Reportage. African Lion, au cœur de l’exercice de lutte contre les armes de destruction massive
Rapidité, efficacité et interopérabilité. Ce triptyque décrit fidèlement l’intervention conjointe des Forces Armées Royales et de l’U.S Army, dans le cadre d’un exercice de lutte contre les armes de destruction massive, organisé ce jeudi 8 juin à Agadir, à l’occasion de la 19e édition de l'exercice African Lion.
Sans l'intervention éclair des Forces Armées Royale et de l’U.S Army, la journée de rêve aurait pu tourner au cauchemar. Certes, l’attaque terroriste dont ont été victimes des civils n’était qu’un simple exercice de lutte contre les armes de destruction massive, organisé à l’occasion de la 15e édition de l'exercice African Lion.
Mais par sa soudaineté, cet acte prouve que c’est souvent quand on l’attend le moins que le danger survient. D’où l'intérêt de simuler ce type de menace pour mieux s’y préparer. Comme ce fut le cas, ce jeudi 8 juin à Agadir.
Au-delà de tester la coordination et la communication entre les différents intervenants, mais encore de s’initier aux procédures d’analyse, de conditionnement et de transport des échantillons chimiques, cette simulation offre d’autres avantages.
"L’opération permet également d’évaluer et de développer le niveau d’interopérabilité avec les différents intervenants nationaux et internationaux dans le domaine de la réponse radiologique, chimique et explosive", nous explique le capitaine Yassine El Khadiri, de l’unité de secours et de sauvetage des FAR.
Une simulation grandeur nature
En cette matinée paisible, les oiseaux gazouillent. Les feuilles des arbres dansent dans l'air au rythme d’une rafraîchissante brise. Le soleil pointe enfin le bout de son nez après plusieurs averses nocturnes. Sur un terrain de football gazonné, les Rouges mènent largement contre les Bleus, qui ne prennent pas ombrage de la supériorité technique de leurs adversaires.
Bref, tout est parfait dans le meilleur des mondes. Puis soudain, une voiture fait irruption en trombe dans l’enceinte sportive, suivie d’une explosion brusque d’où s’est élevée une fumée blanchâtre. D’abord, il y eût un moment de panique.
Les joueurs ont déguerpi aux quatre coins du terrain sans demander leur reste et encore moins le score. Les supporters ont commencé à tousser avant de s’affaler par terre, inanimés, certainement à cause de la substance inconnue qu’ils venaient d'inhaler. Moins de trente secondes plus tard, les équipes d’interventions étaient déjà sur place.
La première étape est cruciale. Elle consiste à sécuriser le site d’intervention par les forces de l’ordre, avant d'effectuer un zonage de la zone sinistrée. Ce zonage est dévolu à une équipe composée d’un opérateur d’élimination de munitions explosives (EOD) et de deux techniciens spécialisés dans les menaces nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC).
Une intervention rapide et efficace
En un rien de temps, la zone d’attaque a été investie par des hommes en tenues d’intervention dans une chorégraphie rapide mais réglée comme du papier à musique. Une partie de la coalition maroco-américaine regroupait les victimes pour une décontamination d’urgence dans des tentes hermétiques montées spécialement à cet effet, avant une évacuation sanitaire par voie aérienne.
Un impressionnant hélicoptère des Forces Royales Air s’est posé dans un vacarme assourdissant sur le rectangle vert, faisant tournoyer dans les airs des brins d’herbe. En parallèle, une seconde équipe neutralise minutieusement les engins explosifs improvisés avec le concours d’un robot high-tech, avant une décontamination de masse des lieux.
D’après le sergent Chaimae Darghane, de l’Unité de secours et de sauvetage des FAR, il est crucial de procéder à la "détection et identification des agents radiologiques, ainsi qu’un suivi minutieux des conditions météorologiques". En particulier le sens du vent, de peur qu'il ne participe à la dispersion de la matière dangereuse.
Et d’ajouter : "Il s’agit ensuite de lancer l'échantillonnage et l’identification des agents chimiques par le laboratoire mobile d’analyse américain." "Cette identification ne prend pas plus d’une minute", reprend le capitaine Yassine El Khadiri.
Tout un programme exécuté au millimètre, où l’erreur n’est permise à aucun moment et qui se conclut le plus souvent par le lancement d’une investigation criminalistique. Ce ne sera bien évidemment pas le cas dans le cadre de cette simulation qui atteste des capacités des FAR à faire face aux armes de destruction massive.
"C’est ma troisième participation à l’exercice African Lion. J’ai constaté les excellentes aptitudes des Forces armées royales", assure l'adjudant de l’U.S. Army, Joseph Leszunov. "Nous sommes également satisfaits du niveau d’excellence en termes de coopération entre le Maroc et les Etats-Unis", conclut-il.
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