Wydad. Les profils et programmes des 5 candidats à la présidence

Un club “structuré”... c'est l'ambition que portent les candidats à la présidence du Wydad. L’un d’eux sera élu le 3 juillet prochain. Certains ont démarré leurs campagnes de présentation médiatique. D’autres se font plus discrets.

Wydad. Les profils et programmes des 5 candidats à la présidence

Le 25 juin 2024 à 18h55

Modifié 26 juin 2024 à 9h25

Un club “structuré”... c'est l'ambition que portent les candidats à la présidence du Wydad. L’un d’eux sera élu le 3 juillet prochain. Certains ont démarré leurs campagnes de présentation médiatique. D’autres se font plus discrets.

Après près d’une décennie sous la présidence de Saïd Naciri, le Wydad s’apprête à entamer une nouvelle ère en élisant un président le 3 juillet prochain, suite à une phase transitoire de plus de six mois sous la houlette de Abdelmajid El Bernaki, d’abord président par intérim puis président élu.

N’ayant pas réussi à remonter la pente suite au départ de Saïd Naciri, et vivement critiqué par une bonne partie du public, Abdelmajid El Bernaki a ouvert la voie aux candidats qui souhaitent se présenter.

Le 10 juin dernier, ils étaient officiellement cinq à candidater pour le poste de président du Wydad Athletic Club.

L’un d’eux apparaît comme favori : il s’agit de Hicham Aït Manna. Il est même plébiscité par une partie des supporters et considéré comme "l’homme de la situation". Le second, Anas Kourami, est un jeune ambitieux qui souhaite révolutionner le club et se démarque par une campagne digitalisée et ciblée.

Le troisième, Saâdallah Yacine, est un ancien joueur et dirigeant. Respecté, il est tout de même peu convoité en raison de ses liens avec l’ancien président Abdelilah Akram.

En tous cas, ces trois candidats s’expriment quant à leurs projets. Les deux autres sont bien plus silencieux. Il s’agit de Karam Ennassik et de Otail Touzar. Le premier est un ancien adhérent qui affiche publiquement son amour pour le Wydad à travers les réseaux sociaux, tandis que l’autre manifeste un intérêt soudain pour le club, même s’il n’en est pas à sa première expérience dans le football, bien que la première, en Angleterre, n’a pas été couronnée de succès.

Voici une présentation de chaque candidat.

> Hicham Aït Manna : expérimenté et favori

Il a annoncé sa candidature le 4 juin dernier via Instagram. La nouvelle n’était pas une surprise pour le public puisque l’ancien président du Sporting Club Chabab Mohammedia (SCCM) avait déclaré que dès que les candidatures seraient ouvertes, il déposerait la sienne. Chose dite, chose faite.

Par la suite, il a choisi de communiquer à travers nos confrères d’Assabah dans une interview à laquelle il répond à différentes questions sur sa vision du Wydad.

Mais avant de s’attarder sur ses projets, focus sur le profil. Il s’agit d’un homme aux multiples casquettes. Homme d’affaires et politique très connu à Mohammédia, où la fortune de son père s’est bâtie au fil des années, Hicham Aït Manna est aujourd’hui, seul ou en famille, à la tête de plusieurs sociétés florissantes, que ce soit dans le bâtiment ou dans la métallurgie.

Il occupe également la fonction de président du conseil communal de la ville de Mohammedia et celle de député (RNI) à la Chambre des représentants. Et, depuis un an, il est vice-président de la Ligue nationale de football professionnel.

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Cet homme qui n’a jamais caché son amour pour les Rouges semble présenter un profil quasi-similaire à celui de Saïd Naciri qui, lui aussi, cumulait les casquettes d’homme d’affaires et politique, mais aussi d’élu local engagé dans le football national.

Les deux hommes étaient d’ailleurs assez proches, puisque Hicham Aït Manna confie à Assabah que Saïd Naciri lui avait demandé de prendre soin du Wydad, aux côtés de Abdelmajid El Bernaki.

Il se confie également sur l’image qu’il garde de la période pendant laquelle Saïd Naciri a dirigé le Wydad. Selon Hicham Aït Manna, celle-ci fut "exceptionnelle" en termes de résultats malgré "quelques erreurs de gestion".

