Marrakech : comment le secteur touristique s’est adapté au Ramadan

Après deux ans de crise qui ont rebattu les cartes, le Ramadan n’est plus synonyme de travaux de rénovation hôtelière et de chiffre d’affaires en berne. Optimistes en termes d’arrivées pour la haute saison qui démarre, plusieurs opérateurs avancent que Marrakech reste une exception au Maroc, avec des visiteurs étrangers qui n’hésitent plus à s'y rendre durant le mois sacré.

Marrakech : comment le secteur touristique s’est adapté au Ramadan

Le 24 mars 2023 à 16h20

Modifié 24 mars 2023 à 19h55

Après deux ans de crise qui ont rebattu les cartes, le Ramadan n’est plus synonyme de travaux de rénovation hôtelière et de chiffre d’affaires en berne. Optimistes en termes d’arrivées pour la haute saison qui démarre, plusieurs opérateurs avancent que Marrakech reste une exception au Maroc, avec des visiteurs étrangers qui n’hésitent plus à s'y rendre durant le mois sacré.

Redoutée avant la crise, en raison de la baisse des arrivées internationales qui affecte la plupart des grandes destinations touristiques du Maroc, la période du Ramadan ne constitue plus un repoussoir à Marrakech où la majorité des hôteliers s’est adaptée aux desiderata des touristes étrangers.

"Hasard du calendrier, le Ramadan coïncide avec les vacances scolaires en Europe"

"Cette année, nous avons beaucoup de clients anglais, français, hollandais… qui ont déjà réservé, car les vacances scolaires de Pâques en Europe commencent et vont durer toute la période du Ramadan, qui court du 23 mars à la fin du mois d'avril", se réjouit Mehdi Bennani Smires, propriétaire de l’hôtel Boutique 5 étoiles Sirayane situé à Marrakech.

Tout en insistant sur le fait que le calendrier a bien fait les choses, en faisant coïncider le mois sacré avec la haute saison printanière et les fêtes religieuses de Pâques et de Pessah, l'hôtelier tient à préciser que la ville ocre s’est toujours distinguée des autres destinations marocaines durant la période du Ramadan.

"À Marrakech, tout reste ouvert"

Selon lui, Marrakech a toujours été moins impactée par le Ramadan que d’autres villes touristiques, avec des services qui restent inchangés pour la clie ntèle étrangère, à l'exception des discothèques qui ferment pendant un mois.

"En effet, tous les grands restaurants comme le Palais Jad Mahal, le Comptoir Darna ou Le Grand Café de la Poste continuent de recevoir avec un service normal, et les boutiques restent ouvertes toute la journée, et même la nuit, sauf pendant la rupture du jeûne qui dure une trentaine de minutes", rappelle Mehdi Bennani Smires. Selon lui, le taux de désaffection à Marrakech ne sera pas vraiment significatif par rapport à d'autres villes marocaines qui s'adaptent moins.

La clientèle religieuse juive très attendue

En dehors des familles européennes qui se rendent à Marrakech durant la période des vacances scolaires, de nombreux touristes juifs venus du monde entier sont également attendus pour célébrer Pessah, la fête juive de Pâques qui dure du 5 au 13 avril.

Un renfort bienvenu en termes d’arrivées sachant que cette clientèle réquisitionne des centaines de chambres dans plusieurs hôtels luxueux ou des clubs avec des formules All inclusive qui offrent une nourriture casher, ainsi que tout le cérémonial religieux qui l'accompagne.

Un impact négatif limité à 10% sur les arrivées étrangères

Mehdi Bennani Smires estime que près de 10% de touristes étrangers préfèrent reporter leur séjour après le Ramadan pour "ne pas choquer les musulmans". En raison de la persistance de cet impact, l’hôtelier table sur un mois d’avril moins lucratif, mais qui s’annonce toutefois satisfaisant avec l’appoint d’une clientèle de golfeurs attirés par les beaux jours du printemps.

Même son de cloche pour Othman Cherif Alami, président du groupe Atlas Voyages, qui ne considère plus du tout "le Ramadan comme un handicap, en termes d’arrivées".

"Le Ramadan n’est plus considéré comme une période handicapante"

"En effet, l’extraordinaire croissance des marchés anglais, français, et notamment des juifs du monde entier qui viennent en pèlerinage à Marrakech, El Jadida, Tanger, Larache et Agadir, montre que cette période ne pose plus de problèmes d’attractivité aux étrangers comme par le passé", explique Othman Cherif Alami pour qui la donne a totalement changé.

A l’appui de sa thèse, il cite le patron du site Trip Advisor qui, en s’appuyant sur les résultats d’un sondage auprès de milliers de clients britanniques, a déclaré à trois reprises à Agadir que "la destination Maroc était la plus demandée durant toute l’année, quelle que soit la période".

"La seule baisse des arrivées viendra du marché domestique"

"En réalité, le seul marché qui sera impacté par le Ramadan est celui de la clientèle nationale, qui devrait passer de 30% de la valeur totale des arrivées à environ 10%", estime le président d'Atlas Voyages, en ajoutant que cette perte ne devrait pas gâcher les excellentes perspectives de cette période.

En effet, il y a eu une première période où le Ramadan, qui tombait entre juin et septembre, n’impactait pas le niveau des arrivées du tourisme de loisirs, suivie d’une deuxième entre mars et mai, où le mois sacré pouvait altérer la fréquentation internationale de 10% à 20%.  Et aujourd’hui, le Maroc bénéficie d'une tendance post-pandémie, où l’envie de voyager est encore plus forte.

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