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AGRICULTURE

Crise du lait : baisse de la production de 11% et du cheptel bovin laitier de 5% en 2022 (ministère)

Le ministre de l’Agriculture a fait un état des lieux de la filière laitière, le mardi 7 février en commission. Il a présenté les mesures pour venir en aide à un secteur lourdement impacté par la crise Covid, la sécheresse et la flambée des prix des aliments composés.

Crise du lait : baisse de la production de 11% et du cheptel bovin laitier de 5% en 2022 (ministère)
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Le 9 février 2023 à 16h53 | Modifié 25 avril 2023 à 12h30

La Commission des secteurs productifs à la Chambre des représentants s’est réunie mardi dernier pour discuter de plusieurs thèmes ayant trait aux départements de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Parmi les points à l’ordre du jour figuraient l’état de la filière laitière, ses difficultés actuelles et les mesures mises en place pour les surmonter. Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, a présenté un rapport sur la filière en réponse à une question posée par la majorité.

90% des éleveurs disposent de moins de dix vaches

Ce rapport, consulté par Médias24, démontre que la filière laitière a été frappée de plein fouet par la crise du Covid-19, la sécheresse et la hausse des prix des aliments composés.

Les chiffres dévoilés par Sadiki font état d’une baisse de 5% du cheptel bovin laitier, qui est passé à 1,67 million de têtes à fin 2022, contre 1,7 million en 2021.

Avant la mise en place du contrat-programme lait, le cheptel bovin laitier était de 1,49 million de femelles reproductrices (en 2003). Depuis 2008, ce nombre a connu un accroissement important, passant de 1,61 million de têtes pour se stabiliser autour de 1,8 million de têtes depuis 2015.

Le nombre de têtes est reparti à la baisse depuis début 2021. Il a chuté à 1,72 million de têtes, puis à 1,67 million en 2022. Ce cheptel est détenu par 260.000 éleveurs, dont 90% disposent de moins de dix vaches.

Le cheptel bovin laitier a donc évolué de 22% entre 2003 et 2020, avant d'accuser une baisse de 10% entre 2020 et 2022. En deux années, pas moins de 150.000 têtes ont été perdues.

Le Royaume connaît un retour au niveau antérieur à l’établissement du contrat-programme de la filière laitière, perdant ainsi une douzaine d'années de travail acharné.

Crise du lait : baisse de la production de 11% et du cheptel bovin laitier de 5% en 2022 (ministère)

96% de la demande en lait et produits laitiers satisfaite en 2022

La baisse du cheptel a entraîné une baisse de 11% de la production de lait. Celle-ci s'élève à 2 milliards de litres en 2022, contre 2,25 milliards de litres en 2021 et 2,5 milliards de litres en 2020.

Plus en détail, la production de lait se situait aux alentours de 1,5 milliard de litres en 2003. Ce chiffre, qui a continué à grimper pour se stabiliser à près de 2,55 milliards de litres par an entre 2017 et 2019 - après la mise en place du contrat-programme de la filière lait- connaît une baisse depuis 2020. Durant cette année, la production s’est élevée à 2,5 milliards de litres, avant de baisser à 2,25 milliards de litres en 2021 puis à 2 milliards de litres en 2022.

La production de lait a donc progressé de 66% entre 2003 et 2019, mais a enregistré une baisse de 20% entre 2020 et 2022.

Selon le rapport, malgré sa baisse, la production en 2022 a contribué à la garantie de la sécurité alimentaire du pays, puisque près de 96% de la demande des citoyens en lait et produits laitiers a été satisfaite. Il a également précisé que la consommation s’élevait à 75 litres par personne par an.

Rappelons par ailleurs que 90% de la production de lait est concentrée au niveau de cinq régions, à savoir Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa et Béni Mellal-Khénifra.

Pour ce qui est des aliments composés, la production s’élève à un million de tonnes par an, au niveau de 43 unités de production.

Crise du lait : baisse de la production de 11% et du cheptel bovin laitier de 5% en 2022 (ministère)

Baisse de 30% de la collecte de lait

Après avoir présenté la situation actuelle de la filière laitière, Mohammed Sadiki a expliqué ce qui l'a engendrée. Il a tout d’abord évoqué la sécheresse, qui a grandement impacté le secteur agricole avec ses différentes composantes, mais aussi le faible taux d'insémination artificielle durant la pandémie du Covid, ayant entraîné une baisse du nombre de vaches productrices de lait.

La filière a également été affectée par d'autres facteurs :

- la chute de la demande suite à la baisse du pouvoir d’achat, qui a poussé les industriels à baisser la quantité de lait collectée auprès des éleveurs ;

- la hausse de 40% des prix des aliments composés, qui a entraîné la hausse du coût de production, alors que le prix de vente du litre de lait aux industriels est resté quasi stable ;

- les aliments composés représentant 70% du coût de production de lait, de nombreux éleveurs ont sacrifié leurs vaches laitières pour l’abattage, car l’activité n’était plus rentable ;

- la baisse de 20% de la production de lait, suite à la baisse de la productivité des vaches et de leur nombre ;

- la stabilité du prix de vente du litre de lait aux industriels a poussé les éleveurs à se tourner vers l’informel, ce qui a entraîné une baisse de 30% de la collecte de lait ;

- la cherté du lait en poudre à l’international (passant de 25 DH/kg à 50 DH/kg) a poussé les industriels à utiliser une partie du lait frais collecté dans la production des produits dérivés du lait.

Une 4e tranche de subvention d'aliments composés prévue en février

Pour faire face à l’hémorragie dans cette filière, de nombreuses mesures ont été mises en place par le ministère de l’Agriculture, à leur tête la subvention et la distribution d’aliments composés. Deux premières tranches ont eu lieu entre mars et septembre 2022. Elles ont connu la distribution de 1,6 million de quintaux. Une troisième tranche a eu lieu entre novembre 2022 et février 2023, avec la distribution de 476.000 quintaux, et une quatrième démarre au cours de ce mois. Le ministère prévoit de distribuer 476.000 quintaux d'aliments.

La deuxième mesure mise en place par le ministère a trait à la subvention des génisses importées, à raison de :

- 3.000 DH par tête pour les trois premières génisses importées ;

- 5.000 DH par tête, de quatre à dix génisses importées ;

- 2.500 DH par tête à partir de la onzième génisse importée.

En 2022, un total de 5.000 génisses ont été importées.

Le ministère a également subventionné la production locale des génisses, à hauteur de 4.000 DH par tête. Il a aussi interdit l’abattage des vaches laitières de moins de 4 ans, et a subventionné l’importation du lait en poudre et du beurre, qui sont à présent utilisés dans la production des produits dérivés du lait. Selon le ministère, le quota d’importation s’élève à 20.000 tonnes de poudre de lait et à 6.000 tonnes de beurre, subventionnés à hauteur de 300 millions de DH, au profit des industriels.

Par ailleurs, le ministère a exonéré la TVA sur les tourteaux et fourrages simples destinés à l'alimentation du bétail, notamment le foin et la luzerne séchée.

Enfin, il a préparé un projet d’arrêté déterminant les spécifications techniques de production, d'importation, de détention et de commercialisation des semences animales congelées, ainsi que les conditions pratiques d'insémination artificielle selon les types d'élevage. Le texte est en cours d’examen au niveau du Secrétariat général du gouvernement.

 

LIRE AUSSI :

Baisse de la production de lait en raison de l'explosion des prix des aliments de bétail

Les éleveurs laitiers appellent à la contractualisation des relations avec les transformateurs privés

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