Climat des affaires : “Après le diagnostic et la stratégie, il ne reste qu’à déployer pour saisir le momentum” (Chakib Alj)
Lors de la Conférence nationale sur l’environnement des affaires, ce mercredi 15 mars, le président de la CGEM a assuré du soutien de son organisation pour contribuer à améliorer l’environnement des affaires.
"Sachez que vous pouvez compter sur le secteur privé, à travers la CGEM, en tant que partenaire engagé, franc, sincère et constructif au service du développement socio-économique de notre pays." C’est ce qu’a promis Chakib Alj, président de la CGEM, lors de la Conférence nationale sur l’environnement des affaires, qui avait pour thème : "Une nouvelle génération de réformes".
"Un développement qui ne pourra se faire sans un environnement des affaires sain, fluide et favorable à l’entrepreneuriat et à l’investissement, d’où notre réunion d’aujourd’hui", a-t-il ajouté. "Le diagnostic a été fait, la stratégie a été réalisée, les axes prioritaires ont été définis ; il ne reste plus qu’à déployer pour saisir pleinement le momentum et positionner le Maroc comme un choix naturel et une destination de choix pour les investisseurs."
L’opérationnalisation récente du dispositif de soutien principal à l’investissement et du dispositif de soutien spécifique applicable aux projets d’investissement à caractère stratégique permettront "sans aucun doute de libérer les énergies pour atteindre les deux tiers d’investissement privé et un tiers d’investissement public à l’horizon 2035".
Selon Chakib Alj, "il est indispensable que toutes les parties prenantes – gouvernement, secteur privé et banques – tiennent leurs engagements, qui figureront dans le Pacte national pour l’investissement ; lequel, pour rappel, vise un investissement cumulé de 550 milliards de dirhams et la création de 500.000 emplois à l’horizon 2026".
Financement, bourse, PPP
Chakib Alj a également fait un focus sur le financement, expliquant que la CGEM suit de près "les actions en cours pour l’activation du Fonds Mohammed VI, avec une enveloppe de 120 à 150 milliards de dirhams sur cinq ans, ce qui permettra à l’Etat de co-investir avec le secteur privé, dans le cadre de PPP, notamment dans des secteurs stratégiques et/ou nécessitant une certaine impulsion, sous forme de financement alternatif à ce que nous connaissons déjà".
En parlant des financements alternatifs, "nous gagnerions aussi à dynamiser la bourse de Casablanca pour permettre au marché des capitaux d’accompagner le développement, celui des PME en l’occurrence", a insisté le président de la CGEM.
D’autres leviers sont indispensables
Par ailleurs, Chakib Alj rappelle qu’en plus de tout ce qui est effectué, "il est impératif que ces avancées soient accompagnées, voire complétées, par l’activation d’un ensemble de leviers indispensables mais toujours manquants".
Il a cité plusieurs aspects, en particulier l’offre foncière qui gagnerait à être renforcée "à travers l’élargissement des réserves dédiées aux zones industrielles ou le développement de zones industrielles à la location ou de zones industrielles de proximité".
Il a également énuméré "la facilitation de l’accès au financement à travers la mise en place de mécanismes d’accompagnement intégrés pour les TPME, en particulier la mise en place d’un Small Business Act, pour offrir aux TPME un cadre propice à leur développement", et "la réduction du coût des facteurs de production, un autre sujet prioritaire, via la libéralisation maîtrisée du secteur électrique et de la moyenne tension, pour réduire le coût de l’énergie et accélérer la décarbonation".
Sur le sujet des procédures administratives, "leur simplification et digitalisation n’est plus un luxe, mais un enjeu de taille", a insisté Chakib Alj, appelant à accélérer la cadence de ce chantier, surtout en termes d’inter-opérabilité entre les différentes administrations pour offrir aux entrepreneurs une meilleure expérience du service public, ou encore en termes de dématérialisation des tribunaux".
Parmi les leviers indispensables, Chakib Alj a par ailleurs cité le chantier des marchés publics, qui a enregistré des avancées, le grand sujet de l’intégration du petit et du grand informel, l’amélioration de l’attractivité des territoires et le travail de fond pour le développement du capital humain, avec une "transformation urgente du système de la formation continue".
"Alors que nous légiférons encore au Maroc pour que l’acte d’entreprendre ne soit plus un parcours du combattant, certains secteurs stratégiques, comme celui de la Tech par exemple, pâtit en raison d’une réglementation lourde."
Chakib Alj appelle à réaliser un travail de fond pour instaurer un modèle plus ouvert et plus flexible, en matière de réglementation en particulier.
"La CGEM a jusqu’à présent tenu l’ensemble de ses engagements formalisés dans l’accord social du 30 avril 2022. Cependant, nous déplorons le retard accusé par l’Etat et les centrales syndicales dans le respect de leurs engagements.
"Face à un contexte changeant et incertain, notre pays doit aussi se distinguer par la stabilité de certains facteurs clés : en poursuivant la réforme sur la fiscalité, ou encore en faisant évoluer notre législation du travail en adéquation avec les évolutions de la société, notamment en accélérant la promulgation de la loi organique sur l’exercice du droit de grève, ou encore en œuvrant à l’amendement du Code du travail courant de cette année", a avancé le président de la CGEM, regrettant un certain retard sur ce dernier point.
"La CGEM a jusqu’à présent tenu l’ensemble de ses engagements formalisés dans l’accord social du 30 avril 2022. Cependant, nous déplorons le retard accusé par l’Etat et les centrales syndicales dans le respect de leurs engagements. La loi sur l’exercice du droit de grève devait être promulguée fin janvier 2023 et les négociations sur l’amendement du Code du travail devaient démarrer en début d’année pour être bouclées en juillet 2023."
"Nous insistons ici sur le caractère indivisible de l’accord signé, et invitons l’ensemble des parties prenantes à tenir leurs promesses."
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