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ECONOMIE Ce qu’il faut retenir de la ligne de crédit modulable à laquelle prétend le Maroc

Siège du ministère de l'Economie et des finances à Rabat. Photo Médias24

Le 7 mars 2023 à 20h24

Modifié 28 août 2023 à 12h57

Le Maroc a bénéficié entre 2012 et 2020 de la LPL réservée aux pays qui ne peuvent pas avoir recours à la ligne de crédit modulable. Aujourd’hui, le Royaume passe un cap supérieur en demandant la LCM pour un montant de 5 milliards de dollars. Décryptage.

Ce lundi 6 mars, un communiqué du Fonds monétaire international (FMI) est venu préciser le peu d’informations disponibles sur les discussions entre le Maroc et le FMI pour une ligne de crédit modulable (LCM).

Le Maroc a officiellement demandé l’accord au titre de la ligne de crédit modulable pour un montant équivalent à 5 milliards de dollars. Cette demande a été discutée lors d’une séance informelle. En d’autres termes, rien n’est encore fait.

L’accord définitif ne sera donné qu’après la tenue, "dans les prochaines semaines", du conseil d’administration du FMI, pour prendre la décision.

Le Maroc présente son dossier avec un avantage : la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a l’intention de recommander lapprobation de l’accord.

Qui peut prétendre à la LCM ?

La ligne de crédit modulable est un instrument de financement similaire à la ligne de précaution et de liquidité (LPL), que le Maroc a pu obtenir et a utilisée lors de la crise sanitaire en 2020.

Ce sont deux mécanismes quasiment similaires. Ces lignes sont conçues pour répondre de façon souple aux besoins de liquidité des pays membres. La différence réside dans les critères déligibilité.

La LPL est réservée aux pays membres du FMI "dont l’économie est foncièrement solide, mais qui restent exposés à quelques facteurs de vulnérabilité les empêchant d’avoir recours à la ligne de crédit modulable (LCM)", peut-on lire sur le site de l’institution internationale.

La ligne de crédit modulable, elle, "a été conçue pour répondre à la demande de financement émanant de pays qui présentent une politique et des antécédents économiques très solides pour prévenir et résoudre des crises".

Il s’agit donc d’une facilité réservée à un nombre restreint de pays disposant de fondamentaux économiques plus solides en comparaison avec la LPL.

À ce jour, cinq pays ont fait appel à la LCM : le Chili, la Colombie, le Mexique, le Pérou et la Pologne. Selon le FMI, aucun d’entre eux n’a encore effectué de tirage sur sa ligne de crédit.

Le processus de qualification du pays membre repose sur la vérification de trois principes :

- solidité de ses fondamentaux économiques et de son cadre institutionnel ;

- fermeté continue de sa politique économique, tant à l’heure actuelle que par le passé ;

- engagement pris par le pays à maintenir le même cap à l’avenir.

Pour les critères d’admissibilité, le pays qui veut obtenir la LCM doit répondre à neuf critères  :

- viabilité de sa situation extérieure ;

- compte de capital dominé par des flux de capitaux privés ;

- antécédents d’accès continu aux marchés de capitaux internationaux à des conditions favorables ;

- au moment de la demande d’un accord à titre de précaution, position des réserves qui, en dépit des problèmes éventuels de financement de la balance des paiements qui justifient une aide du FMI, reste relativement satisfaisante ;

- santé des finances publiques, et notamment viabilité de la dette publique ;

- inflation maintenue faible et stable grâce à une saine politique monétaire et de change ;

- système financier sain et absence de problèmes de solvabilité qui pourraient menacer la stabilité du système ;

- contrôle efficace du secteur financier ;

- intégrité et transparence des données statistiques.

Le Maroc passe à un stade supérieur avec le FMI

Ainsi, en prétendant à la LCM, le Maroc passe à un stade supérieur dans sa relation avec le FMI. Car si le Royaume décroche laccord de linstitution internationale, cest en soi une reconnaissance de la solidité de ses fondamentaux économiques et de sa capacité à gérer les crises.

