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Perspectives mondiales: l'ONU appelle les gouvernements à éviter l’austérité budgétaire (rapport)

Le rapport de l'ONU, publié ce mercredi 25 janvier, fait état de perspectives économiques incertaines à court terme. La confluence de multiples crises a pour conséquence une production économique mondiale parmi les plus faibles de ces dernières décennies.

Perspectives mondiales: l'ONU appelle les gouvernements à éviter l’austérité budgétaire (rapport)

Le 25 janvier 2023 à 20h03

Modifié 25 janvier 2023 à 20h09

Le rapport de l'ONU, publié ce mercredi 25 janvier, fait état de perspectives économiques incertaines à court terme. La confluence de multiples crises a pour conséquence une production économique mondiale parmi les plus faibles de ces dernières décennies.

Covid-19, la guerre en Ukraine et les crises alimentaire et énergétique qui en ont résulté, l’inflation galopante, l’aggravation de la dette ainsi que l’urgence climatique... autant de chocs graves qui ont ébranlé l’économie mondiale en 2022.

Tous ces chocs pèseront lourdement sur l’économie mondiale en 2023, dont la croissance devrait ralentir à 1,9%, d’après les prévisions énoncées dans le rapport de l'ONU, "Situation et perspectives de l’économie mondiale en 2023".

L’un des taux de croissance les plus faibles de ces dernières décennies

Pour l'ONU, le ralentissement économique actuellement observé touche aussi bien les pays développés que les pays en développement, dont beaucoup risquent de connaître une récession en 2023. Le rythme de la croissance a ralenti aux États-Unis, dans l’Union européenne et dans d’autres économies développées, ce qui a eu des répercussions négatives sur le reste de l’économie mondiale.

Pour l'Afrique, le rapport évoque une croissance économique qui devrait rester modeste, un environnement mondial volatil et incertain aggravant les difficultés intérieures. La croissance devrait ralentir, passant d’un taux estimé à 4,1% en 2022 à 3,8% en 2023.

Il explique également que "les pays les moins avancés, dont beaucoup sont très vulnérables face aux chocs extérieurs, rencontreront des difficultés importantes en 2023. (...) le risque de décennie perdue augmente en raison de capacités productives limitées, d’une marge de manœuvre budgétaire insuffisante, d’importants déséquilibres macroéconomiques et de l’aggravation de la vulnérabilité de la dette".

En ce qui concerne l'inflation, l'ONU estime que cette dernière "ayant probablement atteint son niveau le plus élevé à la fin de 2022, les banques centrales, en particulier dans les pays développés, devraient ralentir le rythme des hausses des taux d’intérêt en 2023, surtout si l’inflation se rapproche des taux cibles fixés au niveau national".

Un risque sur la réalisation des objectifs de développement durable

Dans ce contexte, l'ONU s'inquiète pour les objectifs de développement durable. Elle estime que "la morosité des perspectives économiques mondiales menace la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD), alors que le sommet de 2023 sur les ODD, en septembre, marquera la moitié du parcours de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030".

"L’heure n’est ni à la réflexion à court terme, ni à l’austérité budgétaire irréfléchie qui exacerbe les inégalités, accroît les souffrances et risque de compromettre la réalisation des objectifs de développement durable. Nous vivons une époque sans précédent, qui requiert une action sans précédent", a déclaré António Guterres, Secrétaire général de l’ONU.

"Cette action comprend un ensemble de mesures porteuses de transformations en faveur des ODD, générées par les efforts collectifs et concertés de toutes les parties prenantes", a-t-il ajouté.

"Ce sont les plus vulnérables qui sont les plus durement frappés par les crises actuelles, alors qu’ils n’en sont souvent pas responsables. La communauté mondiale doit redoubler d’efforts conjoints pour éviter la souffrance humaine et favoriser un avenir inclusif et durable pour toutes et tous", a poursuivi Li Junhua, Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et sociales.

Dans le rapport, les gouvernements sont appelés à éviter de mettre en place une austérité budgétaire qui étoufferait la croissance et nuirait démesurément aux groupes les plus vulnérables, compromettrait les progrès en matière d’égalité des genres et entraverait les perspectives de développement intergénérationnelles.

Éviter impérativement l’austérité budgétaire

L'ONU émet des recommandations, notamment "de réaffecter les dépenses publiques et d’en redéfinir les priorités grâce à des interventions stratégiques directes qui créeront des emplois et relanceront la croissance".

Elle appelle à éviter l’austérité budgétaire, même si de nombreuses voix préconisent d’assainir les finances publiques au plus vite, face aux déficits budgétaires chroniques et aux niveaux élevés de dette publique. Une telle approche serait, selon l'ONU, dévastatrice sur le plan social et potentiellement autodestructrice. "La mise en place prématurée d’une politique d’assainissement des finances publiques, par des réductions des dépenses ou des hausses d’impôts importantes, risquerait d’entraîner l’économie dans une récession ou dans une croissance faible à long terme. La soutenabilité de la dette des pays en développement s’en trouverait compromise", alerte l'ONU dans son rapport.

Elle recommande de s'orienter vers "des dépenses budgétaires bien ciblées qui sont particulièrement efficaces pour soutenir la croissance et le développement en période de marasme économique, grâce aux importants effets multiplicateurs des dépenses publiques".

"Il conviendra pour cela de renforcer les systèmes de protection sociale en continuant à les épauler au moyen de subventions ciblées et temporaires, de transferts en espèces et de réductions sur les factures des services publics, qu’il serait possible de compléter par des réductions des taxes à la consommation ou des droits de douane", préconise l'ONU.

"Les investissements publics stratégiques dans l’éducation, la santé, les infrastructures numériques, les nouvelles technologies et l’atténuation des changements climatiques, ainsi que l’adaptation à ces derniers, peuvent offrir d’importants rendements sociaux, accélérer la croissance de la productivité et renforcer la résilience aux chocs économiques, sociaux et environnementaux", poursuit-elle.

"Les besoins supplémentaires de financement des ODD dans les pays en développement varient selon les sources, mais sont estimés à quelques milliers de milliards de dollars par an. Il est nécessaire et urgent de renforcer les engagements internationaux pour élargir l’accès à l’aide financière d’urgence, pour restructurer et réduire le fardeau de la dette dans les pays en développement et pour accroître le financement des objectifs de développement durable", conclut l'Organisation des Nations unies.

Ci-dessous la synthèse du rapport :

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