Année scolaire 2024-2025 : lancement de la phase pilote des collèges pionniers
Le lancement de la phase pilote des collèges pionniers est l'une des plus grandes nouveautés de cette rentrée scolaire 2024-2025. Contrairement aux écoles pionnières, le ministère prend en considération l'âge critique des collégiens. Un accompagnement social et psychique par des cadres spécialisés est donc prévu. Une première !
Le lancement de cette phase pilote de collèges pionniers, annoncé par Médias24 dans un article précédent, a été officialisé par Chakib Benmoussa, ministre de l'Education nationale, ce vendredi 6 septembre, lors de la conférence annuelle dédiée à la présentation des nouveautés de la rentrée scolaire.
232 établissements publics comptant 200.000 élèves
"Cette première phase concernera 232 établissements publics et 200.000 élèves, soit 10% des effectifs des collèges publics, issus des milieux rural et urbain, et des différentes provinces du Royaume" a déclaré le ministre à cette occasion.
Selon nos informations, 7.000 enseignants et 800 inspecteurs sont impliqués dans cette première phase, couvrant la majorité des disciplines, ainsi que le champ de l’orientation scolaire et de l’action psychosociale.
"Parmi ses principaux objectifs, l'amélioration de l'autonomie des élèves grâce aux compétences transversales, et la baisse du taux d'abandon scolaire qui s'élève à 50% au collège, à cause de plusieurs facteurs", a-t-il expliqué.
Les mêmes piliers que le primaire, avec des adaptations aux enjeux du secondaire
Le modèle collège pionnier reposera sur les mêmes piliers que celui du primaire : curatif, préventif et mesure d’impact, mais avec des adaptations aux enjeux du secondaire, cycle durant lequel les élèves doivent développer des compétences transversales nouvelles et des aptitudes psychosociales pour compléter et réussir leur parcours scolaire, et être autonomes dans un monde marqué par les disruptions.
"Le collège, c'est l'âge de l'adolescence, et certains adolescents ont besoin d'un accompagnement spécial durant cette période", a expliqué Benmoussa. "Nous avons à cet effet mis en place des cellules de veille, et nous avons démarré la formation de cadres spécialisés sociaux pour accompagner les élèves de ce cycle".
"Sur le volet éducatif, la méthode TARL du collège est différente de celle du primaire". Elle prend en considération l'âge et la phase de développement des collégiens. "Au collège, il y a également un volet en relation avec les activités parallèles et sportives. Nous souhaitons élargir ces activités et en améliorer la qualité. Pour ce faire, des opérations de coaching ont déjà démarré au profit des cadres spécialisés".
Cinq matières au lieu de trois au primaire
Dans ce modèle pionnier, le parcours du collégien reposera sur six axes principaux, dont le premier a trait à la remédiation scolaire, selon nos informations.
Contrairement au primaire, où le renforcement des compétences se fait au niveau de trois matières, en deuxième et troisième année du secondaire collégial, il concernera cinq matières.
Les élèves de la première année du collège commenceront l’année scolaire avec 8 semaines de remédiation selon la méthode TARL, adaptée au cycle secondaire, en arabe, mathématiques et français.
Les élèves de deuxième et troisième année du collège bénéficieront quant à eux de 4 semaines de TARL, afin de ne pas perturber les calendriers d’examens, pour les mêmes matières, auxquelles s’ajoutent les SVT et la physique/chimie.
Mobilisés pour accompagner cette large opération de soutien des élèves, les enseignants de plusieurs disciplines se sont organisés en trois pôles de compétences afin d’assurer au mieux et avec célérité un rattrapage de leurs élèves dans les compétences fondamentales.
Un test de positionnement sera mené avant et après TARL afin de suivre l’efficacité de cette méthode. Des livrets d’élèves et des supports digitaux dédiés aux activités de remédiation ont également été développés pour accompagner cette importante opération avec laquelle va démarrer l’année scolaire.
Renouvellement du contenu d’apprentissage
En plus du renouvellement de la programmation détaillée de l’enseignement pour alléger et rendre l’apprentissage plus progressif, selon le rythme de l’élève, de nouvelles méthodes d’enseignement, à l’efficacité démontrée par la recherche (Enseignement explicite), sont introduites.
Ces méthodes exigent qu'un enseignant ne passe à la leçon suivante qu'après s'être assuré que la majorité des élèves ont bien maîtrisé les fondamentaux des cours. Un dispositif didactique complet (leçons structurées et scriptées, supports de cours, assistance d’une voix générée par l’IA pour les langues) est remis à l'enseignant pour faciliter la mise en œuvre de ces méthodes efficaces. Des plateformes numériques permettant un suivi personnalisé sont également mises à la disposition des enseignants et des élèves.
