img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Crise de la justice. Colères, grèves et revendications des professions juridiques et judiciaires

Avocats, greffes et huissiers protestent contre des projets de lois élaborés par le ministère de la Justice ou attendus depuis longtemps. Sans oublier les grèves et contestations précédentes des adouls et des notaires. Abdellatif Ouhabi se trouve face à une situation de crise profonde.

Crise de la justice. Colères, grèves et revendications des professions juridiques et judiciaires
Par
Le 8 octobre 2024 à 10h02 | Modifié 8 octobre 2024 à 10h17

La situation dans le secteur de la Justice s’aggrave. Désormais, l’on parle d’une crise à laquelle doit faire face le ministre de tutelle, Abdellatif Ouahbi. Celui-ci avait promis, dès sa nomination, la révision de tous les textes organisant les professions juridiques et judiciaires. Depuis, chaque fois qu’un texte élaboré par son département voit le jour, cela donné lieu à une vague de critiques et de protestations.

Aujourd’hui, ces vagues de contestations s'accumulent et paralysent une partie de la machine judiciaire, notamment en raison du blocage au niveau des tribunaux entre grèves des greffes et d’avocats.

La raison ? L'absence de réponses aux revendications respectives de ces professions dans les projets de lois élaborés par le ministère, notamment ceux organisant les professions. Mais que réclament-elles au juste ?

> Les avocats : Des revendications indissociables

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le projet de Code de procédure civile. Mais les avocats sont en colère contre Abdellatif Ouahbi, leur ancien confrère, depuis plusieurs années. D’abord pour avoir ouvert le dossier sensible de la fiscalité des avocats, mais aussi pour ne pas avoir respecté le choix de se limiter à leur propre mutuelle en matière de couverture médicale, au lieu d’adhérer à la protection sociale telle que proposée par le gouvernement.

Plus récemment, ce sont les dispositions du projet de Code de procédure civile qui ont fait réagir les avocats. Celles-ci sont, selon eux, anticonstitutionnelles, notamment parce qu’elles limitent l’accès à la justice pour les justiciables et ce en mettant en place un plafond pécuniaire pour certains recours.

Le projet de Code de procédure pénale semble également contrarier les avocats qui l’ont récemment évoqué sans toutefois détailler ce qu’ils lui reprochent. Cela dit, une conférence est programmée à ce sujet le 18 octobre à Marrakech.

En attendant, ce sont deux semaines de boycott qui sont lancées dès le lundi 7 octobre. Ce boycott concerne non seulement les audiences criminelles dans toutes les juridictions du Royaume, mais aussi le boycott des caisses de tous les tribunaux, à l'exception des dossiers menacés par l’expiration d’un délai.

Ce programme de protestations sera possiblement prolongé. Il ferait peut-être même l’objet d’une escalade si le ministère continue d'ignorer les revendications des robes noires. C’est ainsi en tout cas que les représentants de la profession se sont exprimés dans un récent communiqué. Celui-ci prévoit également un sit-in dans chaque juridiction nationale, chaque jeudi, entre 11h et 12h.

> Greffes : le statut particulier d'abord

Bien avant ce boycott des audiences lancé par les avocats, les greffes avaient entamé une série de grèves à partir d'avril dernier, paralysant ainsi les tribunaux plusieurs jours par semaine et pendant plusieurs semaines au fil des mois.

Mais, depuis juillet dernier, la cadence de ces mouvements de grève a évolué. Et le mouvement s’est poursuivi en septembre, juste après les vacances judiciaires, débouchant ainsi sur un blocage de trois mois.

Les reports d'audiences commencent donc à agacer les justiciables mais aussi les avocats, inquiets pour l'intérêt de leurs clients, mais aussi irrités par les heures d’attente au secrétariat greffe et par l’inutilité de la digitalisation de certaines procédures.

Pour rappel, les greffes réclament la mise en œuvre des révisions promises du statut particulier de leur profession. Ces révisions tardent à voir le jour. Après près de deux ans d’attente, la profession a décidé de se faire entendre par le biais de grèves à répétition.

> Huissiers : une nouvelle loi qui ne passe pas

Avant même l’adoption du projet de loi sur la profession d’huissier, celle-ci a annoncé une grève de trois jours, du 2 au 4 octobre, pour exprimer son rejet de certaines dispositions intégrées dans ce texte, estimant qu’elles ne font pas l’objet d’un consensus entre le ministère et la profession.

Celui-ci a finalement été adopté par le conseil de gouvernement le jeudi 3 octobre et sera versé dans le circuit législatif. Sera-t-il modifié ou bloqué au Parlement ? Il faudra attendre le démarrage de l’examen du texte en commission pour le savoir.

D’ici là, les huissiers n’ont pas hésité à s’exprimer, voire même à appeler à la création d’un front des professions juridiques et judiciaires “contre les lois anticonstitutionnelles”.

Verra-t-on ces professions, dont le point commun est la colère contre le ministre de la justice, faire front commun contre lui ? Seront-elles rejointes par les notaires et les adouls ?

> Notaires et Adouls : un bras de fer interprofessions

Il convient de souligner que les lois régissant ces deux professions n’ont pas encore fait l’objet d’une refonte. Cela dit, les représentants de chacune se sont déjà exprimés soit à travers des communiqués pour les notaires, soit via des jours de grèves pour les adouls. Tout cela pour rejeter certaines dispositions évoquées par le ministre, notamment au Parlement, alors même que les lois régissant ces professions n’ont pas encore été finalisées.

Ces réactions aussi virulentes s’expliquent par le bras de fer entre notaires et adouls au sujet des prérogatives et compétences de chaque profession. Comme la consignation des fonds ou encore la dénomination “adoul-notaire”. Les deux professions attendent une délimitation des champs de compétences de chacune. Mais en seront-elles satisfaites ?

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 8 octobre 2024 à 10h02

à lire aussi

Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
ECONOMIE

Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)

Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.

Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
DIPLOMATIE

Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso

Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.

Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?
DROIT

Article : Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?

Sanctions confirmées en appel pour les supporters sénégalais : recours possibles, libérations, grâce ou transfèrement, quelles suites ?

OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette
BUSINESS

Article : OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette

Le groupe OCP se tourne vers les marchés internationaux des capitaux avec une émission structurée en hybride. En recourant à un instrument à mi-chemin entre dette et quasi-fonds propres, le groupe cherche à mobiliser des ressources sans dégrader son profil d’endettement, ni accentuer la pression sur la signature souveraine. Décryptage.

Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
Eau

Article : Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume

C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.

Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas
NATION

Article : Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas

Le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a reçu, le mardi 14 avril 2026 au palais royal de Rabat, Mohamed Yessef, décoré du Wissam Al Arch (Grand Officier), avant de nommer El Yazid Er-Radi au poste de secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité