“Escobar du Sahara” : l'activiste Mohamed Reda Taoujni condamné à deux ans de prison ferme sur plainte de Ouahbi
Suite à deux plaintes déposées par le ministre de la Justice, le tribunal de première instance d'Agadir a condamné, le mercredi 21 février, l'activiste Mohamed Reda Taoujni à une peine de deux ans de prison ferme, pour s'être exprimé sur le dossier de "l'Escobar du Sahara".
L'activiste Mohamed Reda Taoujni, qui se présente sur les réseaux comme un "citoyen marocain rêvant d'un avenir meilleur", confirme ce jeudi 22 février sa condamnation par le tribunal de première instance d'Agadir, à deux ans de prison ferme. Un jugement que l'intéressé qualifie d'"injuste".
Mohamed Reda Taoujni, connu pour ses vidéos polémiques, a été entendu par la police le 9 février dernier, après que le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a déposé deux plaintes contre lui.
L'activiste est en effet accusé de :
- usurpation de fonction réglementée par la loi ;
- outrage à un agent public dans l'exercice de ses fonctions ;
- récidive : diffusion et distribution d'allégations et de faits mensongers dans le but de porter atteinte à la vie privée des individus ou de les diffamer ;
- enregistrement et diffusion d'images d'une personne sans son consentement.
Taoujni s'est exprimé au sujet du dossier "Escobar du Sahara"
Le tribunal de première instance d'Agadir avait reporté le procès de Mohamed Reda Taoujni jusqu'au mercredi 21 février, à la demande de son avocat qui sollicitait un délai pour préparer sa défense. Le tribunal avait rejeté la demande de libération provisoire avant de le condamner mercredi à une peine de prison ferme.
Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook le jour de son audition par la police d'Agadir, Mohamed Reda Taoujni raconte : "Abdellatif Ouahbi, en tant que ministre de la justice, a déposé deux plaintes contre moi à propos du dossier d'Escobar du Sahara. Je viens d'être entendu par la police. J'aurais préféré qu'il dépose ces deux plaintes en sa qualité d'avocat ou de secrétaire général du PAM, pour éviter de mêler l'Etat marocain, qui vient de remporter la présidence du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, à cette question".
Il ajoute : "Pourquoi déposer une plainte en la qualité de ministre alors que, moi, j'ai évoqué l'Escobar du Sahara. Je suis parti en Mauritanie pour investiguer sur le sujet, pour comprendre ce qui se passe dans notre pays... J'ai dit que, par souci éthique, le secrétaire général du PAM, suite à l'incarcération de deux membres du parti dans l'affaire de l'Escobar du Sahara, doit présenter sa démission... Deuxièmement, j'ai dit que le ministre de la Justice doit présenter sa démission du gouvernement et se mettre à la disposition de la Justice jusqu'à la fin de l'enquête, du moment que son nom est cité par Saïd Naciri".
Pour le moment, les motifs du jugement n'étant pas encore disponibles, il n'est pas possible de savoir pour quels propos il a été précisément condamné, ceux là ou d'autres.
Pour rappel, le PAM avait mis en garde, dans un communiqué publié en janvier, contre toute tentative de "nuire à l’image du parti, à ses dirigeants et ses militants", à travers une "instrumentalisation" du dossier "Escobar du Sahara", en cours d’examen par la justice.
Une vingtaine d'individus sont impliqués dans cette affaire de trafic international de drogue. Pour l'heure, Abdenbi Bioui et Saïd Naciri ressortent comme les figures de proue d'une affaire enchevêtrée. Aux côtés de ces deux hommes politiques, on retrouve des trafiquants présumés, des membres des forces de l'ordre, des notaires, des hommes d'affaires...
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