Les réserves de Aziz Akhannouch sur l'avis du CESE relatif aux NEET
Depuis la tribune de la Chambre des conseillers, le chef du gouvernement a critiqué le dernier avis du CESE qui dépeint un triste portrait de la situation des jeunes NEET (ni à l'emploi, ni en éducation, ni en formation), affirmant que "cet avis n'apportait rien de nouveau", et a espéré que "le timing de sa publication n'est qu'une simple coïncidence".
Au moment où Aziz Akhannouch mène des débats au Parlement sur le bilan d'étape de son gouvernement, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a révélé dans un avis qu'un million et demi de jeunes sur six millions, âgés de 15 à 24 ans, vivent une situation de vulnérabilité prononcée, en marge du système d’éducation-formation et du marché du travail, soulignant que ce chiffre révèle "l’insuffisance des stratégies et politiques publiques consacrées à l’intégration socio-économique de cette catégorie particulièrement vulnérable".
Après avoir effectué un diagnostic de la situation des NEET, le Conseil a proposé plusieurs solutions, dont le renforcement des capacités de repérage et de suivi des jeunes de cette catégorie, et la mise en place d’un écosystème élargi pour accueillir et orienter les jeunes NEET vers des options personnalisées répondant à leurs besoins spécifiques.
Le chef du gouvernement a estimé que le moment de la publication de cet avis "est inhabituel car il coïncide avec la présentation du bilan de mi-mandat du gouvernement, surtout qu'il émane d'une institution officielle", tout en affirmant qu'il a abordé le rapport avec bonne foi.
Lors de sa réponse aux interventions des conseillers ce jeudi 9 mai, Aziz Akhannouch a souligné que l'emploi et la formation des jeunes "sont une préoccupation que nous partageons tous", et a considéré, en présence de plusieurs ministres, que "la nouveauté ne réside pas dans le fait d'identifier ce problème, mais l'heure est à trouver des solutions", avant d'ajouter : "J'ai examiné les solutions proposées par l'avis, et il m'a semblé qu'elles n'étaient pas convaincantes".
"Au gouvernement, nous ne nous sommes pas contentés de diagnostiquer le phénomène, mais avons commencé à mettre en œuvre une série de mesures pour y faire face, en tête desquelles la réforme du secteur de l'éducation. Nous luttons contre le décrochage scolaire en accordant une attention particulière au transport scolaire, à la restauration scolaire et aux internats, ce qui nous permettra de réduire le taux de décrochage scolaire d'un tiers", a déclaré le chef de l'exécutif.
Et de poursuivre : "Nous avons créé 16 nouveaux centres dans le cadre du programme Seconde Chance qui bénéficiera à plus de 80.000 personnes, et avons lancé la stratégie Maroc Digital 2030, qui prévoit la formation de plus de 100.000 jeunes dans le domaine numérique chaque année, contre 14.000 en 2022.
Aziz Akhannouch a également mentionné le lancement du programme Awrach, "qui a permis à 50.000 jeunes de trouver un emploi stable", et du programme Forsa, qui "a bénéficié à 21.000 entreprises et coopératives sur 300.000 ayant soumis leur demande".
Pour conclure, il a noté que son gouvernement avait mis en œuvre un ensemble de grands chantiers sociaux, et convenu avec les syndicats d'augmenter les salaires pour les employés du secteur public et les travailleurs du secteur privé, tout en augmentant les revenus de l'État. Il a ajouté que cela permettrait de garantir la pérennité des divers programmes sociaux mis en place, et qu'en retour, le gouvernement n'augmenterait pas l'impôt sur le revenu ni la taxe sur la valeur ajoutée.
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