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Logements sociaux : les aides aux primo-acquéreurs toujours bloquées, selon la FNPI

Malgré les annonces optimistes de la ministre de tutelle, les négociations entre les secteurs public et privé, portant sur le montant des aides publiques à allouer aux primo-acquéreurs de logements sociaux, n’ont toujours pas abouti. Le vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers évoque les raisons d’un blocage qui risque de s’éterniser.

Logements sociaux : les aides aux primo-acquéreurs toujours bloquées, selon la FNPI
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Le 22 février 2023 à 19h43 | Modifié 21 septembre 2023 à 16h34

Depuis son arrivée aux affaires en septembre 2021, le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch souhaite mettre en place un mécanisme d’aides directes aux primo-acquéreurs de logements sociaux pour remplacer l’ancien système qui accordait des avantages fiscaux aux promoteurs immobiliers.

"Le processus n’a souffert d’aucun retard"

Sollicitée par Médias24, Fatima Zahra Mansouri s’est contentée d’affirmer qu’il n’y avait aucun retard particulier dans la mise en œuvre du nouveau protocole, laissant entendre que la publication d’un décret relatif aux modalités de son fonctionnement était imminente.

Pour la ministre, il s'agit d'un report plutôt que d'un retard, qui ne doit en aucun cas être interprété comme un conflit entre les promoteurs et le ministère. Rappelons toutefois que dans deux articles précédents, elle s’était engagée à ce que ce décret soit publié au journal officiel en décembre 2022 puis en janvier 2023 ; or, à ce jour, nous sommes sans nouvelles du montant de l’aide et des modalités pour en bénéficier.

 "En l’état actuel des choses, la faisabilité du projet ministériel est compliquée"

Une absence de progrès confirmée par le vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Il nous révèle qu’il n’y a pas eu la moindre réunion avec le cabinet de la ministre depuis plus de trois mois, à l'exception de la visite d'une délégation de la fédération qui lui a présenté ses condoléances à la suite du décès récent de sa mère.

Alors que les rounds de négociations sont trop espacés, Anis Benjelloun juge "difficile la faisabilité du projet ministériel" consistant à proposer aux primo-acquéreurs issus de classes défavorisées ou moyennes des logements sociaux à 300.000 dirhams TTC ou de moyen standing à 600.000 DH TTC.

"Faute d’avoir pu consulter le cahier des charges, nous ne pouvons pas réaliser des logements à 254.000 DH HT dans la conjoncture actuelle alors que, jusqu’ici, nous vendions des appartements à 250.000 DH HT en étant exonérés de plusieurs taxes (TVA, droit d’enregistrement à la conservation foncière, IS…)", explique notre interlocuteur. Il estime que la défiscalisation engagée en 2010 profite en particulier aux acquéreurs, à l’instar des citoyens qui bénéficient des subventions de blé, gaz et sucre.

"Une conjoncture de crise qui n’arrange rien"

Insistant sur l’absence de rentabilité des logements sociaux et moyen standing aux tarifs de vente imposés par l’Etat, le promoteur rappelle que le coût du foncier a doublé entre 2010 et 2023, et que les prix des matériaux de construction ont littéralement flambé ces deux dernières années. Ainsi, le rond à béton est passé de 6 à 14 dirhams ; la brique de 1,20 à 1,95 dirhams ; le ciment a augmenté de 30%...

"Treize ans après le début de ce programme social, on ne peut pas nous demander de les produire au même prix qu’en 2010, malgré la défiscalisation ou les aides directes aux acquéreurs", explique Benjelloun. Il se refuse à avancer un prix de vente 'idéal', du fait de l’inflation croissante et du manque de visibilité qui empêcherait l’ensemble des promoteurs immobiliers de se projeter.

"Faute d’effort ministériel, le blocage risque de durer jusqu’à 2024"

Interrogé sur l’éventualité d’un blocage qui risque de s’éterniser, le vice-président reconnaît que la profession craint qu’il n’aboutisse pas et qu’il n’y ait pas de livraison de logements sociaux à 300.000 ou 600.000 dirhams d’ici 2024.

"Cela risque de remettre en cause tous les efforts accomplis par le gouvernement pour lutter contre les logements précaires et l’habitat insalubre, car le flux migratoire de populations rurales vers les villes est continu. Faute de logements adéquats et accessibles au budget de cette classe sociale, c’est tout l’écosystème de la construction qui est actuellement en danger, et pas juste les promoteurs", juge Benjelloun. Pour ce dernier, "l’Etat doit prendre le taureau par les cornes, avec des mesures concrètes et réalistes, pour redresser la situation d’une activité impactée par la crise actuelle".

Pour s’en convaincre, notre source rappelle que les cimentiers sont passés d’une capacité de production de 20 millions à 10 millions de tonnes, que les autorisations de construire ont baissé de 50%, et que les industries de la brique et du carreau, les notaires, les architectes, les bureaux d’études… ont tous été affectés par la crise, sans parler des banques qui n’accordent plus autant de crédits.

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Le 22 février 2023 à 19h43

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