PAM vs Aboulghali : plainte commerciale ou pénale ? Les versions de chacun
Exclu de la direction collégiale du Parti authenticité et modernité (PAM) pour cause de plaintes reçues par le parti, Salaheddine Aboulghali dément et s’explique. Détails.
“Le conflit commercial concerne Abdessamad Aboulghali et un responsable régional. Salaheddine Aboulghali, membre de la direction collégiale [du PAM, ndlr] n’a aucun rapport avec ce dossier. Ce n’est pas lui qui a vendu ni acheté, mais son frère qui est directement concerné par l’affaire”, lit-on dans le récent communiqué de Salaheddine Aboulghali.
C’est le second communiqué de l’intéressé en l'espace de deux jours, depuis le début des hostilités avec la direction de son parti. Il intervient après une conférence de presse du PAM, tenue le mercredi 11 septembre. Salaheddine Aboulghali dément certains propos évoqués durant cette conférence de presse et expose les détails de “l’affaire commerciale” qui, selon lui, lui a valu la décision de geler ses activités au sein de la direction collégiale du parti.
Trois plaintes pénales à venir ?
Une source au sein du PAM, contactée par nos soins, affirme que cette décision du bureau politique est une “mesure préventive”. Elle a été prise, selon cette même source, en raison de “trois plaintes pour escroquerie” que le parti a reçues et qui “seront présentées à la justice”.
“L’un des plaignants est Abderrahim Bendou. Les deux autres sont des parlementaires du PAM”, nous indique-t-on de même source.
De son côté, Salaheddine Aboulghali se réserve le droit de “recourir à la justice pour confronter les propos du président du groupe du parti [Ahmed Touizi, ndlr)], qui a déclaré durant la conférence de presse que j’étais "poursuivi pour escroquerie". Il doit retirer ces accusations mensongères et présenter ses excuses sur le champ”.
L’affaire commerciale
Salaheddine Aboulghali réfute non seulement le fait d’être visé par une plainte pénale, mais va même jusqu’à affirmer qu’il n’est pas concerné par une plainte commerciale. Selon lui, “la famille Aboulghali détient neuf hectares de terrains à Médiouna depuis près de quarante ans”. Et le responsable de ces terres d’un point de vue légal est son frère, Abdessamad Aboulghali, “signataire du compromis de vente et gestionnaire habituel des biens immeubles de la famille”.
“Ces neuf hectares sont hypothéqués auprès d’une banque marocaine. En 2022, Abdessamad Aboulghali a trouvé un accord avec un responsable régional pour lui vendre six de ces neuf hectares. En principe, l’acquéreur devait présenter la somme au notaire, qui est également un membre du parti, pour compléter la procédure de remboursement du crédit et lever l’hypothèque ainsi que les autres saisies, et permettre à l’acheteur de bénéficier du bien vendu. Dans ce sens, un compromis de vente a été établi dont la validité était de six mois. Or, la situation a duré pendant près de deux ans sans que le compromis de vente ne soit prolongé ou complété, ce qui a conduit à des pertes financières énormes pour Abdessamad, sachant que les intérêts du crédit bancaire se sont élevés à plus d’un milliard de centimes”, poursuit le président du conseil communal de Médiouna.
Et d’ajouter : “Pour que mon frère se sorte de cette situation, il a pris la décision de recourir à un autre acquéreur, un an et demi après l’expiration de la validité du compromis de vente initial, et ce, dans le but de rembourser le crédit bancaire, stopper l’hémorragie des intérêts et obtenir la mainlevée des autres saisies, surtout que la banque avait menacé de recourir à la vente aux enchères du bien hypothéqué”.
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