Fraises contaminées. L’association des producteurs dans l’incompréhension
Suite à l’alerte sanitaire relative à un lot de fraises exportées du Maroc vers l’Espagne, les producteurs de fruits rouges rassurent sur l’état sanitaire de leur production et se disent surpris par la virulence médiatique affichée de l’autre côté de la Méditerranée. Médias24 fait le point avec Amine Bennani, président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges.
Les producteurs marocains de fruits rouges ont été surpris par l’emballement médiatique consécutif à l’alerte sanitaire du Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF), récemment déclenchée suite à une notification émise par l’Espagne en rapport avec la détection de la présence du virus de l’hépatite A dans des fraises importées du Maroc.
Les investigations menées par les services de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) n’ont pas révélé de traces d’hépatite A ni du norovirus, "et aucune contamination des eaux souterraines n’a été détectée. De plus, les employés de l’exploitation concernées sont soumis à un contrôle strict pour garantir la sécurité sanitaire", avance un communiqué de l’ONSSA.
"Les opérateurs ont également fait un screening sur les deux ou trois derniers jours sans constater de contamination. Même la station de conditionnement qui est concernée par la notification a réalisé un nouveau contrôle au niveau des stocks et auprès des agriculteurs partenaires, qui s’est lui aussi révélé négatif", assure à Médias24 Amine Bennani, président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges.
"Nous ne remettons pas en question les analyses effectuées en Espagne ni ne mettons en doute leur véracité", reprend notre interlocuteur. "Mais nous sommes tout de même surpris. Il se peut qu’il y ait eu un accident, mais les opérateurs marocains font tout pour éviter ce genre de situation", assure-t-il encore.
"L’accident peut survenir à cause d’un ouvrier ou d’une eau d’irrigation contaminés par l’hépatite. Sauf que les analyses qui ont été effectuées ont écarté ces hypothèses", précise-t-il, lui qui ne cache pas son étonnement à propos de la virulence des médias européens, espagnols en particulier, dans le traitement de cette affaire.
"Nous avons été très étonnés par cette notification, mais aussi par la virulence dans le traitement de l’information côté espagnol dès l’annonce de la notification. La machine médiatique s’est rapidement emballée, comme si ça avait été préprogrammé", déplore M. Bennani.
D’autant que cette affaire coïncide avec "les récentes protestations en Espagne concernant la production de pays tiers accusée d'être non conforme aux règles sanitaires. "Ces revendications ont pour objectif de développer davantage leur production", souligne le président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges.
Aucune notification n’a émané des autres pays importateurs
Or la production marocaine de fruits rouges et de fraises (2.500 ha) est connue et reconnue pour son respect des engagements et des cahiers des charges internationaux. "Nous sommes une filière productrice et exportatrice depuis une vingtaine d’années et n’avons jamais recensé de cas similaire auparavant. Nous exportons plus de 90% de notre production vers les pays de l’Union européenne et l’Angleterre et il n’y a jamais eu de problème", affirme Amine Bennani.
"Lorsque nos autres clients ont eu vent de la réclamation espagnole, ils ont analysé les produits qu’ils ont importés et, là encore, les résultats étaient négatifs. De plus, aucune réclamation n’a émané des marchés russe et asiatique (Moyen-Orient, Hong Kong)", ajoute-t-il.
Par ailleurs, si l’ONSSA a rassuré en indiquant que le lot de fraises en question était exclusivement destiné à l’export, Amine Bennani tient à éclaircir ce point. "La différence réside dans le fait que la production qui est vendue au Maroc ne répond pas à un cahier des charges uniquement du point de vue calibre ou couleur". Sinon, les analyses et le traitement sont les mêmes. L’ONSSA a d’ailleurs effectué des analyses dans les marchés de gros. Ils se sont révélés négatifs.
"De notre côté, nous effectuons des analyses dans les stations de conditionnement, mais aussi au niveau des parcelles de production, sans savoir au préalable si les fruits vont être destinés à l’export ou au marché local", conclut Amine Bennani.
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