Il en vient alors à présenter sa vision, car au-delà de son amour pour le club, Hicham Aït Manna compte "rassembler la famille wydadie" et "bâtir un comité qui sera (digne, ndlr) du niveau du Wydad". Et ce, à travers deux objectifs : l’un est sportif et l’autre structurel.

Pour Hicham Aït Manna, il faut "structurer le Wydad en tant qu’institution dotée d’organes de gestion qui seront à l’image des titres remportés par le club". Mais pour ce faire, il faudra dépasser les handicaps financiers.

Dans ce sens, Hicham Aït Manna compte sur le sponsoring qui a un peu boudé le club des rouges en raison de son image entachée par les affaires judiciaires de l’ancien président.

"Les dettes du Wydad de cette année sont importantes, avec quelques litiges. Mais ce qu’il faut savoir c’est d’où ça vient ; car elles n’ont pas toutes été laissées par Saïd Naciri", indique le candidat.

"Il faut revoir les recettes car il y en a moins chez le Wydad, puisque des sponsors ont choisi de se retirer, notamment en raison des rumeurs qui sont 100% fausses. De plus, comme d’autres clubs, il n’était pas prévu qu’il soit privé des entrées du public pendant un an. Il faut savoir que pour le Wydad et le Raja, ce sont 30 ou 35 millions de DH en moins et d’un seul coup. Les comptes ne peuvent pas être équilibrés à la fin de l’année. Il est logique d’avoir, au moins, un déficit à hauteur de cette somme-là", poursuit Hicham Aït Manna.

Pour lui, la solution qui aurait dû être mise en place est la négociation avec les autorités locales pour que cette somme soit inclue au budget de réhabilitation sportive.

Mais le candidat se penche également sur le futur du club, dans lequel il compte s’investir avec "passion et grain de folie". Dans ce sens, il a établi un plan pour préparer, dès maintenant, une équipe prête pour la Coupe du monde des clubs de 2025.

Aussi, il souhaite mettre fin à l’anarchie des signatures entre le club et les nouvelles recrues. Pour cela, il prévoit de mettre en place une équipe technique.

Financièrement parlant, il compte investir 40 à 50 millions de DH. Il pense en effet que c’est ce dont le club a besoin pour démarrer la nouvelle saison. Pour ce faire, il compte sur les sponsors. "Soit la totalité sera assuré par le sponsoring, soit on complète la différence", indique Hicham Aït Manna, qui assure avoir "produit les garanties nécessaires".

Le candidat compte s’entourer d’un comité "engagé à l’instar du comité du Raja de cette année. C’est un bon exemple". Pour Hicham Aït Manna, le comité doit être engagé sur le plan financier mais aussi dans le travail quotidien pour responsabiliser chaque membre et pas uniquement le président qui s’offre une immunité en investissant de l’argent à lui seul.

> Saâdallah Yacine, l’ancien toujours présent

Ancien joueur du Wydad et ancien membre du comité de l’ex-président Abdelilah Akram, Saâdallah Yacine ne manque pas l’occasion de rappeler son amour pour le club. Interviewé, il indique vouloir s’investir dans une "aventure raisonnée pour faire avancer le club". Et assure qu’il s’agit d’une "ambition personnelle".

Il convient de noter qu’une partie du public l’accuse d’être "envoyé" par Abdelilah Akram. Mais l’homme affirme que sa démarche est autonome et indépendante.

Il indique avoir un programme général pour le club avec toutes ses sections, mais aussi un programme spécifique au football qui est la section qui attire le plus grand public.

En tout cas, il souhaite tout miser sur la gestion en s’entourant d’experts dans chaque domaine (technique, marketing, communication etc.).

Moins précis que son concurrent, il dit avoir "une idée" de la situation du club grâce au rapport financier et aux informations éparpillées qu’il a entendues de part et d’autre.

"Ce qui m’a poussé à candidater, c’est qu’on disait qu’après Saïd Naciri, personne ne pourrait gérer le Wydad. Et puis, en tant qu’ancien joueur, on est souvent critiqué de ne pas intervenir", déclare-t-il.

