Emmerson PLC : le projet de la plus grande mine africaine de potasse dans l'impasse
Emmerson traverse une période difficile. Son étude d’impact sur l’environnement (EIE) de son projet minier à Khemisset est à nouveau refusée. Ce qui devrait engendrer plus de retards et des pertes très lourdes pour l’entreprise fragilisant ainsi sa situation financière qui repose entièrement sur ce projet.
Dans un communiqué publié le 28 octobre 2024, la compagnie minière Emmerson a annoncé les résultats d'un recours qu'elle avait introduit auprès du wali de la région de Rabat-Salé-Kénitra concernant son étude d'impact environnemental (EIE). En réponse à ce recours, le CRI de la région a indiqué que la Commission régionale unifiée de l'investissement n’est pas habilitée de réexaminer à nouveau cette étude.
Pour sa part, Emmerson a souligné, dans ce communiqué, l'absence de toute indication du CRI quant aux recours susceptibles d'être envisagés. Depuis l’annonce de l’avis défavorable, le prix de l’action d’Emmerson continue sa tendance baissière en l’absence de perspectives quant à l’acceptabilité de la conformité environnementale de son projet minier.

Ce projet suscite une vive controverse en raison de ses potentielles conséquences environnementales en absence de solutions de traitement efficace. L'équilibre entre les enjeux économiques et les impératifs environnementaux est particulièrement délicat dans ce cas précis. Les défis liés à la rareté de l'eau et à la gestion des déchets miniers rendent la conformité environnementale particulièrement délicate dans cette région agricole où la moindre défaillance pourrait avoir un impact désastreux sur les ressources en eau souterraine nécessitant d’être le plus strict possible.
De son côté, Emmerson affirme que son procédé d'exploitation répond parfaitement aux normes environnementales. Elle prévoit notamment d'utiliser les eaux usées traitées de la station d'épuration de Khemisset et de maximiser la production de sous-produits pour réduire les déchets miniers. Les saumures résiduelles seront déshydratées avant d'être confinées de manière sécurisée pour prévenir toute infiltration dans les nappes phréatiques.
En raison des retards accumulés et aux pertes financières subies, la compagnie a entrepris une restructuration de sa direction. Le directeur et le président non-exécutif se sont retirés. Par ailleurs, l'entreprise a décidé de réduire l’ensemble de ses dépenses à l'exception de ceux liés aux fonctions administratives et réglementaires essentielles. Au final, les projets de développement à valeur ajoutée sont actuellement mis en attente.
Rappelons que ce processus d'obtention de la conformité environnementale a été marqué par de multiples retards. Malgré trois versions des études d'impact soumises à la CRUI de Rabat-Salé-Kénitra, dont la dernière date d'avril 2024, aucune décision favorable n'a été rendue.
Ayant épuisé tous les recours possibles et prévus par l'article 37 de la loi 47-18 (recours gracieux auprès du wali et recours hiérarchique devant la Commission ministérielle de pilotage en mars 2024), l'entreprise britannique ne dispose désormais que d'une unique voie de recours : demander un nouveau recours devant la commission ministérielle qui doit statuer dans un délai maximum de 30 jours.
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