img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

La ville de Fès privée de son budget d’équipement après le refus de visa du ministère de l’Intérieur

Après un premier refus de visa, la 2e version du budget de la ville de Fès n’a pas suffi à rectifier le tir. Le Conseil communal a échoué à présenter un budget conforme à la réglementation en vigueur, privant ainsi la commune de son budget d’équipement pour l’année 2023.

La ville de Fès privée de son budget d’équipement après le refus de visa du ministère de l’Intérieur
Vue panoramique de la médina de Fès.
Par
Le 7 janvier 2023 à 15h28 | Modifié 7 janvier 2023 à 15h28

Le budget de la ville de Fès n’a pas été visé par le ministère de l’Intérieur après la deuxième lecture, suite à quoi la commune de Fès a reçu, mercredi 4 janvier, un budget établi par le wali sous forme d’arrêté.

L’information nous a été confirmée par Abdeslam Bekkali, le maire de la ville. D’après lui, il s’agit d’un problème qui concerne l’inscription au budget, des dettes, de "jugements de particuliers contre la commune qui remontent à vingt ans et dépassent les 180 millions de dirhams". Nous n’aurons pas plus de détails.

Contacté par Médias24, le président du groupe du PJD au sein du Conseil communal de Fès, Mohamed Khyi, explique que ce budget, établi par le wali, ne concerne que le volet relatif au fonctionnement. La ville de Fès n’aura tout simplement pas de budget d’équipement pour l’année 2023.

Autrement dit, la commune ne pourra pas engager, durant toute l’année 2023, des dépenses d’investissement qui concernent des équipements communaux tels que la voirie, les espaces verts, l’éclairage public, etc., précise Mohamed Khyi. "Cela signifie que les investissements prévus avec un financement exclusif de la commune vont devoir s’arrêter. De plus, aucun marché public ne pourra être passé dans le domaine de l’équipement", poursuit-il.

"Méconnaissance et incompétence"

Selon Mohamed Khyi, juriste de formation, la loi stipule que c’est au wali, dans ce cas, d’établir un budget de fonctionnement sur la base de l’année budgétaire 2022.

En consultant la loi organique 113-14 relative aux communes, nous constatons que les articles 191 et 195 prévoient justement, dans ce cas, que l’autorité gouvernementale chargée de l’Intérieur établisse un budget de fonctionnement pour la commune sur la base du dernier budget visé, en tenant compte de l’évolution des charges et des ressources de la commune.

Cette situation témoigne "de la méconnaissance et de l’incompétence de ce conseil dans la gestion d’une commune territoriale", estime le conseiller communal, ancien président de l’arrondissement Jnane El Ward durant le mandat 2015-2021. "C’est un scandale qui impose que le maire dépose sa démission", lâche-t-il.

Des dépenses obligatoires irrégulières

Selon Mohamed Khyi, le budget a été rejeté la première fois par le ministère de l’Intérieur pour deux raisons : la sincérité des prévisions des recettes et des dépenses d'une part; et d'autre part la non-inscription au budget des quelques dépenses obligatoires.

La sincérité des prévisions concerne la surestimation de quelques revenus. Les dépenses obligatoires, elles, concernent la non-inscription des dépenses relatives à l’exécution des arrêts et jugements prononcés en justice contre la commune, ainsi que les redevances liées à la consommation d’eau et d’électricité.

Et l’élu du PDJ d’ajouter : "Ces dépenses obligatoires doivent être inscrites au budget par la force de la loi. Même la version révisée comportait des irrégularités sur ces deux points, paraît-il."

La première version du budget a été votée par le Conseil communal lors de la session d’octobre, tel que le prévoit la loi. A cette occasion, l’opposition, a souligné quelques irrégularités, notamment celles retenues par le ministère de l’Intérieur, ainsi que le manque d’équilibre entre certaines rubriques du budget et la définition des dotations pour les arrondissements, qui n’a pas respecté les normes de répartition prévues dans la loi.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 7 janvier 2023 à 15h28

à lire aussi

Taekwondo : le Maroc sacré champion du monde féminin par équipes
Quoi de neuf

Article : Taekwondo : le Maroc sacré champion du monde féminin par équipes

Meriame Khoulal, Fatima-Zahra Ennams, Nada Laaraj et Amina Dehhaoui ont décroché l’or à Chuncheon, en République de Corée, après avoir éliminé le Kazakhstan et la Thaïlande, puis battu la Russie en finale.

CMT suspendue en Bourse après le dépôt d’une offre publique
Actus

Article : CMT suspendue en Bourse après le dépôt d’une offre publique

La décision, prise à compter du 17 juillet 2026 à la demande de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, vise à préserver l’égalité d’accès à l’information entre les investisseurs.

CSPJ : les associations de magistrats se mettent en retrait
Quoi de neuf

Article : CSPJ : les associations de magistrats se mettent en retrait

À l’approche du scrutin du 17 octobre 2026 pour renouveler les représentants du troisième mandat (2027-2031), une charte impose la neutralité : aucun candidat présenté ou soutenu, aucun accompagnement dans les tribunaux et un signalement régulier des éventuelles irrégularités.

Japon : le mégaprojet ferroviaire à 500 km/h s’enlise
Quoi de neuf

Article : Japon : le mégaprojet ferroviaire à 500 km/h s’enlise

Promise pour 2027, l’ouverture du premier tronçon Tokyo-Nagoya n’a plus de date officielle et sa facture est passée de 7.000 à 11.000 milliards de yens. L’arrivée jusqu’à Osaka, qui devait ramener le trajet à 67 minutes, devient elle aussi incertaine.

Rahhou veut miser sur l'IA pour renforcer la transparence des marchés
ECONOMIE

Article : Rahhou veut miser sur l'IA pour renforcer la transparence des marchés

Monographies sectorielles actualisées chaque année et nouvelles règles sur les échanges d'informations. Le Conseil de la concurrence entend mettre les mêmes données à la disposition des opérateurs en place et des nouveaux entrants.

Maroc-Banque mondiale : 15 milliards, mais pour quels emplois ?
ECONOMIE

Article : Maroc-Banque mondiale : 15 milliards, mais pour quels emplois ?

Prévu jusqu’en 2035, le nouveau partenariat entre le Royaume et l'institution de Bretton Woods doit orienter les interventions de la BIRD, d’IFC et de la MIGA vers la compétitivité des entreprises, les territoires et le capital humain. Mais les financements restent indicatifs et leur impact difficile à isoler.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité