Bayraktar Kizilelma, le drone capable de combattre un avion de chasse
Furtif et doté d’un turboréacteur, le prototype du nouveau drone de combat Bayraktar Kizilelma, de la firme turque Bayraktar, a réalisé son premier vol de contrôle avec succès. Cet aéronef peut constituer une valeur ajoutée considérable pour toute armée.
Une vidéo qui circule sur Twitter, ce mercredi 14 décembre, montre que le dernier opus du constructeur turc Bayrak, le drone militaire Bayraktar Kizilelma, a effectué son premier vol contrôlé sans aucune difficulté.
Turquie : Le drone turc furtif sonique/supersonique Kizilelma de Baykar a effectué son premier vol avec succès. C'est une grande réussite technologique. https://t.co/KWW4qu2g7a pic.twitter.com/RaG10oG0GF
— Restitutor Orientis II 🇯🇵 (@restitutorII) December 14, 2022
Cet aéronef représente une petite révolution dans les capacités militaires des drones. Le Bayraktar Kizilelma "est le premier drone à voir le jour pour les missions Air-Air. Il peut également servir comme essaims de drones en vue de saturer la défense aérienne ennemie", explique Abdelhamid Harifi, expert militaire joint par notre rédaction.
"Jusqu’à présent, les drones en service qui ont prouvé leur efficacité sur le terrain sont des drones de surveillance, de renseignement, d’attaque au sol, voire de guerre électronique. Mais jamais nous n’avions vu sur le terrain un drone pour faire face à des aéronefs", précise l’expert militaire.
Autrement dit, ce drone serait en capacité d’affronter un avion de chasse. D’après le site Futura Sciences, le Bayraktar Kizilelma sera furtif et doté d’un turboréacteur qui lui permettra d’atteindre une vitesse de croisière d’environ 980 km/h à plus de 12.000 mètres d’altitude, avec une pointe à Mach 1, soit 1.234,8 km/h.
Sur le plan architectural, ce drone est composé de deux empennages verticaux et de deux plans canard à l’avant. Son autonomie sera limitée à 5 heures, mais il aura la capacité d’embarquer jusqu’à 1,5 tonne de munitions et de charge utile, dont des missiles air-air, air-sol et des missiles de croisière. Sa masse maximale sera de 3,5 tonnes.
L’un des aspects les plus avantageux de ce drone est son aptitude à "décoller et atterrir de manière autonome", nous apprend Abdelhamid Harifi. "Il peut même revenir à son point de départ de manière autonome en cas de perte de communication avec la station de commande et de contrôle."
D’un prix avoisinant les 30 millions d’euros, le Bayraktar Kizilelma "est 25% moins cher que les avions de chasse américain F-16. Sa mise en service est prévue pour début 2024, mais sa date de mise sur le marché n’a pas encore été annoncée", poursuit l’expert militaire.
Une telle arme pourrait-elle apporter une valeur ajoutée à la puissance de feu des Forces armées royales ? "Notons que le Bayraktar Kizilelma est fabriqué par la même société qui est à l’origine des drones TB2 en service au Maroc", indique Abdelhamid Harifi.
“Si jamais la Turquie proposait ce produit à l’export, il se pourrait que le Maroc soit intéressé, afin de donner une autre dimension à la filière drones des Forces armées royales", conclut notre interlocuteur.
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