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AGRICULTURE

Le réchauffement climatique sème la confusion dans le calendrier agricole

Si certaines cultures, comme les céréales, subissent une perte de rendement, d’autres voient leur cycle de production décalé, à l'image des agrumes. L’augmentation des journées chaudes impacte également les rosacées. Ces évolutions climatiques se traduisent par une imprévisibilité à laquelle les agriculteurs tentent de s’adapter.

Le réchauffement climatique sème la confusion dans le calendrier agricole
Chady Chaabi
Le 8 juillet 2024 à 14h13 | Modifié 8 juillet 2024 à 18h49

Les plantes sont particulièrement sensibles aux caprices du climat. En plus des pertes de rendement, les agriculteurs doivent désormais s’adapter au décalage des calendriers culturaux, ce qui impacte l’approvisionnement des marchés nationaux et internationaux.

Un constat corroboré par une analyse du ministère de l’Agriculture, sur la vulnérabilité des cultures aux changements climatiques.

"La perception des agriculteurs fait état d’un décalage des calendriers culturaux d’un mois, notamment pour les agrumes, qui est attribué au décalage de la pluviométrie", affirme le ministère de tutelle.

D’autres cultures sont également concernées. Selon un professionnel sondé par Médias24, l'impact est surtout observé sur les cultures exigeantes en froid, comme les rosacées (pommier, poirier, cerisier, noyer, etc).

"Ces cultures ont besoin d'accumuler un nombre d'heures de froid pour passer à la floraison. Si ce nombre n'est pas atteint, la floraison est décalée, ce qui retarde également la récolte", poursuit notre interlocuteur. Par exemple, à l’aube de la saison estivale, les grappes de raisins commencent généralement à apparaître sur le marché de gros de fruits et de légumes à Casablanca.

"Mais cette année, ces produits sont en retard", souligne Abdellatif Baajine, contrôleur des prix au marché de gros de Casablanca. Outre les impacts directs de la sécheresse sur les cultures, ce sont également les impacts indirects du climat auxquels les cultures sont sensibles. Selon le département de l’Agriculture, il s’agit principalement du gel et du mildiou (nom générique d'une série de maladies cryptogamiques affectant de nombreuses espèces de plantes, ndlr) liés à l’humidité.

Canicule et tempête de sable

Le froid extreme avait d’ailleurs entraîné un décalage de la récolte de tomates au début de l’année 2023, provoquant une pénurie sur le marché national.

Les fortes canicules et les tempêtes de sable ont aussi des conséquences sur les calendriers agricoles. Il y a quasiment un an, les zones de production de Souss-Massa ont subi une importante tempête de sable, accompagnée d’une vague de chaleur exceptionnelle qui a duré quatre jours et dont les températures ont atteint un record inédit de plus de 50 degrés.

"Le timing et la sévérité de ce phénomène climatique ont semé la crainte parmi les exploitants agricoles, car il est survenu à un moment très critique, correspondant à la mise en place des nouveaux programmes de plantation, notamment dans le maraîchage et les fruits rouges", a précisé l’Association marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL).

En conséquence, plusieurs jeunes plantations ont subi des dégâts irréversibles considérables. Des dommages ont également été observés chez les plantations précoces, avec des brûlures notables tant sur les fruits que sur le feuillage. Les bananiers et les cultures de fruits rouges adultes ont également été touchés. Étant conduites hors sol, ce qui les rend particulièrement sensibles à la chaleur et au stress hydrique, ces cultures ont été fortement impactées.

Les dégâts ont été visibles sur la partie supérieure des plantes impliquées dans le processus de floraison, elles ont été gravement endommagées", se souvient Amine Bennani, président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges (AMPFR)."Cependant, les agriculteurs équipés de systèmes de nébulisation ont réussi à atténuer l’impact de cette vague de chaleur", nuance-t-il.

Mansuétude des clients et amélioration génétique

Les exploitants moins chanceux ont dû constater un décalage dans le cycle de production, entraînant des récoltes tardives. "Normalement, les framboises entrent en production début septembre et les myrtilles en novembre. Les parcelles ayant subi des pertes de 10% à 15% ont connu un retard d'un mois", déplore Amine Bennani. De fait, les programmes d’exportation n’ont pas été respectés selon les calendriers prévus.

"Nos clients comprennent la situation car ils savent que c’est un problème mondial", ajoute notre interlocuteur. Désormais, l'accent est mis sur l'adaptation, notamment en choisissant des variétés moins sensibles au froid grâce aux progrès de l'amélioration génétique pour prévenir le gel, comme le souligne le ministère de l’Agriculture.

En outre, le ministère mise sur la diversification des zones de production, notamment maraîchères, comme le futur périmètre agricole à Dakhla (5.200 ha), qui devrait entrer en production dès 2025 grâce à une station de dessalement d'eau de mer alimentée par des énergies renouvelables.

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Chady Chaabi
Le 8 juillet 2024 à 14h13

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