Dominique De Villepin dénonce le “deux poids deux mesures” de la France sur Gaza
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, a récemment pris la parole pour dénoncer la gravité de la situation à Gaza et la gestion de la guerre par Israël.
Dominique de Villepin a répondu aux questions de Léa Salamé lors de la Matinale de France Inter le jeudi 12 septembre. Interpellé sur le bilan actuel des morts dans la bande de Gaza, M. De Villepin a répondu "qu'il n'y avait pas que le ministère de la santé du Hamas qui dit qu'il y a 40.000 morts. Il y en a invraisemblablement beaucoup plus", a-t-il affirmé, insistant sur la véracité tragique des chiffres et la réalité quotidienne à Gaza. "Les corps, les cœurs, les âmes et les têtes sont en morceaux", a-t-il ajouté.
M. De Villepin a signalé l'absence de perspectives pour l'avenir de Gaza, avertissant qu'Israël "crée les conditions d'une réoccupation" de ce territoire. Il a décrit une situation où "la bande est complètement assiégée", tandis que "la Cisjordanie, elle-même, est en train de se décomposer", ce qui conduit à une situation explosive qu'il a comparée à une "cocotte-minute".
L'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a aussi critiqué la gestion internationale du conflit, soulignant que "l'Occident a des leviers en matière d'armements, en matière économique", mais que ces leviers sont sous-utilisés. "Nous continuons à accepter de commercer avec des territoires où la colonisation israélienne est active", a-t-il précisé, tout en dénonçant les arguments utilisés pour justifier cette inaction. Selon lui, on laisse Israël "mener sa guerre jusqu'au bout", mais il s'est demandé : "Quel bout ?".
M. De Villepin a vivement critiqué l'approche sécuritaire et identitaire d'Israël, qu'il a qualifiée de "folie messianique", et a averti que l'Occident, en particulier l'Europe et la France, "est aujourd'hui pointé du doigt" pour une politique de "deux poids, deux mesures". Il a appelé à un retour au droit international et à la justice pour restaurer la légitimité de la France sur la scène internationale. "Il faudra donner des preuves", a-t-il insisté, pour que la France puisse à nouveau jouer un rôle dans les discussions de paix.
"La France doit renouer ses relations avec l'Algérie pour confronter la question de l'immigration."
Sur la gestion de l'immigration en France, Dominique de Villepin a souligné la nécessité de trouver une solution sans céder aux discours radicaux, citant l'exemple de l'Italie. "Dans ce cadre, il est intéressant de noter que c'est la Première ministre italienne Giorgia Meloni qui nous montre la voie", a-t-il souligné, rappelant que l'Italie avait réussi à réduire de "65% les arrivées des migrants grâce à des accords conclus avec les pays d'origine".
Pour faire de même, Dominique de Villepin a rappelé les difficultés spécifiques liées aux relations entre la France et certains pays, notamment l'Algérie, qu'il allait falloir surmonter. "Cela devient plus complexe lorsqu'il s'agit de l'Algérie, car cela impliquerait de renouer le dialogue avec ce pays".
Selon lui, la situation actuelle, où de nombreux Algériens se retrouvent dans des centres de rétention administrative, découle en grande partie de "l'état exécrable de nos relations avec l'Algérie". Il fait allusion à l'initiative du président Emmanuel Macron au sujet de la reconnaissance de la marocanité du Sahara par la France.
Cela suppose donc de faire de la politique de manière active et de prendre des initiatives. "De ce point de vue, je ne suis pas pessimiste", affirme-t-il, "mais il est crucial de mettre les choses sur la table et de prendre les problèmes de front".
Il a en outre insisté sur la nécessité de rallier la population à cette démarche. "Il faut surtout mettre les Français de son côté", a-t-il conclu.
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