Matériaux de construction : un secteur à fort potentiel capable de répondre à la demande interne (étude)
Le Maroc est en capacité de transformer une part importante de ses 21 milliards de dirhams d’importations de produits et matériaux de construction en production locale, selon une série d’études publiée par l’Office des changes.
La nouvelle étude 2022 de l’Office des changes sur la filière des matériaux de construction décortique les performances et les capacités de développement du secteur hautement névralgique pour le BTP et le développement des infrastructures du Royaume.
La documentation fait savoir que le Maroc est en capacité de transformer une part importante de ses 21 MMDH d’importations de produits et matériaux de construction en production locale. Ce qui est une bonne nouvelle pour la balance commerciale, structurellement déficitaire.
Pour rappel, le marché mondial des matériaux de construction est évalué à plus de 600 milliards de dollars par an. "Un objectif réaliste à l’horizon 2026 serait d’atteindre une part de marché de 0,5%, ce qui permettra à l'économie nationale de multiplier par six ses exportations de matériaux de construction pour atteindre un flux annuel de l’ordre de 3 milliards de dollars", renseigne la même source.
Pour l’heure, notons qu’au niveau des échanges extérieurs du Maroc, les produits de la filière des matériaux de construction s’arrogent une part moyenne de 4,2% du total des produits importés au cours de la dernière décennie. S’agissant des exportations des produits de la filière, elles ne représentent qu’une part moyenne de 1,1% au cours de la même période. D’ailleurs, l’un des points noirs n’est autre que le déficit abyssal de la balance commerciale de cette filière. Il est passé de 11,7 MMDH en 2010 à 17,5 MMDH en 2021. Cette situation laisse légitimement penser que l’un des enjeux majeurs au cours des années à venir sera de rehausser le niveau des exportations du pays en la matière.
Par ailleurs, il convient de souligner que le Maroc a encore du chemin à faire pour s’aligner au niveau de certains pays concurrents ou partenaires en matière d’exportations des matériaux de construction. A titre illustratif, les flux d’exportations de l’Égypte en la matière ont dépassé les 2 milliards de dollars en 2021, soit 3,6 fois le niveau du Maroc (580 millions de dollars). Les ventes à l’étranger de la Turquie ont franchi, sur la même période, la barre symbolique des 11 milliards de dollars (11,6 milliards de dollars).
La publication de l’Office des changes a aussi mis en avant les données communiquées en 2020 par la Fédération des industries des matériaux de construction (FIMC). Et ce, dans le cadre de la proposition globale de la CGEM pour l’élaboration du Plan de relance économique.
6,62% du PIB de l’industrie nationale
Le secteur des matériaux de construction compte plus de 700 entreprises environ, avec à la clef un chiffre d’affaires global annuel de l’ordre de 45 milliards de dirhams (MMDH). Le secteur génère plus de 200.000 emplois directs et indirects. La valeur ajoutée produite annuellement tourne autour de 14 MMDH. Ce qui représenterait 6,6% du PIB de l’industrie nationale. A ce stade, l’étude susmentionnée passe en revue quelques indicateurs en lien avec la consommation de ciment, pénalisée par la pandémie de Covid-19 et dont les séquelles sont toujours perceptibles au niveau national. "En 2021, la consommation de ciment se redresse de 13,8% pour atteindre 14 millions de tonnes, soit à peine le niveau constaté en 2016 et loin derrière le record enregistré en 2011 (16,1 millions de tonnes)", souligne la publication de l’office public.
Eclaircie salutaire
La même source rappelle qu’au cours des dix dernières années, la production de logements a atteint 1.308.766, dont 35.356 à faible valeur immobilière (140.000 DH par unité), 501.223 logements à 250.000 DH, 140.134 appartements de type moyen et haut standing et 12.640 villas. Les indicateurs d’activités du secteur du BTP semblent présager un rebondissement en 2022, selon la dernière note de conjoncture publiée par le HCP.
Ce dernier a fait état de la poursuite de l’amélioration de l’activité de construction amorcée depuis le deuxième trimestre 2021. De même, il est indiqué qu’au titre de l’année en cours, les grands équipements publics et chantiers d’infrastructures vont continuer à se développer à un rythme soutenu, entraînant un effet vertueux sur le secteur de la construction et sur la filière des matériaux de construction.
Cinq régions s’adjugent 53% des carrières
L’étude de l’Office des changes révèle que les données d’activité des industriels des matériaux de construction par zone géographique sont assez rares. "Mais il est possible de présenter quelques données parcellaires disponibles qui donnent un avant-goût du degré de concentration de ces activités. Dans le domaine des carrières de granulats, toutes les données sont disponibles au niveau du ministère de l’Équipement et de l’eau (MEE) mais sont confidentielles", indique notre source.
Toutefois, en 2012, le département de l’Équipement et de l’eau a rendu public un inventaire général des carrières au Maroc. Celui-ci a fait ressortir le chiffre de 1.885 carrières sur tout le territoire national, avec une forte présence dans la région de Meknès, Chaouia-Ouardigha, le Souss, Marrakech et Doukkala-Abda. Ces cinq régions représentaient, à elles seules, plus de 53% de l’effectif des carrières marocaines.
À découvrir
à lire aussi

Article : Bilan de fin de saison. Fortunes diverses, mais dynamique positive pour les internationaux marocains
Alors que la majorité des championnats touchent à leur fin, les internationaux marocains ont pour la plupart signé des saisons de haute volée. Un constat qui s’applique également à ceux qui n’ont rien gagné, mais dont les prestations ont été unanimement saluées. De bon augure en perspective du Mondial 2026.

Article : Criquets pèlerins aux portes du Souss : quel risque pour l'agriculture ?
Ils sont jaunes, parfois rosâtres, et inquiètent les agriculteurs du Souss. Des criquets pèlerins ont été observés à proximité des champs agricoles de Chtouka Aït Baha. Voici ce qu'il faut savoir sur la situation.

Article : En 2025, l’aggravation du déficit extérieur en biens et services retire 3,8 points à la croissance
Au-delà de la sécheresse, la croissance au Maroc est aussi affaiblie par une fuite importante de la demande vers les importations. En 2024, le solde extérieur a retiré 2,5 points à la croissance. En 2025, selon nos calculs, cette perte atteint 3,8 points. Une partie de l’effort d’investissement et de consommation se transforme ainsi en production étrangère, plutôt qu’en valeur ajoutée locale.

Article : Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché
Avec plus de 11% du MASI et une contribution de +656 points de base depuis le début de l’année, les minières prennent une place centrale dans les mouvements de la Bourse de Casablanca.

Article : SkyStriker : le drone “précis, silencieux et mortel” rejoint l’arsenal des FAR
Précis, silencieux et dopé à l'intelligence artificielle, ce nouveau vecteur de frappe à bas coût renforce considérablement la résilience et la réactivité du dispositif de défense marocain.

Article : GST Rabat-Salé-Kénitra : un budget de 1,8 milliard de DH en 2026, le CHU Ibn Sina au cœur des investissements
Un budget 2026 estimé à plus de 1,8 milliard de DH traduisant l’ampleur des investissements engagés dans la région Rabat-Salé-Kénitra, un démarrage progressif du CHU Ibn Sina prévu en deux phases avec une montée en charge, et une feuille de route sanitaire qui vise à réduire les disparités territoriales et à renforcer l’offre de soins.