Toute l’approche consiste à rendre l’expérience d’apprentissage agréable, efficace et motivante pour les élèves. Les objectifs d’apprentissage, conformes aux standards internationaux, font l'objet d'un suivi grâce à un cahier des compétences pour chaque élève.
Pour assurer la mise en œuvre de ces opérations pédagogiques, les enseignants des collèges pionniers bénéficient de formations pratiques ainsi que d’un accompagnement par des inspecteurs. Il s'agit là du second axe.
Un soutien scolaire gratuit assuré tout au long de l’année en mathématiques et en français
Le soutien scolaire (heures supplémentaires) est le troisième axe de la nouvelle méthode d'enseignement qui sera expérimentée cette année au niveau des collèges retenus. Il est institutionnalisé et inscrit dans l’emploi du temps des élèves.
Durant toute l’année scolaire, 20% des élèves de ces collèges vont bénéficier d’heures de soutien scolaire à raison de 2 heures de mathématiques et 2 heures de français chaque semaine. Ces cours seront assurés par les enseignants du collège qui le souhaitent (heures supplémentaires rémunérées) et les étudiants du cycle Sciences de l’éducation.
Des activités parascolaires pour développer les compétences transversales
À partir de novembre, chaque élève aura dans son emploi du temps, en plus du programme standard, au moins 2 heures hebdomadaires d’activités parascolaires ou de sport scolaire, encadrées par des animateurs formés.
Pour assurer cette vaste opération inédite, le ministère a lancé un appel à projet en janvier 2024 auprès d’associations nationales expertes spécialisées dans les activités parascolaires. Plus d’une centaine de propositions ont été reçues, le ministère a retenu 5 domaines d’activités portées par 4 associations : le théâtre, l’improvisation, l’esprit entrepreneurial, l’art audiovisuel et l’esprit scientifique, dont le contenu et la formation des animateurs seront assurés par les associations sélectionnées.
L’animation de ces activités sera assurée par des enseignants, des animateurs des centres régionaux d’épanouissement ou des acteurs associatifs partenaires des écoles. Des inspecteurs en orientation sont mobilisés afin de s’assurer que les élèves bénéficient de ces activités, et selon des standards de qualité. Des championnats régionaux et nationaux seront régulièrement organisés pour stimuler l’engagement des acteurs et partager les meilleures pratiques.
Ces activités auront pour objectif de développer des compétences transversales importantes chez les élèves, notamment la créativité, la collaboration, la prise d’initiative, l’esprit critique et la communication.
Accompagnement psychosocial pour aider les élèves en difficultés
Il s'agit là du cinquième axe de ce modèle pionnier du secondaire. Pour la première fois, un programme national d’accompagnement psychosocial des élèves, porté par des cadres d’appui social (un corps du ministère, jeune, formé à l’écoute et à l’appui des adolescents et bien outillé), sera mis en place.
Cette centaine de cadres assurera :
- un volet préventif de masse à travers 4 ateliers de développement des compétences psychosociales par an pour chaque classe. Tous les élèves en bénéficieront en groupe, dans des formats innovants déjà expérimentés à moindre échelle. Ils porteront sur les compétences intra ou interpersonnelles : confiance en soi, gestion des émotions, gestion des conflits, motivation et esprit de développement. Il s’agit également de développer la résilience des élèves face à la perte de confiance, au harcèlement, aux conflits, etc.
- un volet curatif ciblé qui consistera en un accompagnement individualisé des élèves en difficulté. Durant ces ateliers ou à d’autres occasions, les cadres d’appui social pourront identifier les élèves qui expriment ce besoin, les écouter et les conseiller.
Un dispositif de veille dans chaque établissement pour prévenir l’abandon scolaire
Enfin, un dispositif nouveau verra le jour à l’échelle de chaque établissement pour identifier en amont les élèves à risque d’abandon scolaire.
Il s’agit d’une cellule de veille, unité opérationnelle sous la supervision du directeur de l’établissement pour identifier ces élèves notamment grâce à un outil informatique développé par le ministère, utilisant les données Massar de type pédagogique (moyenne, redoublement, appréciations) permettant d'évaluer le niveau de risque d’abandon.
Cette cellule de veille aura pour mission d’établir une liste d’élèves à risque et de développer un plan d’action qui leur est adapté, ainsi qu'un suivi régulier mensuel pour s’assurer qu’ils puissent poursuivre leur scolarité en étant accompagnés et mieux outillés.
> LIRE AUSSI
Chiffres, formation et écoles pionnières : les nouveautés de la rentrée scolaire 2024-2025
à lire aussi

