Mondial 2022. Autopsie des forces et faiblesses de la France
Champions du monde en titre, les Bleus sont dangereux sur les centres mais se révèlent moins hermétiques que par le passé.
Le Maroc et la France ont déjoué les pronostics et s’affrontent, ce mercredi 14 décembre à 20 h, au stade d’Al Bayt à Al Khor. A l’image de l’équipe nationale, les Bleus - pour des raisons différentes - n'étaient pas assurés d'atteindre les demi-finales de la Coupe du monde 2022.
Si les Lions de l’Atlas sont novices à ce stade de la compétition, ce qui explique leur statut d’outsiders, les Français ont également lancé leur mondial avec de lourds handicaps. En cause, les multiples forfaits avant (Kanté, Pogba) ou pendant la compétition (Benzema, Nkunku, Luca Hernandez).
Pourtant, il y a un dénominateur commun entre le sacre de 2018 en Russie et le parcours de la bande à Deschamps au Qatar : cette capacité à s’appuyer sur des individualités pour faire briller le collectif. La France n’a pas ébloui ses supporters par un jeu de toute beauté, mais elle a su alimenter ses cracks et les mettre dans les meilleures dispositions.
Les ailes sont l'épicentre des situations dangereuses créées par les Français. Viser cette zone répond à la volonté de mettre en valeur d’abord Kylian Mbappé, qui dispute un match dans le match face à son coéquipier en club, Achraf Hakimi. Puis Ousmane Dembélé. La finalité est de porter rapidement le danger dans la surface de réparation. Cela dit, les Bleus ont parfois tendance à s’oublier défensivement, avec un flanc gauche fébrile.
Des centres à foison
Ce n’est pas ce que la France a démontré la majorité du temps en possession (57%) du ballon qui va susciter l’admiration. Pourtant, les Bleus possèdent la meilleure attaque parmi les équipes toujours en lice, trouvant 11 fois le chemin des filets, quasiment autant que son score xG (10,35).
Cela dénote une certaine capacité à ne pas laisser passer les occasions qui se présentent à eux. Ces buts ont principalement été marqués à partir de la surface de réparation (10) où la France touche 22 ballons par rencontre.
Sans surprise, quatre réalisations ont été inscrites de la tête en conclusion de centres en provenance aussi bien du côté droit que du côté gauche. Cela dit, le latéral gauche Lucas Hernandez, plus offensif que son pendant droit, Jules Koundé (central de métier), fait preuve d’une belle qualité de centre (67% de centres réussis, record de la compétition).
Mais pour atteindre ces zones excentrées, la France procède par ordre de priorité. En premier, des passes courtes pour trouver A. Rabiot ou A. Griezmann à l’intérieur du jeu, entre les lignes, avant que ces derniers n'orientent le ballon vers les ailes.
Si les lignes de passes axiales sont obstruées, les Français usent de ballons longs avec l’appui dans les airs d'Olivier Giroud. Les renversements de jeu sont la troisième variante offensive des Bleus pour trouver Dembélé et surtout Mbappé. Car c’est lui qui définit la menace.
Antoine Griezmann constitue également une menace importante. Meilleur passeur décisif (3), son altruisme (34 centres) et son jeu efficace tourné vers l’avant, sans fioriture ni déchet, dessinent une véritable volonté de créer le déséquilibre. Son repositionnement comme milieu relayeur droit ne semble pas affecter son rendement, et encore moins sa lecture du jeu et sa qualité technique.
Mbappé-Hakimi, le match dans le match
Au PSG, ce sont plus que des coéquipiers. Ce sont des amis. Mais ce mercredi 14 décembre à 20 h, Achraf Hakimi et Kylian Mbappé vont s’affronter, balle au pied. Comment essayer de surprendre un adversaire qui vous connaît par cœur et comment le contenir ?
Ce sera sans aucun doute, le thème de la soirée, au même titre que la vitesse et l'explosivité. Mbappé a été flashé à 35 km/h par la FIFA et Hakimi à 34 km/h. Par le passé, les deux joueurs se sont affrontés à plusieurs reprises en Ligue des champions, notamment quand Hakimi jouait en Allemagne (Borussia Dortmund).
A chaque fois, le Marocain a pris le dessus sur le Bondynois, même s’il n'opéraient pas toujours dans la même zone. Le latéral droit aura cette fois Kylian Mbappé comme adversaire direct. Il lui faudra répondre aux accélérations de l’un des meilleurs joueurs du monde, mais aussi à ses dribbles.
Mbappé tente 12 dribbles par match, un record dans ce mondial, mais la réussite le fuit (55%) souvent, car il est moins à l’aise quand il tente son crochet vers l'intérieur du jeu en dehors de la surface de réparation. Dans les seize mètres cinquante, il est tout simplement injouable.
Outre sa capacité à devenir inarrêtable quand il a un peu d’espace devant lui, par ses décrochages et sa mobilité, le joueur le plus décisif lors de la compétition (5 buts et 2 passes décisives) est également difficile à marquer, ce qui lui offre la possibilité d'être juste dans le camp adverse (92% de passes réussies), où les appels de Giroud sont tranchants.
L'avant-centre tricolore est dans une grande forme depuis le début de la compétition. Il a battu le record de buts de Thierry Henry en équipe nationale (53 buts) par sa présence dans la surface de réparation et son redoutable jeu de tête (2 buts).
Son physique de déménageur lui permet de résister à la charge des défenseurs, et sa qualité technique offre un point d’appui précieux à ses coéquipiers. Il peut à la fois demander le ballon dans les pieds mais également en profondeur, bien que la vitesse ne soit pas son atout premier.
Un côté gauche à découvert
Disposée en 4-4-2 en losange en phase défensive, la bande à Deschamps ne pratique pas le pressing tout terrain. Le peu d’intensité mis à la perte du ballon se traduit par une relative facilité de l’adversaire à le conserver. La France permet jusqu’à 17 passes adverses par action défensive dans le camp adverse (PPDA).
Le Maroc aura donc la possibilité de construire ses attaques sans précipitation face à une structure d'équipe qui décharge Mbappé des tâches défensives, mais qui met à nu son côté gauche. Sur les 5 buts encaissés par la France, qui la situent au milieu de tableau des équipes les moins performantes dans ce secteur de jeu (17/32), les défaillances du flanc défensif gauche en étaient souvent à l’origine.
Dayot Upamecano et Theo Hernandez se retrouvent souvent à deux contre trois, et ont beaucoup de mal dans leur placement défensif quand ils doivent chasser un adversaire ou gérer la profondeur. Autrement dit, le Maroc doit concentrer ses attaques sur ce flanc car, tôt ou tard dans la rencontre, les deux défenseurs français seront dans l’erreur, comme sur les centres en retrait où la couverture des milieux de terrain n'est pas idéale.
En plus des difficultés affichées par les Français sur les coups de pied arrêtés, le dernier élément qu’il faudra prendre en considération pour déstabiliser le bloc défensif des Bleus est leur repli parfois défaillant, dont ont profité à plusieurs reprises les Anglais.
Enfin, leur indiscipline leur a joué des mauvais tours. Face à l’Angleterre, les Bleus ont commis 14 fautes, dont deux penalties concédés et un troisième oublié par l’arbitre, auxquels s’ajoute celui marqué par la Pologne en huitième de finale.
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