IAM : une légère amélioration des revenus et de la profitabilité attendue en 2023

| Le 29/11/2022 à 15:04
Le cours de bourse de Maroc Telecom chute de plus de 25% en YTD. Le contexte global du marché et les différentes amendes de l’ANRT font craindre une baisse du rendement. Les fondamentaux sont pourtant bons. Une légère amélioration des revenus et des bénéfices est attendue l’an prochain, portée par les filiales internationales.

Depuis le début de l’année, le cours de Maroc Telecom a dévissé de plus de 25% à 103 dirhams, en milieu de séance du 29 novembre. Il a connu, à partir de fin septembre, une baisse prononcée.

Elle correspond tout d'abord à une tendance baissière du marché boursier dans son ensemble, en réaction à la hausse de 50 points de base du taux directeur de Bank Al-Maghrib. Vient s’y greffer l’amende de près de 2,5 MMDH infligée par l’ANRT, dont les détails ont été annoncés par Médias24 fin septembre.

La crainte que le titre ne soit plus une valeur de rendement

Ces nouvelles ont provoqué la crainte des investisseurs qui a conduit le cours à la baisse, passant même sous la barre symbolique des 100 dirhams à la mi-novembre.

Pour un professionnel de la place, « la valeur est perçue par la grande majorité des investisseurs de la place comme une valeur de rendement. Or, le fait que depuis quelques années le rendement ne soit plus au rendez-vous, entre les différentes amendes de 3,3 MMDH (en 2020, ndlr) et plus récemment de près de 2,5 MMDH, cela crispe les investisseurs. Il y a encore un procès en cours au tribunal de Rabat, donc peut-être d’autres déboires judiciaires à suivre… C'est probablement ce qui fait que certains investisseurs ne la voient plus comme une valeur de rendement ».

Les investisseurs préfèrent ainsi se désengager et opter pour des valeurs assurant plus de retours, du fait de l'anticipation d’un payout et d’un yield détérioré chez Maroc Telecom. « De fait, le cours a baissé pour réajuster le niveau de dividendes et prendre en compte un risque un peu plus élevé », indique notre interlocuteur.

Mais fondamentalement, une telle baisse n’est pas justifiée en soi. Au premier semestre 2022, le groupe affichait une stagnation du chiffre d’affaires et une amélioration de 5,3% du RNPG (retraité de l’amende ANRT, ndlr). Une dynamique de stabilité des revenus et du RNPG ajusté qui devrait se poursuivre sur l’ensemble de l’année.

Une légère hausse des revenus et de la profitabilité attendue en 2023

Les fondamentaux sont globalement bons. Le groupe peut compter notamment sur le dynamisme de ses filiales subsahariennes pour tirer les revenus à la hausse. « En 2023, nous tablons sur une hausse de 1% des revenus, principalement tirés par la croissance des filiales en Afrique », confie notre source.

Cette dynamique viendra combler un léger retrait des activités sur le territoire national l'an prochain. Cela a déjà été observé durant le premier semestre 2022, où le chiffre d’affaires a reculé de 0,5% au Maroc.

Ce recul au Maroc persistera du fait de l’environnement concurrentiel et réglementaire de plus en plus contraignant. Notamment avec des compétiteurs présents et dynamiques et une baisse des tarifs de terminaisons d’appels mis en place par l’ANRT dès la fin de l’année 2020.

Concernant la dynamique internationale, notre source ajoute que « l’activité des filiales sera portée en 2023, encore une fois, par la Data Mobile et le Mobile Money qui connaissent un fort engouement en Afrique subsaharienne ».

Concernant la profitabilité, elle devrait fortement se réduire cette année du fait de l’amende, mais retraitée de cette somme, elle augmente. « Nous devrions atteindre 6,2 MMDH cette année, en retraitant le RNPG de l’amende. L’an prochain, nous tablons sur une très légère hausse avec un RNPG de 6,3 MMDH », conclut notre source.

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