Article : UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir
Formation médicale immersive, hôpital de haute technologie, recherche biomédicale et incubateur de startups santé… À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) déploie un écosystème hospitalo-universitaire intégré, articulé autour des soins, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Article : Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai
La DGSN a prolongé ses Journées portes ouvertes à Rabat jusqu’aux 23 et 24 mai 2026, en raison de l’engouement du public, afin de permettre aux visiteurs de découvrir ses missions, équipements et actions dans le cadre de sa stratégie de proximité avec les citoyens.

Article : Maroc-France : “Paris va rattraper le temps perdu au Sahara” (source autorisée)
Réunis à Rabat lors de la 2e conférence ministérielle sur le maintien de la paix dans l’espace francophone, le Maroc et la France ont affiché une convergence stratégique sans précédent. À l’issue de cette rencontre, le ministre français des Affaires étrangères a annoncé le renforcement de la présence française au Sahara, tandis qu’une source autorisée du Quai d’Orsay est allé plus loin en évoquant "un véritable rattrapage" français dans les provinces du Sud.

Article : Disty Technologies. “Même sans augmentation de capital, nous sommes en mesure de doubler notre chiffre d'affaires” (Younes El Himdy)
Disty Technologies a réuni analystes et investisseurs ce mercredi 20 mai à la Bourse de Casablanca pour revenir sur les quatre années écoulées depuis son IPO. L’occasion pour son fondateur Younes El Himdy de mettre en avant l’évolution du groupe, son positionnement dans la distribution IT au Maroc et sa confiance pour la suite.

Article : À Rabat, le Maroc et la France plaident pour une réforme des opérations de paix
Réunie le mercredi 20 mai 2026, la deuxième Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone a mis en avant la nécessité de mandats plus réalistes, de moyens mieux adaptés aux nouvelles menaces et d’une plus forte coordination entre pays francophones. Nasser Bourita y a rappelé l’expérience marocaine, forte de plus de 100.000 Casques bleus mobilisés depuis 1960, tandis que Jean-Noël Barrot et Antonio Guterres ont insisté sur l’urgence d’un modèle plus agile, face aux conflits armés, aux drones et à la désinformation.

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 20 mai
La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 20 mai 2026 en baisse, dans un marché marqué par le recul de plusieurs grandes capitalisations, notamment bancaires et industrielles. Le MASI est resté sous pression, malgré quelques rebonds isolés sur certaines valeurs.