Quant à la réalisation concrète de son ambition, Saâdallah Yacine précise qu’il souhaite que le Wydad devienne une institution. Pour ce faire, il faut passer par :

-la structuration ;
-la réglementation et l’augmentation des recettes du club ;
-la protection du nom et du slogan du club ;
-le développement technique ;
-l’équipement médical, sanitaire, sportif, etc. ;
-l’installation logistique assurée pour les autres sections du club.

> Anas Kourami, le trentenaire ambitieux et connecté

Il a créé un site dédié à sa candidature. En trois langues (arabe, anglais, français), il se présente de l’enfance à la carrière professionnelle, mais présente aussi, à travers un document ultra-détaillé, ses ambitions pour le club.

Pour "un Wydad structuré et champion", Anas Kourami a concocté "un projet solide qui permettra au Wydad Athletic Club de mettre en place un système autonome avec un business model fiable, scalable, répétable et profitable".

Pour ce faire, il liste 11 points essentiels qui sont détaillés dans son programme. Il s’agit de :

-La structuration de gestion ;

-La structuration sportive ;

-L’équipe première ;

-La vision marketing ;

-La vision financière ;

-Le programme d’adhésion ;

-La formation et l’académie du club ;

-Le développement et l’infrastructure ;

- L’engagement des supporters ;

-Les relations avec les instances du football ;

-Les autres sections du Wydad.

> Ennassik, l’homme de paille ?

Karam Ennassik ne communique pas sur ses projets pour le Wydad. Contacté par Médias24, il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Par contre, le Wydadi affiche sans retenue son amour pour le club qu’il souhaite présider, mais aussi son soutien à Hicham Aït Manna, lors de précédentes sorties médiatiques.

Il convient de noter qu’une partie du public défend l’hypothèse selon laquelle Karam Ennassik n’est pas un réel candidat, mais plutôt une assurance contre Abdelmajid El Bernaki. Puisque Hicham Aït Manna n’a que récemment intégré le club en tant qu’adhérent, certains supporters craignent que sa candidature ne soit invalidée par Abdelmajid El Bernaki. Dans ce cas, les voix destinées à Aït Manna seront redirigées vers Karam Ennasik qui, une fois président du club, nommera Hicham Aït Manna à la tête de la section football. C’est en tous cas ce que répandent certains supporters. Une rumeur certes, mais non négligeable compte tenu du silence du candidat, contrairement à ses concurrents.

> Otail Touzar, le candidat mystère 

Également silencieux, voire même mystérieux, Otail Touzar s’est également présenté comme candidat à la présidence du Wydad.

Quelques recherches sur internet suffisent pour se plonger dans une affaire surprenante le concernant, qui date de 2014. Elle porte sur une "arnaque" qui a fait couler un club anglais déjà en difficultés financières. Il s’agit du Salisbury City Football Club, dont Otail Touzar était propriétaire, avant d’en être banni, selon un article de BBC, datant de 2014.

À son sujet, le Dailymail a publié ce qui suit : "Un faux magnat des affaires a utilisé des photos de lui avec Roman Abramovich, Jose Mourinho et Cristiano Ronaldo pour persuader les actionnaires dun club de football de lui vendre leur club pour 1 £, selon des documents judiciaires."

"Une bataille juridique a éclaté entre Outail Touzar, 31 ans, et les patrons du Salisbury City Football Club, après que le Marocain a repris le club en difficulté financière en juin de cette année. Après avoir racheté le club, il sest immédiatement fait président et a recruté le milieu de terrain, le prince Khalid Bin Bader Alsaud, 19 ans, qui est devenu le premier membre de la famille royale saoudienne à jouer pour une équipe professionnelle britannique", lit-on dans le même article.

Ses réseaux sociaux semblent également figés en 2014, mais l’on peut l’apercevoir, dans ce qui en reste, en compagnie de grandes stars du football. Sa dernière apparition médiatique remonte à 2020 à Dubaï, où il semble être installé en tant que businessman, selon différents médias. Il est apparu aux côtés de Achraf Hakimi, pour remettre à ce dernier le prix du meilleur jeune joueur arabe aux Globe Soccer Awards.

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