondation du partenariat stratégique" entre les deux pays, a affirmé le ministre français.
Trois objectifs
"C'est là l'ambition de la Déclaration qu'ont signée les deux chefs d'État lundi soir, celle de construire et décliner dans tous les domaines un partenariat d'exception renforcé, avec trois grands objectifs", a dit Jean-Noël Barrot.
Ces trois objectifs sont :
- la convergence politique face aux grands défis contemporains ;
- l'approfondissement du partenariat économique, notamment dans les secteurs stratégiques ;
- le renforcement des coopérations en matière de liens humains, de capital humain et de culture.
La relation entre le Maroc et la France "est ancrée dans une mémoire partagée et un héritage commun", dans les liens humains avec quelque 700.000 Marocains vivant en France et près de 80.000 Français au Maroc, ainsi que dans les liens économiques, la France étant le premier investisseur dans le Royaume, avec plus de 1.000 filiales de ses entreprises qui contribuent à près de 150.000 emplois, et le Maroc s’érigeant en premier investisseur africain dans l’Hexagone, a rappelé le ministre français.
Il a mis l’accent, dans ce contexte, sur la nécessité de tourner vers l’avenir "ce partenariat si riche", rappelant les 22 accords bilatéraux signés, lundi, sous la présidence du Roi et du président français, outre la vingtaine d'autres accords scellés mardi lors de la rencontre entrepreneuriale Maroc-France.
Ces accords couvrent des domaines aussi variés que l'intégration des chaînes de valeur et des écosystèmes industriels, l'énergie verte, les infrastructures, la jeunesse, l'innovation, la gestion des migrations et l’Afrique "pour laquelle le Maroc est depuis toujours la porte d'entrée naturelle de la France et de l'Europe", a souligné Jean-Noël Barrot.
C’est en Afrique où se joue "une bonne part de notre avenir, et où nous devons être capables de nous investir ensemble pour le progrès", a affirmé le ministre français.
Accroître la présence consulaire et culturelle de la France au Sahara marocain
La France entend accroître sa présence consulaire et culturelle au Sahara marocain, "en vue de la création d'une alliance française".
Le chef de la diplomatie française a réaffirmé, à cette occasion, la volonté de son pays de développer le partenariat maroco-français sur l'ensemble du territoire du Royaume, y compris au Sahara marocain, rappelant les propos du président français Emmanuel Macron qui a réitéré dans un discours, prononcé mardi lors d’une séance conjointe des deux chambres du Parlement, que "le présent et l'avenir du Sahara s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine".
"Nous avons joint les actes à la parole, et j’ai le plaisir de vous annoncer que la carte du Maroc a été actualisée et mise en ligne sur le site du ministère (français) de l'Europe et des Affaires étrangères", s’est réjoui Jean-Noël Barrot.
Les entreprises françaises accompagneront le développement de ces territoires au travers d’investissements, d’initiatives durables et solidaires au bénéfice des populations locales, a-t-il renchéri, faisant savoir que l'ambassadeur de France au Maroc se rendra dès la semaine prochaine dans les provinces du Sud. "Nous allons y accroître notre présence consulaire et culturelle, en vue de la création d'une alliance française".
Le ministre français a également affirmé que son pays sera aux côtés du Maroc "pour favoriser une solution politique, juste et durable, dont le plan d'autonomie de 2007 constitue la seule base".
Le Roi Mohammed VI "se rendra à son tour en visite d'État en France à l'automne prochain, alors que nous commémorons plusieurs événements importants de l'histoire du Maroc, comme le 70e anniversaire de la Déclaration de la Celle-Saint-Cloud". Le ministre Jean-Noël Barrot a exprimé son engagement à accompagner son homologue marocain, Nasser Bourita, dans la préparation de cette échéance "si importante et pour amener ensemble notre partenariat à une nouvelle dimension. Car, comme l'a dit tout à l'heure le président de la République, nous avons commencé aujourd'hui à écrire un nouveau livre de l'amitié franco-marocaine. Beaucoup de pages de ce livre sont encore blanches, c'est à nous qu'il appartient de les écrire. Et vous pouvez compter sur tout mon engagement à ce sujet".
"Une nouvelle étape"
Lors de ce point de presse, le ministre marocain des Affaires étrangères a, de son côté, affirmé que les diplomaties marocaine et française, sous la conduite des chefs d'État des deux pays, "vont s'inscrire dans l'esprit du partenariat exemplaire et d'exception renforcé".
Pour Nasser Bourita, il s’agit d’une nouvelle phase et d’une nouvelle étape pour cette relation "si profonde et si riche", dans le sillage de cette nouvelle ère ouverte le lundi 28 octobre par le Roi et le président français.
La Déclaration relative au "Partenariat d’exception renforcé" entre le Maroc et la France, signée lundi à Rabat par les deux chefs d'Etat, "définit les principes qui vont guider cette nouvelle étape et précise la gouvernance et les secteurs clés de ce partenariat, outre le champ territorial d'application", a-t-il souligné.
Cette Déclaration va orienter "notre action à l'avenir. Malgré la différence de la culture diplomatique, le Maroc et la France, qui partagent les mêmes objectifs de stabilité et de développement, vont, grâce à ce nouveau partenariat, renforcer les mécanismes de concertation et de coordination", a poursuivi le ministre marocain.
Au sujet de la question du Sahara marocain, Nasser Bourita a rappelé le contenu de la lettre adressée par le président français au Roi Mohammed VI en juillet dernier. "Le Roi a exprimé ses remerciements et sa gratitude au président lors du discours devant le Parlement au mois d'octobre. Et les discussions poursuivies entre Sa Majesté et le président ont permis aujourd'hui d'opérationnaliser des éléments de contenu dans la lettre".
"Aujourd'hui, il y a eu la carte qui a évolué et qui reflète cette nouvelle position et qui est inscrite, qui est insérée dans le site officiel du Quai d'Orsay, c'est un élément important", s'est félicité Nasser Bourita.
"L'élargissement de la circonscription consulaire pour couvrir le Sahara est un autre élément. L'action économique, commerciale française au Sahara sont autant d'éléments qui montrent que l'évolution de la position française n'est pas seulement une formule diplomatique, mais qu'elle est déclinée en un acte opérationnel très important et très apprécié, qui s'inscrit dans ce dialogue permanent sur cette question entre Sa Majesté le Roi et le président, mais qui s'inscrit aussi dans un cadre plus large, qui est cette dynamique positive que connaît le dossier du Sahara marocain depuis un certain nombre d'années, sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi, et qui va se poursuivre", a indiqué le ministre.
"Nous sommes à la veille de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité, et la France, de par son rôle au sein du Conseil de sécurité, de par sa connaissance de la genèse et de l'évolution de ce conflit, a un rôle important à jouer dans ce cadre. Donc, je pense que Sa Majesté le Roi et le président ont ouvert une nouvelle étape, et que cette étape servira à la relation bilatérale, servira aux deux peuples, mais surtout aura un impact sur la région à laquelle nous appartenons", a conclu Nasser Bourita.















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