"Prétendre à un tel instrument est la reconnaissance d’un certain niveau de résilience, d’une évolution de notre situation macroéconomique et de notre capacité à gérer les crises qui se sont succédé", confie une source proche du dossier. 

Le recours par le Maroc à cet instrument lui confère plusieurs avantages. En plus de la reconnaissance internationale, qui sera prise en compte par les différents partenaires, agences de notation, investisseurs, etc., cet outil représente lassurance précieuse de faire face aux chocs exogènes et, par là même, de préserver la stabilité macroéconomique du pays et de lui permettre de poursuivre son train de réformes structurelles. 

Comme toutes les autres économies, l’économie marocaine reste exposée aux chocs extérieurs, notamment dans ce contexte de grande volatilité et d’incertitude. La guerre russo-ukrainienne qui perdure, les risques géologiques, la flambée des cours des produits énergétiques et alimentaires, la récession économique dans la zone euro et le resserrement des conditions financières internationales, sont autant de risques contre lesquels il faut se prémunir. 

La LCM est une précaution à prendre dans le cadre de la démarche anticipative. Un précaution de quasiment plus de 51 MMDH, si la décision du FMI est positive.

Pourquoi 5 milliards de dollars, pas plus ou moins ? A cette question, une source proche du dossier nous rappelle que la LCM na pas de limites ou de plafonds. "Dans la mesure où le dossier est conforme et les critères remplis, le pays et le FMI peuvent discuter librement du montant", explique notre source. "C’est une sorte dassurance pour faire face à un choc externe. Partant de là, il faut imaginer ces chocs potentiels et étudier leur impact potentiel. Ce montant est donc le résultat de simulations qui expriment les financements nécessaires pour y faire face", poursuit-elle. "Ces simulations peuvent prendre en compte un choc dû aux cours du pétrole ou des matières premières, à la croissance dans la zone euro et son impact sur les IDE, aux recettes touristiques ou à l’impact de la demande mondiale adressée au Maroc."

5 milliards de dollars, cest le montant demandé à ce stade. Cela dit, rien nempêche quil change au gré des discussions avec le FMI.

Le coût de la LCM

Lautre question qui se pose, cest le coût de cette ligne. Selon le site du FMI, "le coût de l’emprunt au titre de la LCM est identique à celui de l’accord de confirmation traditionnel du FMI et de la ligne de précaution et de liquidité (LPL)" :

>> Commission d’engagement. Le FMI précise que lorsqu’un pays décide de faire appel aux ressources du FMI à titre de précaution, il doit verser une commission d’engagement annuelle sur le montant qui peut être tiré au cours de la période de 12 mois. Cette commission lui sera remboursée au prorata s’il décide de tirer sur ces ressources pendant la période concernée. Cette commission d’engagement augmente selon le niveau d’accès disponible sur une période de 12 mois (15 points de base jusqu’à 115% de la quote-part ; 30 points de base pour 115 à 575% de la quote-part ; 60 points de base pour plus de 575% de la quote-part).

>> Taux du prêt. Comme dans le cas des autres accords du FMI, le taux d’intérêt applicable aux montants prêtés comprend :

1) le taux d’intérêt du droit de tirage spécial (DTS) déterminé par le marché, auquel s’ajoute une marge (actuellement de 100 points de base) et qui constituent ce qu’il est convenu d’appeler le taux de commission de base ;

2) des commissions additionnelles qui dépendent du montant emprunté et de la durée de l’emprunt. Une commission additionnelle de 200 points de base est appliquée sur un encours de crédit supérieur à 187,5% de la quote-part du pays membre. Si l’encours du crédit reste supérieur 187,5% de la quote-part après trois ans, la commission additionnelle passe à 300 points de base. Ces commissions additionnelles liées au montant et à la durée visent à exercer un effet dissuasif sur l’utilisation prolongée d’un montant élevé de ressources du FMI.

>> Commission de tirage. Une commission de tirage de 50 points de base est appliquée au montant de chaque tirage.

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