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Produits de terroir : “Seulement 30% de nos exportations se font sous une marque marocaine” (Mehdi Alami)

Mehdi Alami, directeur promotion et développement de Morocco Foodex, l’établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations, revient sur la participation du Maroc à la Semaine verte de Berlin et sur les enjeux liés à la protection et à la valorisation des produits de terroir marocains.

Mehdi Alami, directeur promotion et développement de Morocco Foodex.

Produits de terroir : “Seulement 30% de nos exportations se font sous une marque marocaine” (Mehdi Alami)

Le 23 janvier 2023 à 10h23

Modifié 23 janvier 2023 à 15h57

Mehdi Alami, directeur promotion et développement de Morocco Foodex, l’établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations, revient sur la participation du Maroc à la Semaine verte de Berlin et sur les enjeux liés à la protection et à la valorisation des produits de terroir marocains.

La participation du Maroc à la Semaine verte de Berlin est l’occasion de mettre en avant la richesse et la qualité des produits agroalimentaires du Royaume, en particulier les produits de terroir. Preuve de l'importance de cette manifestation mondiale, le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, a fait le déplacement.

Et pour mettre en valeur les produits de terroir, un pavillon du Maroc a été érigé sur une superficie de 623 m². Une vingtaine de coopératives et de groupements d’intérêt économique, représentant les régions du Maroc, y exposent un large éventail de produits parmi lesquels, l’huile d’olive, l’huile d’argan, le safran, les épices, les dattes, le couscous, les produits dérivés de la figue de barbarie et de la rose, etc.

Le salon, qui regroupe plus de 1.880 exposants venus d’une soixantaine de pays et attend plus de 400.000 visiteurs, est stratégique pour le Royaume, comme l’explique Mehdi Alami, directeur promotion et développement de Morocco Foodex.

Médias24 : Le pavillon marocain expose les produits de plus de vingt coopératives représentant les diverses régions du Royaume. Pourquoi le choix des produits de terroir ?

Mehdi Alami : Nous sommes présents à la Semaine verte de Berlin, qui est un salon assez particulier. C’est une foire dédiée aux consommateurs finaux, où l'on propose des produits à la vente ou des dégustations dans les différents stands. Aujourd’hui, et à travers toutes nos participations, nous avons fait le choix de mettre en avant les coopératives marocaines, qui représentent l’ensemble des régions du Royaume, afin de montrer la qualité et la diversité de nos produits.

Faire appel à des coopératives, c’est aussi leur donner l’opportunité de développer leurs exportations et leur montrer qu’il est possible d’être présent sur les marchés internationaux tant que la qualité est présente. Le marché allemand est assez particulier, parce que ses consommateurs sont très exigeants en termes de qualité et d’impact environnemental. Nos exportateurs ont pris ce challenge à bras-le-corps et sont toujours présents, en gardant à l’esprit ces critères.

- Comment ces coopératives ont-elles été sélectionnées ?

- Nous travaillons toute l’année avec les coopératives et les groupements d’intérêt économique. Nous travaillons aussi avec l’Agence de développement agricole, l’ADA, pour la sélection de ces coopératives. Nous identifions ainsi les coopératives capables d’exporter au regard des exigences fixées. Nous donnons aussi la possibilité à d’autres de venir chaque année. C’est un turnover.

- Le marché allemand se compose de plus de 80 millions de consommateurs. Ces coopératives peuvent-elles fournir les volumes nécessaires ?

- La plupart d’entre elles exportent déjà en Europe, aux Etats-Unis ou au Moyen-Orient. Notre intérêt est de pouvoir les faire évoluer du statut de coopérative ou GIE vers un statut de PME, et de les accompagner sur des marchés internationaux. Il s’agit aussi de les faire évoluer en termes de marketing et de packaging.

- Et par rapport aux volumes ?

- Les opérateurs sont pour la plupart capables de répondre à la demande, soit en direct soit en groupement.

- Comment protégez-vous le label Maroc sachant que les produits sont en grande partie exportés en vrac ?

- C’est le cœur de notre mission de garantir l’origine Maroc. Elle se fait à travers un contrôle que nous effectuons en amont, en garantissant la qualité et les normes vis-à-vis des pays extérieurs. Nous essayons aussi de garantir le fait que le produit conservera son origine "Maroc" et qu’il ne sera pas repackagé à l’international. Le but pour nous est de rendre le volume transformé en vrac en volume conditionné avec des marques marocaines. C’est un défi important.

- Quelle est la part des marques marocaines ?

- Tous produits confondus, nous sommes sur des proportions de 70/30 de produits exportés en vrac ou en marque distributeur versus des produits exportés sous une marque marocaine. Sur le marché américain par exemple, la plupart des gens consomment des produits marocains sans le savoir.

Il faut par ailleurs profiter de l’élan de notoriété du Maroc, notamment après la Coupe du monde, pour capitaliser là-dessus. Sur le marché de l’huile d’olive, les proportions sont encore plus importantes, avec 75/25, mais grâce au travail des opérateurs marocains, cette tendance est en train de s’inverser, avec un benchmarking et un ciblage international important. L'objectif étant d’aller sur des marchés rémunérateurs à fort potentiel et de mettre en avant l’origine Maroc à travers le conditionnement et le packaging.

- Que faites-vous pour promouvoir le produit marocain ?

- Il y a un intérêt à l’international pour des produits marocains, comme l’argan ou le safran. C'est une bonne opportunité pour les commercialiser. A nous désormais de mieux les faire connaître. Nous participons à plus d’une trentaine de salons à l’international, sur quatre continents, pour mettre en avant l’origine marocaine.

- Sur le volet juridique, une circulaire interdit l’exportation en vrac de l’argan marocain. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

- Le ministère de l’Agriculture interdit en effet, depuis juin 2022, l’exportation de l’argan pour un volume de 5 litres en vrac, afin d’éviter que les produits soient valorisés à l’étranger et pour créer plus de valeur ajoutée localement.

- Vous avez parlé du challenge de la transformation locale. Quelles actions pour y parvenir ?

- Il faut trouver des donneurs d’ordre et des clients intéressés par ces produits. On réalise beaucoup de missions B to B avec les opérateurs marocains pour leur présenter des opportunités. Nous cherchons aussi à diversifier les marchés pour éviter les effets de cannibalisation et de perte de valeur. Le potentiel est important, en particulier sur les marchés nord-américains et du Moyen-Orient. Nous pourrions multiplier par 1,5, voire 2, nos exportations.

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