Verbatim. Le plaidoyer de Chakib Alj pour l'industrie à la 2e édition de la JNI
JOURNEE NATIONALE DE L'INDUSTRIE. Top départ pour la deuxième édition de la journée nationale de l'industrie. L'événement est organisé par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le ministère de l'Industrie et du commerce, au sein de l'Université Mohammed VI Polytechnique, UM6P - campus de Benguerir. Voici ce qu'il faut retenir de l'intervention de Chakib Alj à l'occasion de la 2e édition de la JNI.
"Cette Journée nationale de l'industrie s'inscrit dans la continuité du succès de la première édition en 2023. Elle répond aux hautes directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, avec des orientations clairvoyantes, ambitieuses et réalisables qui tracent le chemin pour une véritable montée en gamme de notre industrie", a affirmé Chakib Alj, président de la CGEM.
Il a ensuite souligné que la JNI s'impose désormais comme un rendez-vous annuel incontournable, offrant une plateforme de discussion sur des sujets essentiels pour le développement industriel du Maroc et sa place dans l'économie mondiale. Dans une économie mondiale en perpétuelle transformation, où la souveraineté industrielle et l’indépendance économique sont devenues des priorités stratégiques, la JNI permet de réfléchir aux défis actuels et futurs.
Le président de la CGEM a également mis en avant la progression notable des exportations industrielles marocaines : "En 2023, notre industrie a atteint 429 milliards de DH d’exportations, contre 329 milliards en 2021. Une industrie performante et exportatrice contribue non seulement à rééquilibrer notre balance commerciale, mais aussi à renforcer la stabilité de notre monnaie".
Des acquis...
Chakib Alj a évoqué la Charte de l’investissement et le Fonds Mohammed VI, doté de 15 milliards de DH, comme des catalyseurs du développement industriel. "Ces initiatives, ouvertes aux TPME, dynamisent les projets à travers tout le pays".
Sur le plan environnemental, la décarbonation occupe une place centrale dans la stratégie industrielle. Le Maroc dispose aujourd'hui de 38% de capacité installée en énergies renouvelables, avec une ambition d’atteindre 52% d’ici 2030. En parallèle, la stratégie digitale à l’horizon 2030 vise à transformer les administrations et les entreprises, en intégrant la transformation digitale au secteur industriel, notamment pour les PME. Selon lui, cela est essentiel pour maintenir la compétitivité du pays sur la scène internationale.
Pour M. Alj, le Maroc est désormais perçu comme un connecteur stratégique et une base arrière industrielle de premier plan pour les marchés mondiaux. Parmi les succès notables, il a cité le projet de gigafactory et les récentes investissements chinois dans le secteur textile, qui devraient générer près de 10.000 emplois.
... et des défis
Le président de la CGEM a insisté sur l’importance d’une inclusion territoriale plus large, rappelant que 80% de l’industrie est concentrée entre El Jadida et Tanger. Le développement des autres régions et l'accessibilité au foncier sont des priorités pour attirer les investissements. Il a également souligné l'urgence de réformer le système de formation professionnelle, avec l’appui du secteur privé, pour former la main-d’œuvre nécessaire à la transformation industrielle.
Lors de son discours, Chakib Alj a également mis en exergue la nécessité de réformer le Code du travail, en vigueur depuis plus de 20 ans, et de promulguer la loi sur la grève, afin de stimuler la création d’emplois. Il a ajouté que la simplification des procédures administratives est cruciale pour améliorer l’attractivité des investissements, appelant à une refonte du parcours de l’investisseur.
Le financement des projets industriels reste un défi central. Le président de la CGEM a appelé les banques à soutenir davantage les entrepreneurs, tout en mettant en avant la Bourse de Casablanca comme un levier essentiel pour l’accélération du développement des entreprises via des levées de fonds publics.
Chakib Alj a conclu en réaffirmant que l’objectif ultime est d’accélérer le développement industriel du Maroc, avec une inclusion territoriale accrue et la création d’emplois durables, tout en renforçant la souveraineté industrielle. Il a également appelé à l'émergence de champions nationaux capables de porter les ambitions marocaines à l'international, notamment en Afrique, à travers des complémentarités régionales dans des secteurs clés comme l’agroalimentaire, le textile, l’électronique et l’automobile.
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