Souss-Massa. Les performances de la filière agrumicole en amélioration
La production prévisionnelle de la filière agrumicole pour la campagne 2024-2025 s’annonce meilleure que celle de la campagne précédente dans la région de Souss-Massa grâce à des conditions climatiques favorables lors des stades de floraison et de nouaison.
La récolte des variétés précoces d’agrumes a démarré dans la région de Souss-Massa à la fin du mois de septembre. Les premières exportations ont été expédiées il y a quelques jours, stimulées par des prévisions de production plus élevées que lors de la campagne précédente. Selon la direction régionale de l’agriculture de Souss-Massa, les vergers d’agrumes occupent un peu plus de 39.000 hectares dans le Souss, soit près de la moitié de la superficie nationale dédiée à cette filière.
D’après nos informations, la production prévisionnelle est estimée à 471.550 tonnes, soit une hausse de 28 % par rapport à la campagne 2023-2024. Dans le détail, la production attendue des variétés de petits fruits (Clémentine, Nour, Nova, Ortanique, Nadorcott) s’élève à 297.750 tonnes, en hausse de 26 %.
Celle des variétés d’oranges (Navel, Salustiana, Sanguine, Maroc Late) est estimée à 155.800 tonnes, en hausse de 37 %. Enfin, la production prévisionnelle de citrons et autres agrumes devrait atteindre 18.000 tonnes. Sur le plan des exportations, une augmentation de 39 % est prévue pour un total de 380.100 tonnes, dont 301.750 tonnes de petits fruits et 74.550 tonnes d’oranges.
Des résultats en nette amélioration, en raison "des conditions climatiques qui étaient meilleures lors de cette campagne par rapport à la précédente, où les vergers avaient souffert de cinq vagues de chaleur. Cette année, le climat a été favorable pendant la floraison et la nouaison", explique à Médias24 une source professionnelle.
"Certes, il y a bien eu des vagues de chaleur, mais moins nombreuses que lors de la campagne précédente et, surtout, elles sont intervenues après le 15 juillet, au-delà du stade critique du cycle de production des agrumes qui correspond à la nouaison (le moment où les fruits commencent à se former, ndlr)", poursuit-elle. Ainsi, le rendement s’est amélioré, tout comme la qualité.
"En termes de qualité, l’absence de vagues de chaleur fréquentes et extrêmes, qui retardent la coloration, a été bénéfique aux fruits. En plus de la coloration et du calibre, qui sont meilleurs que l’année dernière, le taux de jus et de sucre est également satisfaisant", précise notre interlocuteur.
Une amélioration de la coloration est attendue
En outre, si la récolte précédente avait révélé un problème de granulation, qui se traduit par un fruit à l’aspect blanchâtre et sec, c’est moins le cas pour la campagne 2024-2025. De plus, "les prochaines pluies annoncées devraient également contribuer à améliorer la coloration des fruits", annonce-t-il.
Cela dit, les conditions climatiques n’ont pas été optimales tout au long du cycle de production. "Les fortes rafales de vent qu’a connues la région au mois d’avril ont causé des marbrures sur les fruits dans les fermes où il y avait moins de brise-vent comme les cyprès."
De surcroît, les ressources hydriques n’étaient pas illimitées. Certains producteurs en ont souffert, notamment ceux qui dépendent des dotations agricoles provenant des barrages. "Il y a eu des vergers qui ont été arrachés en totalité pour laisser place à d’autres cultures nécessitant moins d’eau, comme le cactus, la vigne ou la pêche nectarine notamment dans les zones de Oulad Teima et El Guerdan", déplore notre source.
"Dans le meilleur des cas", poursuit notre source, "ces agriculteurs ont donné un peu d’eau aux arbres pour les maintenir en vie en attendant que les barrages se remplissent. Certains ont réduit la superficie de 40 à 60 %, en fonction des dotations qu’ils recevaient habituellement des barrages."
Cette réalité ne date malheureusement pas d’hier. Bien que la mise en place du Plan Maroc Vert a permis d’augmenter la superficie agrumicole à l’échelle nationale de 45.000 hectares, passant de 85.000 en 2008 à 130.000 hectares en 2020, les dernières années sèches ont mis à mal ce développement. Environ 35.000 hectares d’agrumes ont été arrachés ces dernières années, ramenant ainsi la superficie agrumicole en dessous des 100.000 hectares.
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