img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

L’agenda de Sintram, poids lourd du BTP, pour éviter la faillite

En difficulté, Sintram bénéficie d’un plan de continuation sur neuf ans. L’entreprise doit régler l’intégralité de ses dettes selon un échelonnement obligatoire. Ne pas respecter ses engagements, c’est s’exposer de facto à la liquidation judiciaire.

L’agenda de Sintram, poids lourd du BTP, pour éviter la faillite
Par
Le 23 mars 2023 à 15h33 | Modifié 23 mars 2023 à 18h40

Jours difficiles chez Sintram. Créée dans les années 1980, l'entreprise, l'une des plus importantes sur le marché marocain des BTP, fait face à une dette déclarée de 3,4 milliards de dirhams. Depuis 2021, elle opère sous la protection du tribunal de commerce de Casablanca. Une procédure de redressement couronnée, une année plus tard, par l'adoption d'un plan de continuation.

Fixé en avril 2022, le plan astreint Sintram à régler l'intégralité des créances dans les neuf prochaines années. Avec un échelonnement qui diffère selon les montants en jeu. A titre d'exemple, les dettes inférieures à 100.000 DH doivent être obligatoirement payées la première année du plan. Celles supérieures à 5 MDH doivent l'être vers la neuvième année.

Le plan a été homologué par le tribunal, qui a estimé que la situation de l'entreprise pouvait être redressée. Sintram, qui emploie près de 600 salariés, invoque une trentaine de marchés en cours, d'un montant avoisinant les 5 milliards de dirhams. Le rapport évoque également près de 1 MMDH de marchés concernant des travaux n'ayant pas encore été achevés. Ce sont là les déclarations de l'entreprise, reprises par le syndic dans le rapport assorti à la proposition du plan de continuation.

Les praticiens le savent : le plan de continuation est facilement accordé, mais est tout aussi facilement résiliable. Son maintien dépend de la capacité de l'entreprise à honorer ses engagements. Un faux pas et c'est la "résolution", synonyme de liquidation judiciaire. Les statistiques marocaines ne rassurent pas en ce sens. Sur dix entreprises en redressement, neuf basculent dans l'irrémédiable.

L'Office des changes est le plus gros créancier avec 1,3 MMDH

Dans le cas de Sintram, 600 créanciers sont à l'affût. Parmi les principaux, des entités publiques, des établissements bancaires et de nombreuses sociétés de leasing. Des créanciers "privilégiés" qui totalisent à eux seuls 2,9 MMDH.

Sur le papier et sous réserve de validation par le tribunal, l'Office des changes est le plus gros créancier avec 1,3 MMDH. Comment expliquer une telle somme ? Ce volet mérite en soi un article.

La procédure est gérée par le syndic Samir Tabet. Son mandat consiste aujourd'hui à s'assurer du respect du plan par Sintram. Il doit adresser au juge-commissaire un rapport quadrimestriel dans lequel il décrit la situation de l'entreprise et, surtout, remonter toute violation en lien avec le paiement des créanciers dans les délais impartis.

Sintram est présidée par El Miloud Benhammane, ancien président de la Fédération nationale des bâtiments et travaux publics. Le dossier de son entreprise confirme la situation morose d'un secteur qui subit encore les effets de la période Covid-19. Même si Sintram explique plutôt ses difficultés par des dépenses importantes engagées depuis quatre ans, notamment en équipements acquis en leasing. A cela s'ajoute une créance-client non recouvrée dépassant les 600 MDH.

LIRE AUSSI

Exclusif. La dette colossale de Sintram, poids lourd des BTP en redressement

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 23 mars 2023 à 15h33

à lire aussi

Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”
DIPLOMATIE

Article : Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”

L'Union européenne a affiché jeudi 16 avril 2026 à Rabat une position nettement plus explicite sur le Sahara marocain, en estimant qu'"une autonomie véritable" sous souveraineté marocaine pourrait constituer "une solution des plus réalisables" pour clore ce différend régional.

DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni
ECONOMIE

Article : DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni

Validation en temps réel, rôle central de la DGI dans la circulation des factures, intégration des systèmes d’information et contrôle renforcé des délais de paiement… La réforme de la facturation électronique se précise, avec un déploiement progressif et un écosystème en cours de structuration.

Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc
ECONOMIE

Article : Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc

En annonçant une réduction de ses effectifs d’ingénieurs dans ses centres de recherche et développement, Renault fait naître des interrogations au Maroc, où le groupe vient de lancer un nouveau centre d’ingénierie en 2025.

Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial
Science

Article : Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial

Derrière ses dômes blancs, l’Observatoire de l’Oukaïmeden s’est mué en quelques années en une véritable machine à découvertes. Fort de plus de 4.700 objets célestes identifiés et de collaborations internationales de haut niveau, il s’affirme désormais comme une infrastructure stratégique, à la croisée de la recherche, de la technologie et de la souveraineté scientifique. Et ce n'est qu'un début.

Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc
Régions

Article : Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc

Une convention entre plusieurs institutions publiques acte le démarrage des études chargées de fixer le modèle économique, la gouvernance et les modalités de financement du programme.

Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques
Football

Article : Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques

Le rapport de la FIFA et de l’Organisation mondiale du commerce sur la Coupe du monde 2026 donne une estimation des retombées économiques de la compétition, aussi bien dans les pays organisateurs qu’à l’échelle mondiale. Des projections qui se recoupent sur plusieurs aspects avec celles annoncées en vue du Mondial 2030.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité