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ECONOMIE

Fouzi Lekjaa décortique l’évolution des finances publiques et leurs perspectives

Malgré de nombreux projets ambitieux et de vastes réformes nécessitant des ressources considérables, le gouvernement maintient une gestion rigoureuse et équilibrée des finances publiques. C’est le message sous forme de démonstration transmis par Fouzi Lekjaa lors d’une conférence-débat à Rabat. Analyse.

Fouzi Lekjaa décortique l’évolution des finances publiques et leurs perspectives
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Le 29 mai 2024 à 16h58 | Modifié 29 mai 2024 à 17h10

Le ministre délégué auprès de la ministre de l’Economie et des finances, chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, est intervenu lors d’une conférence-débat sur le thème "La soutenabilité des finances publiques pour la mise en œuvre du chantier de protection sociale", organisée par la présidence de la majorité gouvernementale, au siège du parti de l’Istiqlal à Rabat, le mardi 28 mai.

Cet événement répondait directement aux critiques de l’opposition formulées à la suite de la présentation du bilan de mi-mandat par le chef du gouvernement.

La situation économique du Maroc en 2023 révèle que le déficit budgétaire et l’endettement total du Trésor figurent parmi les indicateurs macroéconomiques qui ont évolué positivement. Cette tendance se poursuit en 2024, avec une amélioration de la situation des finances publiques au cours des quatre premiers mois par rapport à la même période l’année précédente.

Fouzi Lekjaa décortique l’évolution des finances publiques et leurs perspectives
Source : MEF

Le Fonds monétaire international (FMI), dans son rapport sur le Maroc, corrobore cette observation en soulignant une gestion rigoureuse des finances publiques et projette une baisse progressive du déficit budgétaire, qui devrait atteindre 3% du PIB en 2029. Un constat établi malgré les défis auxquels font face les finances publiques, notamment la réhabilitation des zones sinistrées par le séisme d’Al Haouz, le chantier de la protection sociale, le dialogue social et les réformes des secteurs essentiels comme l’éducation et la santé.

Fouzi Lekjaa décortique l’évolution des finances publiques et leurs perspectives
Source : FMI

Cette performance est le fruit d’un processus de consolidation budgétaire, incluant l’optimisation fiscale par l’introduction de la retenue à la source (RAS), la réforme de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de l’impôt sur les sociétés (IS), et conduisant à une hausse significative des recettes ordinaires. En fait, la performance exceptionnelle, deux années de suite, des recettes fiscales, explique cette amélioration des indicateurs malgré la forte hausse des dépenses.

En suivant cette trajectoire, le gouvernement prévoit de collecter 100 MMDH supplémentaires dans les trois prochaines années

En conséquence, les principales agences de notation évaluent la situation financière et économique du Maroc comme stable à positive. Le 10 avril 2024, Moody’s a attribué au Maroc une note de Ba1 stable, après quatre notations Ba1 négatives entre avril 2021 et juillet 2022. De même, le 29 mars 2024, la dernière évaluation de Standard and Poor’s (S&P Global) a relevé la note du Maroc à BB+.B positif, grâce à l’amélioration des réformes budgétaires et socioéconomiques, après l’avoir noté BB+ stable en avril 2021.

Des projets ambitieux et une gestion budgétaire efficace 

Adoptant une approche didactique et pédagogique, Fouzi Lekjaa a présenté un exposé visant à clarifier et à mettre un terme aux débats autour des finances publiques, surtout dans un contexte économique difficile et avec des engagements majeurs (protection sociale, réforme de l’éducation et de la santé, dialogue social, etc.).

Le ministre délégué a souligné que le gouvernement actuel a pris ses fonctions dans un contexte où les finances publiques étaient moins maîtrisées, avec des notations allant de stable à négative, des sécheresses récurrentes, sans oublier un contexte géopolitique difficile ayant un impact économique défavorable sur le Maroc, se traduisant par des hausses spectaculaires des prix des matières premières, ce qui a poussé le gouvernement à mobiliser des ressources importantes pour préserver le pouvoir d’achat.

En poursuivant, Fouzi Lekjaa a montré comment le gouvernement, dans un contexte de crise, a réussi à équilibrer et à maîtriser les finances publiques tout en finançant des projets socioéconomiques de grande envergure.

En effet, environ 3,9 millions de ménages vulnérables et pauvres bénéficient de l’AMO Tadamon, soit 8 millions de bénéficiaires en incluant les ayants droit. De plus, les aides sociales directes profitent à 3,7 millions de ménages, comprenant près de 5,2 millions d’enfants. Ces deux chantiers coûteront 35 MMDH en 2024 et 40 MMDH en 2025.

Concernant les réformes de l’éducation et de la santé, depuis 2020, le budget consacré à l’éducation est passé de 55,64 MMDH (loi rectificative de la loi de finances 2020) à 73,91 MMDH dans la loi de finances 2024, soit une augmentation de 33%.

Fouzi Lekjaa décortique l’évolution des finances publiques et leurs perspectives
Source : MEF

La santé et la protection sociale n’ont pas été en reste : la loi de finances 2024 prévoit un budget de 30,69 MMDH contre 18,68 MMDH en 2020, soit une augmentation de 65%.

Fouzi Lekjaa décortique l’évolution des finances publiques et leurs perspectives
Source : MEF

Par ailleurs, la hausse des salaires dans le cadre du dialogue social bénéficiera à 4,2 millions de ménages et coûtera environ 45 MMDH en 2026. La mise en œuvre du programme d’aide directe au logement, dont le nombre de bénéficiaires s’élève actuellement à 12.000, nécessite 9 MMDH d’ici 2026.

Pour soutenir le pouvoir d’achat et lutter contre la hausse des prix, le gouvernement a engagé plus de 64 MMDH pour la compensation en 2022 et 2023, 7,8 MMDH de subventions aux professionnels du secteur du transport, 9 MMDH de subventions à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), entre autres initiatives.

En marge, le ministre a clarifié un point : le nombre de bénéficiaires du régime de l’assistance médicale (RAMED) n’a jamais été de 18 millions, ce chiffre représentant l’effectif cumulé croissant des adhérents jusqu’en 2022. En réalité, le nombre de bénéficiaires était de 10.846.122 en 2019 et de 10.695.969 en 2022, selon les données de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM).

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Le 29 mai 2024 à 16h58

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