Précipitations : la majeure partie du Maroc en déficit pluviométrique au 20 mars 2023
L’analyse de l’évolution de la situation pluviométrique dans 20 villes du Royaume, du 1er septembre 2022 (lancement de la campagne agricole) au 20 mars 2023, révèle un déficit pluviométrique dans 19 d'entre elles. Seule Tanger n’est pas concernée par ce déficit, alors qu'à Ifrane, la situation est préoccupante.
Depuis début mars, Médias24 vous présente la situation climatologique dans 20 importantes stations météorologiques du Royaume, représentatives des plus grandes villes et des chefs-lieux des zones agricoles. En comparaison avec la moyenne normale des trente dernières années, l’évolution de la situation pluviométrique dans ces villes, du 1er septembre 2022 au 20 mars 2023, indique un déficit pluviométrique quasiment généralisé.
C'est le cas de 19 des 20 villes de notre échantillon, en particulier Ifrane. Quatre villes ont été marquées par un déficit inférieur à 100 mm (Béni Mellal, Errachidia, Kénitra et Oujda). Douze stations ont enregistré un déficit compris entre 100 et 200 mm (Settat, Marrakech, Casablanca, Agadir, El Jadida, Al Hoceima, Tétouan, Meknès, Safi, Essaouira, Fès, Nador). Enfin, les stations pluviométriques de Rabat, Taza et Ifrane ont fait état d’un déficit supérieur à 200 mm.
Tanger s'en tire à bon compte
Seule Tanger est dans le vert. Pour autant, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima n’échappe pas au déficit pluviométrique. Car si la ville du détroit est la seule du Royaume à connaître un excédent (47 mm) par rapport à la moyenne normale des précipitations lors des trois dernières décennies, Tétouan (-135 mm) et Al Hoceima (-130 mm) sont particulièrement touchées par le déficit de précipitations.
Plus à l’est, Nador et Oujda sont elles aussi concernées par un déficit pluviométrique, respectivement de l’ordre de 200 mm et 82 mm. Du côté de la région de Fès-Meknès, réputée pour son secteur agricole (céréales, oignons), Ifrane est la ville qui a enregistré le plus important déficit pluviométrique (-311 mm), suivie de Fès (-188 mm), Taza (-182 mm) et Meknès (-136 mm).
Le manque de précipitations concerne également la région de Rabat-Salé-Kénitra. Même si Rabat (-240 mm) est beaucoup plus affectée par ce phénomène que Kénitra (-59 mm). Une pénurie des pluies qui a pour effet d’augmenter la pression sur le barrage de Sidi Mohammed Benabdellah, qui alimente en eau potable Rabat et ses environs. Mais pas seulement.
Les réserves de cet édifice, estimées par la Direction générale de l’eau à 279,4 millions de m3 (28,7%), alimentent également Casablanca et sa périphérie, où le déficit pluviométrique atteint 112 mm. El Jadida et Settat ne s’en sortent pas mieux, en concédant des déficits respectifs de 120 mm et 101 mm.
Le recul pluviométrique le moins important a été enregistré à Béni Mellal (-18 mm). Un moindre mal pour cette ville dont la périphérie recèle une multitude de parcelles agricoles (agrumes, céréales, betteraves à sucre), à l’instar de Marrakech.
Sauf que la cité ocre est frappée par une sévère sécheresse et un déficit pluviométrique de l’ordre de 107 mm. Safi (-141 mm) et Essaouira ne sont pas épargnés non plus (-178 mm). Sans surprise, la région de Souss-Massa connaît elle aussi un important recul de la pluviométrie par rapport à la moyenne de ces trente dernières années, avec un déficit de l’ordre de 120 mm à Agadir.
En novembre, les 20 villes étaient en déficit pluviométrique
Sur le plan chronologique, le déficit pluviométrique en septembre a été plus important à Tétouan (-24,4 mm). En parallèle, Ifrane fut marquée par un excédent des précipitations de l'ordre de 20,8 mm. En octobre, Tanger a connu le déficit pluviométrique le plus élevé (-86,1 mm), alors que Béni Mellal a été concernée par un léger excédent (2,9 mm).
En novembre, les stations des 20 villes précitées ont toutes enregistré un déficit, qui a atteint 186,7 mm à Tanger. Les précipitations qui se sont abattues le mois suivant dans le nord du pays ont permis à la ville de retrouver des standards pluviométriques plus conformes à sa position géographique, avec un excédent de pluies relatif au mois d’octobre de 351,4 mm.
Même chose pour les mois de janvier (59,6 mm) et de février (45,9 mm). En mars, Errachidia a enregistré des précipitations proches de la moyenne normale des trente dernières années, puisque le déficit n’était que de 14 mm.
Par ailleurs, ce mercredi 22 mars 2023, le taux moyen de remplissage des barrages est de 34,9%. Selon la Direction générale de l’eau, les réserves globales du Royaume se situent à 5,62 milliards de mètres cubes (MMm3). Il y a un an jour pour jour, les réserves enregistrées atteignaient 5,27 MMm3 (32,7%). Sur ce front au moins, la situation est en légère amélioration.
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